Défiant encore Mandelblit, Amir Ohana nomme à nouveau un procureur d’Etat
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Défiant encore Mandelblit, Amir Ohana nomme à nouveau un procureur d’Etat

Le ministre de la Justice a choisi Dan Eldad comme procureur d'Etat temporaire

Le procureur-général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le ministre de la Justice Amir Ohana lors de la conférence annuelle sur la Justice à Airport City, près de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le procureur-général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le ministre de la Justice Amir Ohana lors de la conférence annuelle sur la Justice à Airport City, près de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministre de la Justice par intérim Amir Ohana a annoncé, dimanche, qu’il avait décidé de nommer un procureur spécialisé dans la délinquance en col blanc au poste de procureur d’Etat, une initiative susceptible de raviver la querelle qui l’avait opposé, au mois de décembre, au procureur-général Avichai Mandelblit concernant sa capacité à effectuer ce type de désignation.

Le candidat d’Ohana, Dan Eldad, est actuellement directeur de la division des crimes économiques dans les bureaux du procureur de l’Etat, une unité spécialisée dans les enquêtes et les poursuites judiciaires dans le cadre des dossiers de corruption de haut-rang au sein du gouvernement et des grandes corporations.

Il est également responsable des dossiers plus complexes de fraude financière.

« Son expérience et ses connaissances énormes m’ont mené à la conclusion que c’est Eldad qui est la bonne personne pour prendre le poste, aujourd’hui, de procureur d’Etat », a fait savoir Ohana dans un communiqué émis dimanche.

Mandelblit s’oppose à la désignation d’Eldad, ont fait savoir les médias en hébreu, même si la raison de cette opposition reste indéterminée pour le moment. Selon le journal Calcalist, Mandelblit a présenté sept noms à Ohana de candidats qui lui sembleraient acceptables, une liste qui ne comprendrait pas le nom d’Eldad.

Le poste de procureur d’Etat est vacant depuis que Shai Nitzan a achevé son mandat de cinq ans au mois de décembre.

Orly Ginsberg Ben-Ari parle aux journalistes à la cour de district centrale à Lod, le 11 août 2015 (Crédit : Flash90)

La dernière tentative d’Ohana de nommer un procureur d’Etat en titre – il avait alors choisi la procureure de l’unité des crimes économiques du district de Tel Aviv, Orly Ginsberg Ben-Ari, au mois de décembre – avait avorté quand Ginsberg Ben-Ari avait d’elle-même retiré sa candidature suite à un torrent de critiques entraîné par sa sélection, qui avait également été dénoncée par le procureur-général.

Mandelblit a insisté sur le fait que l’autorité d’Ohana concernant la désignation de personnalités à des postes déterminants était limitée dans la mesure où lui-même avait intégré un gouvernement intérimaire et non-élu. Ohana a été nommé à la tête du ministère de la Justice par Netanyahu au mois de juin, après des élections non-concluantes qui avaient eu lieu au mois d’avril et en amont d’un vote qui, lui aussi, n’a pas permis de dégager une majorité de coalition.

Mandelblit a suggéré qu’Ohana désigne pour la fonction vacante l’un des adjoints actuellement en poste du procureur d’Etat pour la période intérimaire, clamant que lui-même avait une préférence pour le procureur d’Etat adjoint spécialisé en droit pénal Shlomo Lamberger, qui est le plus ancien à ce niveau de la hiérarchie.

Ohana, pour sa part, a affirmé de manière répétée que l’opposition de Mandelblit à ses nominations était un exemple de l’emballement des pouvoirs de la bureaucratie judiciaire de l’Etat qui, a-t-il martelé, ne devait pas entraver par ailleurs la volonté des responsables élus.

Mais la nomination de Ginsberg Ben-Ari n’avait pas seulement été remise en cause par Mandelblit.

Dan Eldad, chef de la division des crimes économiques au bureau du procureur de l’Etat -Crédit : Portrait présenté sur le site du procureur de l’Etat)

Le commissaire au service civil, Daniel Hershkovitz, ancien politicien de droite et ex-ministre des Sciences, avait également fustigé cette désignation par Ohana, disant qu’il n’avait pas été consulté comme la loi l’exige pourtant et suggérant que cette promotion temporaire d’une procureure de moindre niveau serait susceptible de plonger la hiérarchie et le travail du bureau dans le chaos.

Le bureau d’Ohana a fait savoir que le choix d’Eldad « a été mené en coordination avec le commissaire au service civil » et qu’Ohana était allé « par-delà et au-delà des exigences de la loi » en consultant également le procureur-général.

« J’espère, j’ai la certitude que cette nomination contribuera à renforcer la confiance publique dans le système d’application de la loi. Je sais que c’est l’objectif poursuivi par le procureur Eldad. J’ai été impressionné par son sens profond du service et je lui souhaite une grande réussite dans sa nouvelle mission ».

Cela fait 27 ans qu’Eldad est procureur et il est à la tête de la division d’élite des crimes économiques depuis 2013.

Ni Mandelblit, ni son bureau n’ont encore réagi à cette annonce.

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