Depuis le 7 octobre, le cyberterrorisme iranien est devenu une menace mondiale – expert
Le contrôleur de l'État a évoqué l'attaque des services du Premier ministre et les systèmes de drones dans le cadre de la préparation aux cybermenaces
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le chef de la cyber-défense, Gaby Portnoy, a averti mardi que, depuis le début de la guerre contre le Hamas, le 7 octobre dernier, la nature des cyberattaques iraniennes s’était faite plus agressive, non seulement contre Israël, mais aussi contre ses alliés.
« Nous savons que l’Iran attaque ses alliés et d’autres pays pour leur extorquer des informations et nuire à leurs services digitaux », a indiqué Portnoy, chef de la Direction nationale du cyber-espace d’Israël (INCD), lors de la conférence annuelle Cyberweek depuis l’Université de Tel Aviv (TAU). « Les informations volées aux systèmes gouvernementaux sont réutilisées par les cyberterroristes iraniens. »
« Cela fait des cyber-agressions iraniennes un problème international, pas seulement israélien, et la solution doit donc être internationale », a-t-il exigé.
Selon Portnoy, figurent notamment parmi les pays attaqués par l’Iran, souvent sans se présenter comme tel, l’Arabie saoudite, Oman, le Canada, les États-Unis, les Émirats arabes unis, l’Inde, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Australie ou l’Autriche.
Portnoy a expliqué que depuis le 7 octobre, l’intensité des cyberattaques contre Israël a triplé, ajoutant que l’Iran avait accru la portée de ses attaques, « en franchissant les lignes rouges humanitaires, comme en témoigne l’attaque déjouée contre l’hôpital Ziv de Safed », qui a néanmoins conduit au vol de données médicales sensibles.
Parmi les « nouveaux acteurs » des groupes de pirates informatiques, Portnoy a cité Homeland Justice, qui, selon lui, est sans doute commandité par le ministère iranien du Renseignement et de la Sécurité (VEVAK) et s’est illustré dans des cyberattaques en Albanie.
« Nous voyons le travail d’Imperial Kitten, géré par le CGRI [Corps des gardiens de la révolution islamique], à la fois en Israël et aux États-Unis, où 4 hommes de paille et 4 sociétés remplissant les mêmes fonctions ont été sanctionnés pour avoir opéré contre des installations fédérales », a-t-il précisé.
« Les actions de l’Iran constituent une violation absolue des lois et conventions internationales sur la protection de la vie privée, et causent des préjudices mondiaux à des civils innocents », a affirmé Portnoy.
Portnoy a appelé à la constitution d’un front international commun non seulement pour la défense, mais aussi pour construire une dissuasion, et « faire payer à l’Iran pour les dommages mondiaux qu’il occasionne ».
« La guerre qui fait rage dans le cyber-espace nous a fait revoir la direction que nous devons prendre pour parvenir à un espace numérique digne de confiance et sécurisé », a souligné Portnoy. « Nous devons passer de la sécurisation du cyber-espace à la sécurisation d’un concept holistique de l’espace numérique ».
« À l’ère du numérique, la perte de confiance dans les services et les informations numériques est dangereuse pour les entreprises, les valeurs démocratiques et les gouvernements », a averti Portnoy.
Il a également évoqué les actions menées dans le cyber-espace par l’INDC pendant la période de guerre, comme la construction d’un « cyber-dôme » contre les attaques en ligne, ou la « boule de cristal », une plateforme multilatérale de renseignement sur les menaces alimentée par la technologie de Microsoft.
« Nous devons améliorer la façon dont nous travaillons ensemble, où nous avons un cyber-espace de défense au niveau national, des SOC [centres d’opérations de sécurité] sectoriels et organisationnels basés sur le cloud, comme le projet CyberShield que nous développons, pour détecter et nous défendre contre les cyber-attaques, tout en protégeant les intérêts et la vie privée de toutes les parties », a fait remarquer Portnoy.
S’exprimant également lors de la conférence, le contrôleur d’État israélien, Matanyahu Englman, a déclaré que le coût de la gestion des cyber-espace en Israël en 2024 est estimé à environ 12 milliards de shekels.
Englman a révélé que le médiateur enquête actuellement sur la préparation d’Israël aux cyber-incidents depuis le déclenchement de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.
« Nous sommes en train de contrôler 30 organismes publics majeurs », a déclaré Englman. « Cet audit comprend plusieurs sections – la première traite des lacunes au niveau du cyber-espace et de la résilience d’Israël, ainsi que des mesures que les organismes de réglementation ont prises afin de renforcer la résilience. »
« La seconde examine l’état de préparation des organismes essentiels aux cyberattaques et la manière dont ces attaques ont été contrées », a-t-il ajouté.
Concrètement, le bureau d’Englman sonde la protection des systèmes informatiques du bureau du Premier ministre, le cyber-espace des véhicules aériens pilotés à distance ou drones, la protection contre les cyber-menaces sur les systèmes de commandement du Front intérieur, et la « continuité des systèmes TIC de Tsahal le jour de l’ouverture de la guerre. »
« Ces audits revêtent une grande importance à mes yeux, compte tenu des risques plus importants auxquels nous pourrions être confrontés », a expliqué Englman.
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