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Criminalité dans la communauté arabe : 2 hommes accusés de tirs chez un policier

Selon l'acte d'accusation, l'avocat Osama Khatib, irrité par l'intervention de Jamal Hakrush dans la guerre des gangs, a payé Mohammad Abu Samra pour l'aider à cibler son domicile

Le commandant de la police israélienne Jamal Hakrush assiste à une réunion du Comité de sécurité publique à la Knesset à Jérusalem le 8 novembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le commandant de la police israélienne Jamal Hakrush assiste à une réunion du Comité de sécurité publique à la Knesset à Jérusalem le 8 novembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Deux suspects ont été inculpés jeudi au tribunal de district de Nazareth pour avoir tiré une volée de coups de feu sur la maison de l’officier supérieur arabe de la police israélienne Jamal Hakrush dans la ville de Kafr Kanna, dans le nord d’Israël, en septembre.

Les actes d’accusation ont été déposés contre Osama Khatib, 33 ans, un résident de Kafr Kanna, et Mohammad Abu Samra, 21 ans, de la ville de Haïfa, dans le nord du pays.

Selon l’acte d’accusation, Khatib, qui est avocat, a été irrité par l’intervention de l’unité de Hakrush dans un violent conflit entre gangs à Kafr Kanna, car cela allait à l’encontre de ses intérêts. Il aurait alors contacté Abu Samra pour qu’il l’aide à tirer des coups de feu sur le domicile de Hakrush.

Khatib a acquis un fusil M-16 et deux chargeurs avec des balles, selon l’accusation. Le 10 septembre, les deux hommes se sont rendus au domicile de Hakrush dans une voiture appartenant à Abu Samra. Khatib, qui était masqué à ce moment-là, serait sorti de la voiture et aurait tiré cinq balles sur la porte du parking, causant des dégâts.

Khatib aurait versé 2 000 dollars à Abu Samra pour son aide.

Il n’y a pas eu de blessés dans la fusillade.

Le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, s’exprimant plus tôt cette semaine à l’ouverture d’une réunion des officiers supérieurs dans la ville de Modiin, a déclaré que la fusillade avait apparemment été effectuée simplement parce que Hakrush était en uniforme.

« Il s’agit d’une tentative de porter atteinte à l’ordre public et de dissuader la police israélienne », a déclaré Shabtai.

Les coups de feu tirés sur le domicile de Hakrush ont été en fait « tirés sur le domicile de chaque officier de la police », a-t-il déclaré, promettant que les forces ne seraient pas dissuadées.

Hakrush dirige une unité dont la mission est de lutter contre la criminalité croissante dans les villes et villages arabes.

Les communautés arabes ont connu une recrudescence de la violence ces dernières années, principalement due au crime organisé.

Le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, le 8 janvier 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Depuis le début de l’année 2021, 106 Arabes ont été tués dans des homicides présumés, selon l’association à but non lucratif Abraham Initiatives. Environ 90 étaient des citoyens d’Israël, et 16 autres étaient des Palestiniens, soit de Jérusalem-Est, soit avec une résidence israélienne.

L’incident le plus récent a eu lieu vendredi, lorsque Mahmoud Hasarma, 38 ans, de la ville de Bina, dans le nord du pays, a été abattu à Nahariya.

Les Arabes israéliens blâment la police, qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre les puissantes organisations criminelles et ignore largement la violence, qui comprend des querelles familiales, des guerres de territoire mafieuses et des violences contre les femmes.

Selon un rapport de la Knesset de 2020, quelque 400 000 armes illégales circulent en Israël, la grande majorité dans les communautés arabes.

En août, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que la violence et la criminalité dans les communautés arabes israéliennes étaient une « calamité nationale », alors qu’il rencontrait de hauts responsables du gouvernement et de la police pour formuler un plan national visant à résoudre ce fléau.

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