Crise à l’Unrwa : la Suisse suspend temporairement son aide
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Crise à l’Unrwa : la Suisse suspend temporairement son aide

La contribution annuelle de la Suisse pour 2019, 20,2 millions d'euros, a déjà été versée ; "pendant la durée de l’enquête, le DFAE suspend toute contribution additionnelle"

Illustration : une Palestinienne marche à côté d'un centre de santé fermé de l'UNRWA, l'agence chargée de l'aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU, au cours d'une grève des institutions de l'UNRWA à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 septembre 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)
Illustration : une Palestinienne marche à côté d'un centre de santé fermé de l'UNRWA, l'agence chargée de l'aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU, au cours d'une grève des institutions de l'UNRWA à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 24 septembre 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

La Suisse a décidé de suspendre ses contributions à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) jusqu’à ce qu’une enquête interne fasse la lumière sur des accusations de mauvaise gestion et d’abus d’autorité, a annoncé mardi le ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE).

Des enquêteurs de l’ONU se sont rendus dans les bureaux de l’Unrwa à Jérusalem et à Amman et un rapport, émanant du département éthique de l’Agence, a été envoyé au secrétaire général de l’ONU.

Dans un message à l’AFP, le DFAE a indiqué que les bailleurs de fonds de l’Unrwa, qui aide 5,4 millions de réfugiés palestiniens en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les Territoires palestiniens, ont été informés lundi de cette enquête par le commissaire général de l’Agence, le Suisse Pierre Krähenbühl.

« Le DFAE est en contact avec les autres bailleurs de fonds de l’agence et décidera des mesures à prendre en fonction du résultat de l’enquête », a poursuivi le ministère.

Il a précisé que la contribution annuelle de la Suisse pour 2019, 22,3 millions de francs suisses (20,2 millions d’euros), avait déjà été versée. Mais « pendant la durée de l’enquête, le DFAE suspend toute contribution additionnelle ».

L’AFP s’est procurée une copie du rapport qui décrit comme « crédibles et corroborés » de graves abus éthiques commis par des hauts dirigeants, dont M. Krähenbühl.

Parmi les accusations figurent celles « d’agissements à caractère sexuel inappropriés, népotisme, représailles, discriminations et autres abus d’autorité, (commis) à des fins personnelles, pour réprimer des divergences d’opinion légitimes ».

Pierre Krahenbuhl, chef de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), s’exprime lors d’une conférence de presse à Gaza ville le 23 mai 2019. (MOHAMMED ABED / AFP)

Pierre Krähenbühl aurait notamment noué une relation amoureuse avec sa conseillère principale, nommée en 2015, après un processus de recrutement « extrêmement rapide » selon le rapport. Cette conseillère aurait ainsi suivi le commissaire général en classe affaires lors de ses déplacements à l’international.

Le rapport vise également l’une des adjointes de M. Krähenbühl qui a fait recruter son mari à une fonction bien rémunérée.

Sollicitée par l’AFP, l’Unrwa a déclaré dans un communiqué être probablement « l’une des agences onusiennes les plus surveillées ».

« Au cours des 18 derniers mois, l’Unrwa a fait face à une pression financière et politique intense, mais l’ensemble de son personnel a maintenu le cap (…) alors qu’elle traversait une crise financière sans précédent en 70 ans d’existence. »

En 2018, les Etats-Unis ont en effet mis fin à leur aide financière annuelle de 300 millions de dollars (270 millions d’euros) à l’Unrwa.

Israël et les Etats-Unis s’opposent au fait que les Palestiniens puissent transmettre le statut de réfugié à leurs enfants, souhaitant réduire le nombre de personnes bénéficiant d’une aide de l’Unrwa, ce que les Palestiniens dénoncent comme une violation de leurs droits.

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