Découverte des premières preuves que nos ancêtres mangeaient des reptiles
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Découverte des premières preuves que nos ancêtres mangeaient des reptiles

Selon les archéologues de l'université de Haïfa, les habitants du mont Carmel mangeaient des lézards et des serpents il y a environ 15 000 ans

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Des chercheurs de l'université de Haïfa déterrent des restes d'un site du Natoufien dans la région du Mont Carmel, au nord d'Israël. (Autorisation/Reuven Yeshurun, Université de Haïfa)
Des chercheurs de l'université de Haïfa déterrent des restes d'un site du Natoufien dans la région du Mont Carmel, au nord d'Israël. (Autorisation/Reuven Yeshurun, Université de Haïfa)

Des chercheurs israéliens estiment avoir découvert des preuves que nos ancêtres se nourrissaient de serpents et de lézards comme partie intégrante de leur alimentation, dans ce qu’ils ont dit être une première découverte de ce genre.

Les chercheurs de l’université de Haïfa les ont mises au jour sur la terrasse d’El Ouad, dans la région du mont Carmel près de Haïfa, qui remonte à quelque 15 000 ans. Ces découvertes ont été publiées mercredi dans la revue scientifique Scientific Reports.

« Nous savons de sources historiques que les gens mangeaient des serpents au Moyen-Âge, mais jusqu’à présent, il n’y avait aucune preuve qu’ils le faisaient il y a 15 000 ans. Il est très possible qu’avec l’aide de la méthode que nous avons développée, nous trouvions des preuves encore plus anciennes », a indiqué le chercheur Reuven Yeshurun.

Les habitants du site faisaient partie de la civilisation natoufienne, connue pour sa transition vers un mode de vie agricole, ainsi que pour d’autres évolutions culturelles.

Des milliers d’os de serpents et de lézards ont été trouvés sur le sol des maisons préhistoriques de la région, mais on ne sait pas si les animaux avaient été mangés par des humains ou s’ils s’étaient retrouvés là par des processus naturels.

Les os de plus gros animaux qui ont été clairement mangés par l’homme, comme les lapins, portent des marques indiquant que les carcasses ont été découpées et cuites, mais les os de lézards et de serpents, qui sont pour la plupart de très petites vertèbres, ne portent pas de telles marques.

Les vertèbres de reptiles qu’étudient les archéologues de l’université de Haïfa. (Autorisation/Roee Shafir)

Les chercheurs ont étudié les surfaces et les schémas de fragmentation des os de reptiles trouvés sur le site, et dans une série d’expériences, ils ont cherché à imiter les processus naturels de décomposition des carcasses d’animaux, notamment en laissant celles-ci dehors à l’air libre et en les brûlant, puis en comparant les résultats aux anciens os.

L’équipe a déterminé que nos ancêtres mangeaient des orvets géants des Balkans, des Dolichophis caspius et, dans une moindre mesure, des couleuvres de Montpellier et des vipères communes.

L’élargissement du régime alimentaire des communautés anciennes pourrait indiquer la transition vers un mode de vie plus sédentaire et une utilisation plus intense des ressources, ont écrit les chercheurs.

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