Découvrez la seule femme propriétaire d’un club de foot en Israël
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‘Notre équipe compte des juifs, des arabes, des chrétiens étrangers, et nous signons les joueurs sur leurs mérites, pas sur leur origine ethnique ou religieuse’

Découvrez la seule femme propriétaire d’un club de foot en Israël

Quand Alona Barkat a acheté l’Hapoel Beer Sheva en 2007, le club était coincé en deuxième division. Depuis son genre atypique a cessé d’être un débat

Les joueurs de l'Hapoel Beersheba (en rouge) contre l'Hapoel Afula pendant la demi-finale de la coupe israélienne au Teddy Stadium de Jérusalem, le 29 avril 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les joueurs de l'Hapoel Beersheba (en rouge) contre l'Hapoel Afula pendant la demi-finale de la coupe israélienne au Teddy Stadium de Jérusalem, le 29 avril 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans le monde féroce et masculin du football, vous ne trouverez pas beaucoup de femmes au sommet, à l’exception de Katharina Liebherr au Southampton FC et de Margarita Louis-Dreyfus à l’Olympique de Marseille [pas très appréciée et qui compte mettre en vente le club marseillais], les deux femmes propriétaires de club de football importants en Europe.

C’est une histoire similaire, principalement masculine, en Israël, à l’exception d’Alona Barkat, propriétaire de l’Hapoel Beer Sheva FC.

Alors que le football israélien a une réputation de machisme, des joueurs aux spectateurs, Barkat, 46 ans, souligne qu’elle ne fait face à aucun préjudice sexiste.

« Pour dire la vérité, je ne ressens aucune différence dans la manière dont les gens me traitent, a-t-elle déclaré au Times of Israël. Au début, quelques sourcils se sont levés, mais maintenant cela semble naturel à tout le monde. Le fait que je sois une femme n’est plus un sujet… Je suis jugée sur les résultats. »

Alona Barkat (autorisation)
Alona Barkat (autorisation)

Et les résultats sont impressionnants. Barkat a été créditée d’avoir transformé l’équipe, qu’elle a acheté en 2007 pour seulement 1,8 million de dollars, quand elle était en difficulté financière et se traînait en deuxième division du championnat israélien. En deux ans, l’Hapoel Beer Sheva a été promue en Ligat HaAl, la première division du pays, se battant contre les grands noms du Maccabi Tel Aviv et du Maccabi Haïfa.

Ce ne serait pas un euphémisme de dire que la base de juifs sépharades des fans de Beer Sheva n’a pas immédiatement accepté Barkat. Non seulement elle est une femme dans un monde majoritairement masculin, mais elle a été vue comme une « intruse » des riches banlieues du nord de Tel Aviv, où elle vit avec son mari Eli Barkat, milliardaire des investissements en high-tech et frère de Nir Barkat, le maire de Jérusalem.

« Depuis que je suis petite, j’ai toujours été intéressée par les ‘trucs de garçons’, comme la course de moto… J’ai aussi développé un intérêt pour le football, a-t-elle déclaré. J’ai été impliquée dans la philanthropie et j’ai pensé qu’il n’y avait pas de meilleur moyen que de promouvoir les valeurs pédagogiques et d’apporter des changements sociaux que par le football. »

Barkat n’est pas timide quand il s’agit de parler de sexisme ou de racisme dans le sport.

« Il n’y a pas de place pour le racisme ou l’intolérance dans le football, a-t-elle déclaré. Notre équipe compte des juifs, des arabes, des chrétiens étrangers, et nous signons les joueurs sur leurs mérites, pas sur leur origine ethnique ou religieuse. »

Les supporters de l'Hapoel Beer Sheva au Teddy Stadium de Jérusalem, le 29 avril 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les supporters de l’Hapoel Beer Sheva au Teddy Stadium de Jérusalem, le 29 avril 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Barkat a ajouté que le club travaillait avec la communauté locale et proposait des programmes à 600 jeunes, dont des programmes spéciaux pour les Bédouins ou les immigrants éthiopiens.

« Via l’Hapoel Beer Sheva, nous pouvons rendre à la société », dit-elle fièrement.

Barkat admet qu’il a fallu plusieurs saisons et un changement de division avant qu’elle n’obtienne le respect des fans, ce qui a été fait par un mélange de charme, et, surtout, de résultats.

Alors qu’il n’a que le cinquième budget de la ligue (Barkat est réticente à parler d’argent, bien qu’elle admette financer une perte annuelle), l’équipe a terminé deuxième de la saison 2013 – 2014 et s’est qualifiée pour la Coupe de la Ligue de l’UEFA en 2014 – 2015. Elle a joué cette année dans le tournoi de l’élite européenne, mais a perdu contre le FC Thoune suisse.

Le budget actuel est d’environ 13 millions de dollars, une somme plutôt modeste comparée aux 40 millions de dollars annuels du Maccabi Tel Aviv, mais l’équipe réussit quand même à être compétitive et à impressionner au plus haut niveau.

Roman Abramovich (photo credit: CC-BY-Mark Freeman, Wikimedia Commons)
Roman Abramovitch (Crédit : CC-BY-Mark Freeman, Wikimedia Commons)

Barkat a aussi gagné le respect des fans parce qu’elle est une propriétaire qui met la main à la pâte, et peut être aussi dure qu’un autre propriétaire de club de football quand il s’agit de prendre des décisions commerciales. Elle n’est pas différente de, disons, Roman Abramovitch, le rusé milliardaire russe juif qui possède le club de football de Chelsea.

La saison dernière, Barkat a licencié Elisha Levy, son entraineur pendant trois saisons, quand l’équipe a terminé troisième du championnat. La décision a été prise une semaine avant la finale de la coupe, retirant à Levy l’honneur de mener son équipe avant le match de démonstration, qui s’est terminé par sa défaite 6 – 2 contre le Maccabi Tel Aviv.

Barkat a aussi montré son côté dur quand elle a annoncé en 2010 qu’elle vendrait le club après l’agression par des supporters de l’entraîneur de l’époque, Guy Azuri. Elle a retiré sa menace quand la violence a été éradiquée.

Barkat a remplacé Levy par Barak Bachar, après qu’il a mené l’Hapoel Kiryat Shmona à la deuxième place du championnat la saison dernière. Il a depuis renforcé la défense et construit une équipe plus disciplinée et organisée autour d’un mélange de stars comme les anciens attaquants de Genk Elyaniv Barda et de Chelsea Ben Sahar, de joueurs importés comme le milieu de terrain nigérien John Ogu, et de talents formés à la maison dans l’équipe des jeunes, comme le défenseur Ofir Davidzada.

L’ouverture d’un nouveau stade de 16 100 places à Beer Sheva, qui est complet à chaque match, a également stimulé l’équipe.

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