Crash/Sinaï : des renseignements US et britanniques plaident pour une bombe
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Crash/Sinaï : des renseignements US et britanniques plaident pour une bombe

Barack Obama et David Cameron ont ouvertement évoqué jeudi la piste d'une bombe à bord de l'avion russe

Le Premier ministre britannique David Cameron (g) et le président des Etats-Unis Barack Obama parlent au Sommet du G8 à Lough Erne, Irlande du Nord le 17 juin 2013 (Crédit : domaine public)
Le Premier ministre britannique David Cameron (g) et le président des Etats-Unis Barack Obama parlent au Sommet du G8 à Lough Erne, Irlande du Nord le 17 juin 2013 (Crédit : domaine public)

Des renseignements interceptés par des agents américains et britanniques suggèrent qu’une bombe a pu être installée à bord de l’avion russe qui s’est écrasé samedi dans le Sinaï égyptien, selon le journal britannique The Times de vendredi.

Cette information a été obtenue lors d’une opération conjointe des renseignements américains et britanniques, qui « utilisaient des satellites pour détecter des communications électroniques » entre des membres du groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie et en Egypte, explique le quotidien britannique, qui ne cite pas de source.

« Le ton et le contenu des messages ont convaincu les analystes qu’une bombe a été placée à bord par un passager ou un membre du personnel au sol de l’aéroport », écrit le journal.

Une porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron a refusé de commenter les informations du Times : « nous n’allons pas entrer dans les détails sur les questions de renseignement », a-t-elle déclaré.

Les dirigeants américain Barack Obama et britannique David Cameron ont ouvertement évoqué jeudi la piste d’une bombe à bord de l’avion russe qui s’est écrasé samedi en Egypte, dans le désert du Sinaï, faisant 224 morts. Moscou et Le Caire parlent eux de spéculations.

Le Telegraph indique lui aussi que des « renseignements essentiels » ont été découverts après examen par les services de renseignement britanniques et américains des « communications de fanatiques connus dans la région ».

« Leur pêche aux informations révèle des ‘bavardages’ dans les jours avant le crash qui s’orientent vers une attaque imminente », indique le Telegraph, lui aussi sans donner de source.

L’EI, qui avait revendiqué le jour de la catastrophe en être responsable, a réaffirmé mercredi être à l’origine du drame.

La Russie suspend ses vols vers l’Egypte, les Britanniques rapatriés

La Russie a ordonné vendredi la suspension de ses vols vers l’Egypte et la Grande-Bretagne a commencé à évacuer ses ressortissants de Charm el-Cheikh.

Illustrant la nervosité des compagnies aériennes, la néerlandaise KLM a interdit « par précaution » les bagages en soute sur son vol Le Caire-Amsterdam.

Même si la Russie reste prudente face à la thèse de l’attentat, le président Vladimir Poutine, sur recommandation du chef des services secrets russes Alexandre Bortnikov, a ordonné la suspension des vols civils russes vers l’Egypte. Il a aussi chargé le gouvernement d’ « assurer le rapatriement des citoyens russes », selon le Kremlin.

« Il est nécessaire de suspendre les vols russes jusqu’à ce que nous puissions établir les vraies raisons de ce qui s’est passé », a expliqué M. Bortnikov lors d’une réunion du Comité national antiterroriste. Il s’agit « en premier lieu » des vols liés au « tourisme ».

Cohue à l’aéroport

L’hypothèse d’une bombe à bord avait été qualifiée de « spéculation » par Moscou qui demandait, comme le Caire, d’attendre les résultats de l’enquête.

Mais la Grande-Bretagne a pris les devants en commençant à évacuer ses ressortissants qui passaient leurs vacances à Charm el-Cheikh.

Après une longue attente sur la piste, un premier avion d’EasyJet a décollé à 13H20 (11H20) de la cité balnéaire à destination de Londres-Gatwick avec 165 passagers à bord, suivi par un second vol de la même compagnie britannique à destination de Londres-Luton avec 165 passagers, selon un responsable à l’aéroport.

Une foule de touristes britanniques a afflué dès le matin à l’aéroport de Charm el-Cheikh cherchant un vol. Selon Londres, seuls les bagages à main sont autorisés sur les vols affrétés pour les rapatrier.

Présent dans le hall des départs, l’ambassadeur de Grande-Bretagne John Casson a été interpellé par des touristes fatigués et frustrés, criant dans la cohue : « Quand allons-nous rentrer chez nous ? » « Pourquoi personne ne nous parle ? ».

« C’est certain, le Premier ministre David Cameron a pris la bonne décision, je suis ravie que la sécurité des citoyens soit la priorité. Quand on est arrivé à Charm, la sécurité était déplorable », a expliqué Donna Conway, 49 ans, qui attend depuis mercredi de pouvoir quitter Charm el-Cheikh.

Selon l’aviation civile égyptienne, seuls huit vols devaient être autorisés à évacuer vendredi les Britanniques. Outre EasyJet, les compagnies Monarch et British Airways participent à l’opération de rapatriement des quelque 20.000 vacanciers britanniques.

Des centaines de touristes russes patientaient eux aussi dans des files d’attente au milieu de leurs bagages devant les comptoirs d’embarquement des compagnies russes.

Après la multiplication des déclarations jugeant probable la thèse de l’attentat, plusieurs compagnies étrangères dont les britanniques ont suspendu leurs vols vers et en provenance de Charm el-Cheikh alors que la France et la Belgique ont déconseillé à leurs ressortissants de s’y rendre.

Conversations électroniques

« Il existe une possibilité qu’il y ait eu une bombe à bord (de l’avion russe) et nous prenons cette piste très au sérieux », a déclaré jeudi le président américain Barack Obama, tout en soulignant qu’il n’y avait à ce stade aucune certitude.

A Londres, où le président égyptien Al-Sissi achevait vendredi une visite officielle, M. Cameron a évoqué des renseignements indiquant qu’il était « plus que probable qu’il s’agisse d’une bombe terroriste ».

Selon la presse britannique, des conversations électroniques ont été examinées par des agents de renseignements britanniques et américains qui laissent entendre qu’une bombe a pu être placée dans l’appareil.

« Les enquêteurs britanniques cherchant la cause du crash de l’avion russe croient qu’une bombe a été mise dans la soute avant le décollage », avance la BBC.

Mais les autorités égyptiennes ont mis en garde contre des conclusions prématurées, les enquêteurs n’ayant pas selon elles « encore de preuve ni de données confirmant l’hypothèse » d’une bombe.

Les deux boîtes noires, celle des paramètres de vol et celle contenant les conversations de l’équipage, ont été analysées mais rien n’a filtré des résultats. Entretemps, les recherches se poursuivent pour retrouver les derniers corps et des indices éparpillés sur une vaste zone du Sinaï.

Même si les causes du crash ne sont pas encore fermement établies, ce drame porte un nouveau coup dur au tourisme en Egypte déjà affecté par des années d’instabilité.

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