Décès de l’artiste, militant de gauche et écrivain Yaïr Garbuz
Connu pour ses collages et une déclaration incendiaire lors d’un rassemblement en 2015, Garbuz s’était largement retiré de la vie publique ces dix dernières années
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »
Yaïr Garbuz, peintre, écrivain, satiriste et militant de gauche de longue date, est décédé mercredi des suites d’un cancer.
Il avait 80 ans.
Né en 1945 à Givatayim de parents immigrés de Pologne, Garbuz a étudié la peinture auprès du célèbre professeur et critique Raffi Lavie, ainsi qu’à l’Institut Avni.
Il a organisé sa première exposition solo en 1967, présentant déjà ce qui allait devenir ses techniques caractéristiques, mêlant collage, portrait et texte.
Influencé par le Pop Art américain, Garbuz a développé une œuvre marquée par l’utilisation de couches de collage, de photographie, de techniques mixtes et de texte.
Il utilisait des photographies et des coupures de journaux, qu’il collait sur du contreplaqué servant de support à ses œuvres. Son épouse, dont le nom n’a pas été rendu public, apparaissait souvent comme modèle.
Garbuz a exposé à de nombreuses reprises dans des galeries et des expositions en Israël et à l’étranger, et a publié plusieurs ouvrages de satire, de mémoires, de poésie et d’essais.
Très actif dans la critique culturelle, il écrivait pour Davar Aher, un supplément satirique du journal Davar, ce qui lui a valu le prix Sokolov, récompense journalistique.
Il a également animé une émission satirique sur N12 et participé comme invité à diverses émissions culturelles.
Jusqu’en 2011, Garbuz a dirigé l’école d’art Midrasha au Beit Berl College, à Kfar Saba.
Il a reçu le prix Emet en 2004, qui récompense les contributions exceptionnelles à la société, et, en 2015, le prix Rapaport pour un artiste israélien confirmé, décerné au Musée d’art de Tel Aviv.
Soutien de longue date du parti de gauche Meretz, Garbuz a suscité un tollé lors de la campagne électorale de la Knesset de 2015, après avoir pris la parole lors d’un rassemblement à Tel Aviv et dénoncé la perte du pays par la gauche au profit d’une « poignée de baiseurs d’amulettes et d’adorateurs d’idoles ».
Perçus comme une attaque contre les communautés traditionnelles et religieuses, les Juifs séfarades et la droite en général, ces propos ont suscité des condamnations de tous bords politiques. Certains y ont même vu un facteur ayant contribué à la défaite électorale de l’Union sioniste (centre-gauche) face à Benjamin Netanyahu, alors Premier ministre et chef du Likud, alors que la formation était en tête dans les sondages pendant une grande partie de la campagne.
Après ce discours, Garbuz s’était fait discret dans la vie publique, affirmant dans plusieurs interviews que ses propos avaient été déformés et qu’il ne visait pas les Juifs mizrahim.
En 2017, le ministre de l’Éducation de l’époque, Naftali Bennett, avait empêché Garbuz de recevoir le Prix Israël en raison de ces propos.
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