Défiant Netanyahu, un député Likud appelle à des primaires anticipées
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Défiant Netanyahu, un député Likud appelle à des primaires anticipées

Yoav Kisch indique que d'autres députés veulent se présenter à la direction du parti ; un fidèle de Netanyahu estime que cette élection ne sera qu'une perte de temps et d'énergie

Le député Yoav Kisch (Likud), président de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 29 janvier 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le député Yoav Kisch (Likud), président de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 29 janvier 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le député Likud Yoav Kisch a fait savoir jeudi qu’il était favorable à la tenue de primaires pour la direction du parti, le parti se préparant à un éventuel remplacement de Benjamin Netanyahu.

« L’absence de primaires anticipées pour choisir le nouveau dirigeant du parti me paraît impossible. Nous sommes un parti démocratique… des gens veulent se présenter », a-t-il ainsi déclaré à l’antenne de la radio de l’armée.

Yoav Kisch a refusé de dire qui il soutiendrait le cas échéant.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président du Comité central du Likud, Haim Katz, avaient convenu mardi soir de faire pression pour que le Likud décide de ne pas procéder à des primaires en cas de nouvelles élections législatives et de conserver la liste présentée lors des deux scrutins d’avril et de septembre.

Le député du Likud Gidéon Saar participe à une réunion du Likud à l’ouverture de la 22ème Knesset à Jérusalem, le 3 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le mois dernier, Netanyahu avait fait part de son intention d’organiser des primaires, mais avait fait marche arrière lorsque son rival Gideon Saar avait indiqué qu’il s’y présenterait.

L’échec du Premier ministre à former une coalition à la suite des élections d’avril et de septembre a entamé sa réputation de prince invincible de la politique israélienne.

Saar, qui est très populaire auprès de la base électorale du Likud, pourrait faire figure de concurrent solide si les 130 000 membres du parti s’expriment lors de primaires.

Même si Netanyahu gagnait, la bataille douloureuse pour la direction du parti pourrait donner lieu à du déballage de linge sale en public, après des années de bonne gestion des dissensions internes en dépit des démêlés judiciaires de son chef historique.

Plus tard jeudi, un fidèle de Benjamin Netanyahu, Zeev Elkin, a minimisé les perspectives de primaires, estimant qu’il s’agirait d’une perte de temps et d’énergie.

« Si nous nous dirigeons vers des élections, est-ce que cela vaut la peine de passer plusieurs semaines à se quereller en interne ? », a-t-il ainsi interrogé lors d’un entretien avec Radio Israel. « De plus, nous avons eu des primaires il y a peu. » Celles-ci ont eu lieu en février.

« Il est du meilleur intérêt du parti de consacrer toute son énergie aux prochaines élections législatives », a ajouté Elkin, ministre de la Protection de l’environnement.

La possibilité d’un troisième scrutin en moins d’un an sans précédent s’est renforcée mercredi après que Benny Gantz a reconnu son échec à former une coalition au lendemain d’élections de septembre non concluantes. Netanyahu n’y était pas non plus parvenu avant lui.

En vertu de la législation israélienne, la Knesset entame dès aujourd’hui une période de grâce de 21 jours lors de laquelle 61 des 120 élus de la Knesset — soit la majorité absolue — peuvent demander à Reuven Rivlin de nommer Premier ministre tout député acceptant d’occuper la fonction.

Benny Gantz reconnait son échec à former un gouvernement lors d’un discours, le 20 novembre 2019. (Raoul Wootliff / Times of Israel)

Ce qui signifie que Gantz comme Netanyahu vont continuer de s’efforcer de trouver des partenaires de coalition et d’explorer la possibilité d’un gouvernement d’union. Des outsiders pourraient également émerger. En cas d’échec, le pays sera contraint d’organiser une nouvelle élection, probablement en mars.

D’après les sondages d’opinion, cette dernière donnerait lieu à des résultats similaires à ceux de septembre, laissant craindre des mois supplémentaires d’incertitude et d’impasse politique.

La course, cependant, pourrait être remuée par la mise en examen attendu du Premier ministre dans différentes affaires de corruption. Mercredi, la Treizième chaîne a en effet rapporté que le procureur général Avichai Mandelblit avait décidé de retenir des charges d’abus de confiance et de fraude. Il pourrait même annoncer sa décision aujourd’hui jeudi.

Netanyahu tente désespérément de rester au poste de Premier ministre, où il serait en position idéale pour combattre les accusations contre lui et obtenir l’immunité judiciaire auprès de la Knesset. À l’exception du chef du gouvernement, la loi israélienne contraint à la démission tout fonctionnaire de l’État mis en examen.

À mesure que les ennuis judiciaires de Netanyahu s’accumulaient, son parti lui a témoigné de son fidèle soutien. Mais cela pourrait changer si son inculpation était prononcée, et il pourrait faire l’objet d’appels à la démission. On ignore également comment les électeurs au-delà de sa base électorale pourrait y réagir.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le secrétaire du Cabinet de l’époque Avichai Mandelblit lors de la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 février 2014. (Yonatan Sindel/Flash90)

La Douzième chaîne avait rapporté la semaine dernière que le parti Yisrael Beytenu a proposé la semaine dernière un projet de loi pour faciliter le processus de division des factions de la Knesset, dans une tentative apparente de permettre aux membres du Likud de quitter le navire et de rejoindre une coalition impliquant Kakhol lavan et Yisrael Beytenu.

La loi actuelle stipule qu’au moins un tiers de la faction parlementaire d’un parti doit souhaiter se séparer de la faction principale pour qu’une telle décision soit autorisée. Dans le cas du Likud, il faudrait 11 députés pour rompre les rangs.

Le projet de loi du député Oded Forer de Yisrael Beytenu vise à permettre une scission avec un seuil inférieur, selon le rapport.

Mais la chaîne avait souligné que les chances d’adopter un tel projet de loi et de convaincre suffisamment de députés de droite de passer à l’action étaient extrêmement faibles.

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