David Dushman, dernier libérateur survivant du camp d’Auschwitz, est décédé
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David Dushman, dernier libérateur survivant du camp d’Auschwitz, est décédé

Russe de confession juive, l'escrimeur s'est éteint à Munich dans le sud de l'Allemagne où il résidait depuis plusieurs années

David Dushman, dernier libérateur encore en vie du camp de concentration nazi d'Auschwitz et un escrimeur de talent, ici à 92 ans, au centre, s'entretient avec des personnes tenant des drapeaux ukrainiens alors qu'il assiste à une cérémonie de dépôt de couronnes de fleurs au Mémorial de la guerre russe dans le quartier Tiergarten de Berlin, en Allemagne, le 8 mai 2015. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)
David Dushman, dernier libérateur encore en vie du camp de concentration nazi d'Auschwitz et un escrimeur de talent, ici à 92 ans, au centre, s'entretient avec des personnes tenant des drapeaux ukrainiens alors qu'il assiste à une cérémonie de dépôt de couronnes de fleurs au Mémorial de la guerre russe dans le quartier Tiergarten de Berlin, en Allemagne, le 8 mai 2015. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

David Dushman, dernier libérateur encore en vie du camp de concentration nazi d’Auschwitz et un escrimeur de talent, est décédé à l’âge de 98 ans.

M. Dushman, Russe de confession juive, s’est éteint à Munich dans le sud de l’Allemagne où il résidait depuis plusieurs années, a indiqué dimanche la communauté juive de la ville.

« Tout témoin de cette époque qui nous quitte est une grande perte, mais prendre congé de David Dushman est particulièrement douloureux », a réagi l’une des principales voix de la communauté juive en Allemagne, Charlotte Knobloch, qui préside la communauté de Munich.

« Il a fait partie en tant que ‘héros d’Auschwitz’ des libérateurs du camp de concentration et a sauvé d’innombrables vies », a poursuivi Mme Knobloch, une survivante de la Shoah.

Charlotte Knobloch, vice-présidente du Congrès juif européen et du Congrès juif mondial, lors de la cérémonie marquant le 76e anniversaire de la libération du camp de la mort d’Auschwitz, à l’occasion de la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste, le 27 janvier 2021 au Bundestag, la chambre basse du parlement, à Berlin. (Crédit : Tobias SCHWARZ / AFP)

« Il était l’un des derniers à pouvoir raconter ces événements à partir de sa propre expérience », a-t-elle poursuivi, regrettant la perte « d’un homme courageux et honnête ».

Originaire de l’ancienne Union soviétique, David Dushman était soldat pendant la Seconde Guerre mondiale et a combattu les armées du IIIè Reich. Il a notamment participé à la meurtrière bataille de Stalingrad, perdue par l’Allemagne nazie.

Aux commandes de son char, il participe le 27 janvier 1945 à la libération du camp d’Auschwitz situé en Pologne alors occupée par les nazis, où se trouvent quelque 7 000 survivants. Il a alors 21 ans.

Plus d’un million de victimes ont péri dans ce camp de concentration.

Des survivants de la Shoah passent sous la porte portant l’inscription « Le travail rend libre » après avoir déposé une gerbe au mur de la mort sur le site du mémorial de l’ancien camp de la mort nazi d’Auschwitz lors des cérémonies de commémoration du 75e anniversaire de la libération du camp à Oswiecim, en Pologne, le 27 janvier 2020. (Crédit : JANEK SKARZYNSKI / AFP)

Après des études de médecine et de sport, il devient le meilleur escrimeur de l’Union soviétique en 1951, avant d’entraîner l’équipe d’escrime féminine de 1952 à 1988.

A ce titre, il était présent à Munich lors la prise d’otages des Jeux olympiques de Munich en 1972, quand des membres de l’équipe olympique d’Israël ont été pris en otage et assassinés par des membres de l’organisation terroriste palestinienne Septembre Noir.

« La mort de David Dushman m’attriste profondément », a réagi de son côté Thomas Bach, président du Comité et ancien escrimeur allemand.

« Quand nous nous sommes rencontrés en 1970, il m’a immédiatement offert son amitié et ses conseils malgré son expérience de la guerre et d’Auschwitz », a-t-il déclaré, « un geste profondément humain que je n’oublierai jamais ».

La délégation israélienne lors de l’ouverture des Jeux olympiques de Munich en 1972. (Capture d’écran)

Par la suite, David Dushman est souvent intervenu dans les écoles pour raconter son histoire.

Jusqu’à l’âge de 94 ans, il s’est rendu presque tous les jours à son club d’escrime de Munich pour y donner des cours, indique le comité olympique.

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