De gauche comme de droite, les Israéliens rendent un dernier hommage à Peres
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De gauche comme de droite, les Israéliens rendent un dernier hommage à Peres

"La mort de Peres est un choc ; il était le dernier des pères fondateurs d’Israël, et maintenant il n’est plus là", déclare Eti, 65 ans

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les Israéliens rendent un dernier hommage au neuvième président d'Israël, Shimon Peres, sur la place de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
Les Israéliens rendent un dernier hommage au neuvième président d'Israël, Shimon Peres, sur la place de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Au début des années 1970, Rivka Nahum est devenue la première factrice d’Israël, gagnant une rencontre avec Shimon Peres, qui était alors ministre des Services postaux dans le gouvernement de Golda Meir.

Jeudi, Nahum a rejoint les milliers d’Israéliens et d’étrangers qui ont fait la queue à la Knesset pour rendre un dernier hommage au neuvième président d’Israël.

« Il était très gentil, il m’a félicitée », a raconté Nahum, venue de Maale Adumim, de sa rencontre avec Peres il y a presque 40 ans, en attendant dans la queue pour voir le cercueil de Peres. Nahum n’a jamais voté pour Peres, « je ne suis pas une gauchiste », a-t-elle souligné, mais a commencé à l’apprécier dans ses dernières années, particulièrement quand il a quitté l’arène politique pour devenir chef de l’Etat d’Israël, une position principalement honorifique.

« Quand il est devenu président, il s’est lié à toutes les personnes d’Israël. Il les aimait toutes. Il savait comment sourire et faire que les gens se sentent bien. Chaque citoyen était important pour lui. »

Les Israéliens rendent un dernier hommage au neuvième président d'Israël, Shimon Peres, sur la place de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
Les Israéliens rendent un dernier hommage au neuvième président d’Israël, Shimon Peres, sur la place de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Le pasteur Laurindo-Shalom, président du groupe d’amitié chrétienne Israël – Brésil, a raconté sa rencontre avec le président défunt dans sa ville natale de Brasilia, en 2010. « Le président Shimon Peres désirait la paix. Il a conquis nos cœurs », a-t-il déclaré, habillé de jaune et vert et portant un drapeau brésilien. « Le Brésil aime Israël », a-t-il ajouté dans un mauvais hébreu.

Des classes d’écoles primaires, des soldats, d’anciens collègues et des gens qui n’ont jamais rencontré Peres se sont rendus à la Knesset pour se séparer de l’homme d’Etat le plus âgé d’Israël. Beaucoup ont pris des selfies devant son cercueil, certains ont lu des psaumes.

Abraham Zamani, Hiérosolomytain né en Iran et âgé de 74 ans qui porte une kippa tricotée, a jeté plusieurs baisers au cercueil avec sa main. « Je le respecte depuis 1952, quand j’étais un petit garçon, a-t-il déclaré. Il y a une photo de nous ensemble porte du Lion juste après la guerre des Six Jours. Dommage que je ne l’ai pas apportée. »

Eti, 65 ans, qui a travaillé pour le Parti travailliste, n’a pas fait cette erreur, sortant fièrement son téléphone pour montrer une photo d’elle et de sa famille avec Peres. « Quand [l’ancien Premier ministre Yitzhak] Rabin est mort, c’était différent », a-t-elle déclaré, regardant autour de la place de la Knesset. « Ils avaient mis son cercueil plus près de la porte. La mort de Rabin était une tragédie. C’était un choc ; il avait été assassiné. La mort de Peres est aussi un choc ; il était le dernier des pères fondateurs d’Israël, et maintenant il n’est plus là. »

Des élèves d'écoles primaires sont venus rendre un dernier hommage au neuvième président d'Israël, Shimon Peres, sur la place de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
Des élèves d’écoles primaires sont venus rendre un dernier hommage au neuvième président d’Israël, Shimon Peres, sur la place de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

La famille Cohen est venue depuis Netanya pour dire au revoir au neuvième président d’Israël, même s’ils ne l’ont jamais rencontré. « Nous sommes des Israéliens ordinaires, la base », a déclaré Avi Cohen, qui travaille dans la finance et a pris un jour de congé pour venir à la Knesset. « Nous sommes ici pour donner une leçon civique à notre fils », a ajouté son épouse Linda, professeur d’hébreu et d’arabe.

Les Cohen sont loyalement de gauche, et votent habituellement pour le Parti travailliste ou Meretz. Quand Peres, à la fin de sa carrière politique, a abandonné le Parti travailliste pour rejoindre le parti centriste Kadima, il a perdu le soutien des Cohen, ont-ils raconté.

« Mais il est au-dessus de la politique. C’est une figure internationale », a déclaré Avi Cohen, quelques minutes avant que l’ancien président américain Bill Clinton n’arrive et ne se tienne exactement là où ils se tenaient.

Bill Clinton se recueille sur le cercueil de Shimon Peres, le 29 septembre 2016 sur le parvis de la Knesset (Crédit :  bureau de Yizhak Harari / Knesset porte-parole)
Bill Clinton se recueille sur le cercueil de Shimon Peres, le 29 septembre 2016 sur le parvis de la Knesset (Crédit : bureau de Yizhak Harari / Knesset porte-parole)

« La politique est simplement un moyen de réussir un objectif. Mais quand il est devenu président, il a transcendé la politique et a dédié sa vie à son principal objet : créer un nouveau Moyen Orient. Dommage qu’il n’ait pas atteint cet objectif. »

« Il a atteint cet objectif, l’a interrompu sa femme. Regarde autour », a-t-elle déclaré, pointant les personnes ordinaires, les députés, les journalistes et les dignitaires étrangers qui remplissaient la place de la Knesset pour rendre hommage au président défunt.

Avi, étudiant orthodoxe d’une vingtaine d’années originaire de New York, est venu seul. « Je veux lui rendre hommage, je pense que c’est une bonne chose à faire », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’était pas certain qu’il aurait voté pour Peres. « Il a fait beaucoup de choses controversées, mais aussi beaucoup de choses qui étaient dans le consensus israélien. »

Dernier hommage au neuvième président d'Israël, Shimon Peres, sur la place de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
Dernier hommage au neuvième président d’Israël, Shimon Peres, sur la place de la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2016. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Le ministère de la Défense a mis en place des navettes gratuites jeudi après-midi entre la Knesset et différents emplacements dans Jérusalem et Modiin, ville voisine de la capitale, pour permettre aux habitants de rendre un dernier hommage à Shimon Peres.

Les navettes partent depuis :

• la colline des munitions de Jérusalem
• le parking du Zoo biblique de Jérusalem
• le parking du stade Teddy de Jérusalem
• la gare Malcha de Jérusalem
• le parking de l’ancienne gare, rue Hébron, à Jérusalem
• le parking « Park and Ride » de Modiin

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