Unrwa : Mauvaise gestion et abus d’autorité au plus haut niveau – rapport
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Unrwa : Mauvaise gestion et abus d’autorité au plus haut niveau – rapport

Un rapport interne cite du "népotisme, des représailles, de la discrimination et d'autres abus d'autorité" dans l'agence des réfugiés palestiniens

Pierre Krahenbuhl, chef de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens,(UNRWA) lors d'une interview à Jérusalem le 19 janvier 2018. (Crédit : AFP/Thomas Coex)
Pierre Krahenbuhl, chef de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens,(UNRWA) lors d'une interview à Jérusalem le 19 janvier 2018. (Crédit : AFP/Thomas Coex)

Un rapport interne sur l’éthique aurait mis en évidence des mauvaises pratiques et des abus d’autorité au plus haut niveau de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens alors que l’organisation est confrontée à une crise sans précédent après que les Etats-Unis ont mis un terme aux aides financières.

Les accusations formulées dans le rapport confidentiel du Département d’éthique de l’agence sont maintenant examinées par des enquêteurs des Nations unies.

L’agence – l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) – a déclaré qu’elle coopérait totalement avec l’enquête et qu’elle ne pouvait pas commenter en détail, justement à cause de l’enquête qui est en cours.

L’AFP a obtenu une copie du rapport, qui décrit des accusations « crédibles et corroborées » d’abus étiques graves, incluant même le chef de l’UNRWA, le commissaire général Pierre Krahenbuhl.

Des employés de l’UNRWA participent à une manifestation à Gaza ville contre les réductions de personnel le 19septembre 2018. (AFP Photo/Said Khatib)

Le rapport précise que les accusations concernent des hauts responsables impliqués dans « des comportements sexuels déplacés, du népotisme, des représailles, de la discrimination et d’autres abus d’autorité, pour des gains personnels, pour faire taire des critiques légitimes, ou pour sinon parvenir à d’autres objectifs personnels ».

Un haut responsable cité dans le rapport a quitté l’organisation à cause d’un « comportement inapproprié » lié à l’enquête, a déclaré l’UNRWA, alors qu’un autre a démissionné pour ce que l’agence a qualifié de « raisons personnelles ».

L’UNRWA a déclaré en réponse aux questions de l’AFP qu’elle « est probablement parmi les agences des Nations unies les plus contrôlées étant donné la nature du conflit, et l’environnement complexe et politisé dans lequel elle évolue ».

« Au cours des 18 derniers mois, l’UNRWA a subi une immense pression financière et politique, mais l’ensemble du personnel a tenu bon pour aider 5,4 millions de réfugiés palestiniens à traverser la crise financière la plus importante depuis les presque 70 ans de son existence », a déclaré l’agence.

Le rapport a été envoyé au secrétaire des Nations unies en décembre, et des enquêteurs des Nations unies ont depuis rendu visite aux bureaux de l’UNRWA à Jérusalem et à Amman, rassemblant des informations sur les accusations, ont déclaré des sources proches du dossier.

Krahenbuhl a déclaré dans un communiqué adressé à l’AFP que « si l’enquête actuelle – une fois qu’elle sera terminée – devait parvenir à des conclusions qui nécessitent des mesures correctives et d’autres actions de gestion, nous n’hésiterons pas à prendre ces mesures ».

L’agence fournit des services d’éducation et de santé aux millions de réfugiés palestiniens pauvres et à leurs descendants au Liban, en Jordanie, en Syrie et dans les Territoires palestiniens.

Elle emploie environ 30 000 personnes, principalement des Palestiniens.

Le rapport brosse le tableau d’un petit nombre de responsables étrangers de haut rang qui accaparent le pouvoir et influencent la situation sans respecter les systèmes de contrôle des Nations unies.

Une femme palestinienne avec ses enfants après avoir reçu des vivres au camp de réfugiés de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 11 février 2018. (AFP / Said Khatib)

On a affirmé que Krahenbuhl, lui-même, entretiendrait une relation amoureuse avec une collègue qui a été nommée en 2015 à un rôle nouvellement créé de conseiller en chef auprès du commissaire-général après un processus de recrutement « extrêmement rapide », explique-t-on dans le rapport.

Cela lui a permis de l’accompagner sur des vols en classe affaire autour du monde, affirme-t-on dans le rapport.

En 2018, les Etats-Unis ont suspendu, puis coupé, tous les financements pour l’UNRWA, ce qui a entraîné une crise financière qui a menacé de voir ses écoles et ses hôpitaux fermer.

L’Administration du président américain Donald Trump, avec Israël, a accusé l’UNRWA de prolonger le conflit israélo-palestinien.

L’agence a contesté cette accusation et a dit que les services vitaux qu’elle fournit ne seraient autrement pas assurés aux Palestiniens qui en bénéficient.

Jason Greenblatt, envoyé du président américain Donald Trump au Moyen-Orient, s’est dit lundi dans un message sur Twitter « très préoccupé par les accusations contre l’Unrwa » et a demandé une « enquête complète et transparente de l’ONU ».

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