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Décès de Sammy Ghozlan, figure de la lutte contre l’antisémitisme en France

Le militant français, commissaire de police à la retraite, avait créé le BNVCA en 2002 ; il était âgé de 81 ans et vivait à Netanya depuis son alyah en 2015

Sammy Ghozlan, directeur du BNVCA, chez lui à Netanya, en octobre 2015. (Crédit : Ricky Ben David / Times of Israël)
Sammy Ghozlan, directeur du BNVCA, chez lui à Netanya, en octobre 2015. (Crédit : Ricky Ben David / Times of Israël)

Sammy Ghozlan, figure historique de la lutte contre l’antisémitisme en France et commissaire de police parisien à la retraite, est décédé ce lundi des suites de maladie à l’âge de 81 ans, a indiqué son organisation, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), dans un communiqué.

Ghozlan avait créé cette association en 2002, à sa retraite. Elle sert depuis de liaison entre la police française et la communauté juive, alertant les deux côtés en cas de menaces et d’attaques contre des Juifs.

Dans ce rôle, il a pris part à de nombreuses actions et initiatives, que ce soit par le biais de manifestations, de conférences, de colloques ou de rencontres avec des responsables politiques.

« Sammy Ghozlan était un véritable combattant dans la lutte contre l’antisémitisme. Jusqu’au dernier moment de sa vie, il était constamment attentif, à l’affût de toute déclaration ou acte antisémite. Il s’investissait pleinement dans sa mission, scrutant les médias, les discours et les actions, prêt à les dénoncer et à prendre position. Sa détermination et son dévouement étaient inébranlables, car pour lui, la lutte contre l’antisémitisme et l’antisionisme était une cause vitale. Il laisse derrière lui un héritage précieux et une inspiration pour continuer cette lutte cruciale », écrit aujourd’hui le BNVCA.

Sammy Ghozlan avait fait son alyah en 2015, notamment car certains de ses enfants et petits-enfants s’étaient installés en Israël, et que ses activités en France avaient fait de lui une cible, avec notamment l’incendie de sa voiture en 2010. Il vivait à Netanya et David Horovitz, fondateur du Times of Israel, l’avait rencontré chez lui en 2015.

Alors âgé de 72 ans, il expliquait : « Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’avenir pour les Juifs en France. Il n’y a pas d’avenir pour les Juifs dans la France qu’ils veulent. »

Il indiquait que le phénomène actuel d’antisémitisme en France a réellement commencé en 2000, au début de la deuxième intifada, quand la télévision française a braqué les projecteurs sur une séquence montrant de manière ostentatoire que les troupes israéliennes avaient abattu Mohammad al-Dura, un jeune de Gaza.

Cet événement a marqué le début de ce que Ghozlan appelait une série d’attaques contre les Juifs dans lesquelles la police française était mal équipée pour se battre au début, puis trop peu encline à se battre par la suite.

À l’origine, la police pensait que la nouvelle vague d’attaques du nouveau millénaire contre des synagogues ou les assauts physiques contre des Juifs étaient imputable à l’extrême droite – alors même que les victimes décrivaient leurs assaillants comme des Nord-Africains, expliquait-il.

La police avait même affirmé être paralysée par les lois françaises selon lesquelles une blessure physique était requise pour qu’une attaque soit qualifiée de « crime haineux ».

« Les policiers disaient alors que si une synagogue étaient incendiée mais que personne n’était blessé, ‘c’est un acte criminel, pas un crime haineux’ », expliquait Sammy Ghozlan.

Au milieu de l’inquiétude qui grandissait au sein de la communauté, Ghozlan racontait que des dirigeants, journalistes et autres personnalités juives étaient venus le trouver, lui demandant qui était responsable de cette nouvelle vague de violence car la police leur répondait qu’elle l’ignorait.

C’est ainsi qu’il a « mis en place une hotline en activité 24h/24 et 7j/7 pour signaler les attaques. J’ai émis des formulaires que les victimes pouvaient remplir. J’ai trouvé des représentants juifs dans les communautés voisines de Paris et j’ai fait en sorte d’être le lien entre les communautés et la police ».

Son organisation, le BNVCA, informe les journalistes, la police et des milliers d’autres personnes figurant sur sa liste de diffusion des centaines d’attaques antisémites perpétrées contre des Juifs français, des synagogues, des écoles, dans les transports en commun et dans les rues. Outre son rôle de lanceur d’alertes, le BNVCA « utilise tous les moyens légaux pour combattre les actes antisémites, violences physiques comme discours de haine parés sous les traits de l’antisionisme qui font florès sur Internet et les réseaux sociaux ». L’organisation se porte ansi généralement partie civile en cas de procès suite à des faits à caractère antisémite et apporte un soutien juridique aux victimes.

Né à Constantine (Algérie) en 1942, Sammy Ghozlan gardait intacte la mémoire collective du pogrom de 1934 dans cette ville, où l’armée et la police françaises s’abstinrent d’intervenir. 27 victimes juives enfants et adultes y ont péri, principalement d’égorgement, et 26 personnes ont été blessées – sans compter les saccages, pillages incendies des biens des Juifs français.

Il est arrivé en France métropolitaine au début des années 1960, dans l’exode en panique des Juifs français d’Algérie et notamment de Constantine. Il a commencé sa brillante carrière en tant que commissaire de police, et a alors commencé à se sensibiliser à la problématique de l’antisémitisme.

« Son héritage en tant que guerrier, inclassable et indépendant de toute chapelle, dans cette lutte, restera dans les mémoires et continuera d’inspirer ceux qui se battent pour un monde plus tolérant et respectueux », écrit le BNVCA.

L’ambassade d’Israël en France, les responsables communautaires juifs de France et d’autres personnalités et internautes lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux.

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