Démission de l’ancien chef anti-corruption accusé de harcèlement sexuel
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Démission de l’ancien chef anti-corruption accusé de harcèlement sexuel

Roni Rittman, ex-chef de l'unité Lahav 433, met un terme à 31 ans de carrière dans la disgrâce suite à des accusations de femmes placées sous son commandement

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le directeur de l'unité anti-corruption de la police Lahav 433, Roni Rittman, arrive au département des investigations sur la police, à Jérusalem, en décembre 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le directeur de l'unité anti-corruption de la police Lahav 433, Roni Rittman, arrive au département des investigations sur la police, à Jérusalem, en décembre 2015 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

L’ancien chef de l’unité anti-corruption Lahav 433 de la police israélienne a annoncé sa démission, mettant un terme à 31 ans de carrière glorieuse, sur fond de scandale après qu’il a été accusé d’avoir harcelé sexuellement ses subordonnées.

Le général de division Roni Rittman a indiqué au commissaire de la police israélienne Roni Alsheich dans un courrier qu’il « voudrait vous remercier pour votre positionnement indéfectible et sans compromis aux côtés de la loi, de la preuve et, non moins important – des valeurs morales et de la justice. »

Rittman, qui a nié les accusations à son encontre et qui a suggéré qu’il s’agissait d’une tentative visant à le destituer, a indiqué que « ma contribution publique sera plus importante après ma retraite ».

Cette démission survient après qu’il a abandonné son poste de responsable de l’unité Lahav 433 au mois de janvier suite à de dures critiques de la Haute-cour concernant sa réintégration à la fonction.

Roni Rittman, à droite, le 31 août 2014 (Crédit : Flash90)

Rittman, 53 ans, a été accusé de deux cas de harcèlement sexuel en 2011, notamment pour avoir embrassé une femme subordonnée contre sa volonté. Il a nié ces allégations et expliqué qu’un haut-responsable d’une unité des renseignements de la police israélienne tentait de le discréditer. En 2015, au cours de l’enquête, Rittman avait été placé en congé obligatoire.

Aucune inculpation n’avait visé Rittman en raison de « problèmes de preuves » et il avait été blanchi de tout acte répréhensible.

Suite à une brève suspension, Alsheich l’avait nommé à la fin l’année 2015 à la tête de l’unité anti-corruption du Lahav 433 qui enquête actuellement sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ancien chef de la coalition David Bitan.

Après sa nomination, une plaignante avait déposé une requête auprès de la Haute-cour de justice, disant que Rittman n’était pas apte à servir à une telle fonction au vu des accusations portées contre lui.

Dans un jugement du mois de novembre 2017, trois magistrats de la Haute-cour n’avaient finalement pas appelé au renvoi de Rittman mais décidé à l’unanimité que la décision d’Alsheich de le réintégrer en 2015 « n’a pas donné un poids approprié et raisonnable à la preuve existante concernant la plainte de l’agent (contre Rittman) » et « ne peut pas tenir ».

Cependant, les juges avaient déclaré qu’Alsheich avait le droit de choisir les mesures administratives « appropriées compte tenu des circonstances. »

Au cours des dernières années, il y a eu une série d’affaires d’inconduites sexuelles impliquant des policiers de haut rang, dont beaucoup ont été forcés à prendre leur retraite en raison des allégations portées contre eux. En tout, près de la moitié des grands généraux de la police israélienne – le plus haut rang en dessous du commissaire de police – ont été accusés de tels abus, et beaucoup d’entre eux ont démissionné.

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