D’Élie et Moïse à la Porte de la Foi, les sculptures du pays illustrent la Bible
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D’Élie et Moïse à la Porte de la Foi, les sculptures du pays illustrent la Bible

Sculptés dans la pierre, sertis dans le bronze et formés par les éléments, les monuments du pays représentent des figures imposantes du Livre sacré

Le monument "Arbre de vie" à Jérusalem dépeint Noah, Abraham, Isaac et Moïse. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Le monument "Arbre de vie" à Jérusalem dépeint Noah, Abraham, Isaac et Moïse. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Pendant plus de deux décennies, au 9e siècle avant l’ère commune, le royaume d’Israël a été dirigé par le roi Achab et sa femme phénicienne Jézabel. Selon les Écritures, le couple encourageait ses sujets à adorer le dieu païen Baal.

Le prophète Élie était le fléau de la famille royale. Il méprisait le roi et la reine, et était déterminé à écraser leurs pratiques païennes. Dans 1 Rois 17:1, il annonce une famine en Israël – et c’est ce qui s’est produit.

La troisième année, Elie affronte 450 prophètes de Baal au sommet du mont Carmel (appelé Muhraqah en arabe) dans un concours visant à déterminer qui contrôlait le royaume d’Israël : le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, ou Baal. Après la victoire d’Elie, il fait massacrer tous les autres prophètes.

Au fil des ans, un village druze s’est développé autour d’el-Muhraqah. En arabe, cela signifie « brûlant » – comme le feu céleste qui a consumé le sacrifice d’Elie lorsqu’il a gagné le concours.

Vue sur la Galilée depuis le village druze de Moukraka dans le nord d’Israël. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Elie est l’un des plus importants prophètes des religions juive, chrétienne et musulmane. Aujourd’hui, le site présente une imposante statue de pierre d’Elie avec une épée levée vers les cieux et abrite une église appartenant à l’Ordre des Carmes déchaussés. Au-dessus de l’église, un magnifique belvédère offre une vue imprenable sur la vallée de Jezréel et le mont Thabor, la Haute Galilée et les montagnes du Hermon.

D’étranges rochers se trouvent sur le Muhraqah, appelé, en hébreu, la Pastèque d’Élie. Il semblerait qu’un jour, Elie marchait sur la montagne, lorsqu’il a vu par hasard de belles pastèques mûres. Il a demandé au fermier qui possédait les pastèques s’il pouvait en avoir une.

Mais le fermier était avare et ne voulait pas donner ne serait-ce qu’une seule pastèque, alors il a dit à Elie que ce n’était pas des pastèques mais juste d’immenses pierres. Élie s’est mis en colère et a dit : « Que Dieu fasse en sorte que tes paroles se réalisent ! » Dès qu’il a fini de parler, toutes les pastèques se sont transformées en grosses pierres rondes.

Une statue d’Elie sur le Muhraqa dans le nord d’Israël. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

On trouve partout en Terre sainte des sculptures ayant un thème biblique, parfois réalistes, comme celle-ci, et d’autres fois plus abstraites. Heureusement, mon mari Shmuel prend des photos partout où nous allons, nous en avions donc beaucoup en stock, et nous n’avons pas eu besoin d’enfreindre le confinement pour aller les photographier.

Tel Aviv

Deux rois de Judée se sont comportés de manière très différente de leurs homologues en Israël et de leurs ancêtres. Asa et son fils Josaphat « ont fait ce qui est bien aux yeux de l’Éternel », tandis que les rois d’Israël qui régnaient en même temps, comme Achab, « ont fait ce qui est mal aux yeux de l’Éternel ».

Le parc de l’Indépendance à Tel Aviv a été inauguré en grande pompe en 1952, mais a connu un terrible déclin au cours des années suivantes. Pour le plus grand plaisir de tous, il a été restauré en 2009 en l’honneur du 100e anniversaire de la ville.

Les statues du roi biblique Asa et son fils Josaphat dans le parc de l’Indépendance à Tel Aviv. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Yafo

Achevée en 1977, la Porte de la Foi dans le parc Abrasha du vieux Yafo est devenue une attraction touristique très prisée. Haute de quatre mètres, elle a été créée par le prolifique sculpteur Daniel Kafri. Il s’agit de sa première œuvre d’art après la guerre du Kippour et son retour à la religion.

La sculpture, faite de pierre de Galilée, comporte trois parties : la chute de Jéricho, l’échelle de Jacob et le sacrifice d’Isaac. Elle a peut-être la forme d’une porte car, au cours des millénaires, Jaffa a été considérée comme la porte d’entrée de la terre d’Israël.

La « Porte de la Foi » dans le parc Abrasha du vieux Yafo, sculptée dans de la pierre de Galilée, dépeint la chute de Jéricho, l’Échelle de Jacobet le Sacrifice d’Isaac. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Il est intéressant de noter que, lors des fouilles du parc juste au sud de la sculpture de Kafri, les archéologues ont découvert des fragments d’une porte qui remonte au 13e siècle avant l’ère commune. Reconstruite et de forme étrangement similaire à la Statue de la Foi, elle menait à un palais ou une forteresse dont l’inscription hiéroglyphique donne à la fois le nom du pharaon – Ramsès II – et son titre.

Ashdod

Les vestiges d’une petite forteresse datant du 9e ou 8e siècle avant l’ère commune ont été mis au jour à Ashdod, au sommet de la plus haute colline du littoral. Combiné à un ancien tombeau portant les mots « Yunis le prophète est enterré ici » et la chronologie appropriée, il était logique que cette hauteur soit connue sous le nom de « colline de Jonas ». Et qui sait : la « terre sèche » (Jonas : 2:10) sur laquelle la baleine a vomi le prophète pourrait très bien se trouver à Ashdod.

Une œuvre d’art de 17 tonnes sur Jonas a été inaugurée en 2015 sur la colline qui porte son nom. Le sculpteur était le philosophe et artiste Dr Edward Dulcart, et elle a été dédiée au défunt cardiologue ukrainien Dr Aharon Arkady Shmist.

Une statue où sont gravés les mots “Jonas le Prophète” sur la colline de Jonas dans la ville d’Ashdod. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Jérusalem

Bien que le mont Scopus fasse partie d’Israël depuis la création de l’État, de 1948 jusqu’à la Guerre des Six Jours en 1967, toute la région avait le statut spécial et ambigu de zone démilitarisée. Malheureusement, pendant ces 19 longues années, l’hôpital ultra-moderne Hadassah du mont Scopus, fondé en 1939, est resté inactif en raison de la route menant à la montagne qui était entourée de quartiers arabes hostiles.

La guerre des Six Jours de 1967 a réuni tout Jérusalem, et l’hôpital Hadassah a été restauré en 1975. À l’extérieur, sur l’herbe, se dresse une énorme statue, œuvre du célèbre sculpteur Jacques (Chaim Jacob) Lipshitz. Appelée l’Arbre de vie, cette statue de bronze de six mètres de haut représente quatre figures bibliques : Noé, Abraham, Isaac et Moïse. Le plus facile à distinguer est Abraham, près du bas, tenant son couteau d’abattage alors qu’il se prépare à sacrifier son fils. Sur un fond de ciel bleu, de villages arabes et de sable brun du désert, les quatre personnages semblent engagés dans une lutte pour la survie.

Le monument « L’Arbre de vie » à Jérusalem dépeint Noah, Abraham, Isaac et Moïse. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Tel Hai

Le 20 janvier 1920, des Arabes ont assassiné deux fermiers juifs dans la minuscule implantation de Tel Hai située dans l’est de la Haute Galilée. Six autres fermiers ont été tués dans une bataille sanglante qui a eu lieu là-bas trois mois plus tard, le 1er mars.

Quand il n’y avait plus aucun doute que Tel Hai tomberait aux mains de l’ennemi, les défenseurs du village ont transporté leurs blessés de l’autre côté d’une rivière jusqu’au sommet d’une colline à proximité du kibboutz de Kfar Giladi. Parmi les blessés graves, il y avait leur commandant, Joseph Trumpeldor, un héros de la Première Guerre mondiale. Avant de mourir, il aurait prononcé ces paroles restées célèbres : « C’est bon de mourir pour notre pays. »

Une randonnée préparée par le Fond national juif au début des années 1990 suivait la route qu’ils ont empruntée. Appelé le Chemin des blessés, le parcours est bordé de monuments émouvants qui relatent l’histoire de Tel Hai. Sur la route entre Tel Hai et Kfar Giladi, se dresse notamment une colossale statue en bronze de Moïse par Ambroziu Kohn, une version agrandie du modèle en plâtre de 50 centimètres créé par Boris Schatz.

Une statue de Moïse en Galilée par le pionnier de l’art israélien Boris Schatz. (Crédit : Asaf Ben Zvi)

Connu comme le pionnier de l’art israélien, Boris Schatz a créé l’école d’arts et d’artisanat Bezalel en 1909. En 1918, il a créé son modèle de Moïse, en le peignant d’une couleur qui ressemble au bronze. Il rêvait de le transformer en véritable statue, mais son rêve n’a été réalisé qu’en 1994, quand l’historien de l’art Gideon Ofrat a été chargé de créer une sculpture pour Tel Hai. Ce dernier a emprunté le modèle, et a demandé à Ambroziu Kohn de produire une version agrandie – une copie parfaite du Moïse de Boris Shatz, avec une table dans une main et un maillet dans l’autre.

Une dernière sculpture, celle-ci créée par Mère Nature, ou la main de Dieu. Voyez la femme de Lot près de la mer Morte, qui ignore le commandement du Seigneur de ne pas se retourner pour regarder alors qu’elle et sa famille s’enfuient de Sodome. Genèse 19:26 : « Mais sa femme s’est retournée, et elle s’est transformée en statue de sel. »

Un pilier présenté dans la tradition biblique comme étant la femme de Lot sur le mont Sodome près de la mer Morte. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Nous pourrions continuer encore et encore… mais nous garderons les statues les plus intéressantes pour un prochain article sur les sculptures de jardins en Terre Sainte.

Aviva Bar-Am est l’auteure de sept guides anglophones sur Israël.

Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé, qui organise des visites privées et personnalisées, individuelles, familiales ou en petits groupes.

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