Dermer : Trump abandonnera l’accord nucléaire iranien s’il n’est pas modifié
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Dermer : Trump abandonnera l’accord nucléaire iranien s’il n’est pas modifié

L'envoyé israélien aux États-Unis a affirmé à l'AIPAC qu’en l'état actuel des choses, l'accord de 2015 "nous menait droit dans le mur"

L'ambassadeur Ron Dermer prend la parole lors de la conférence de l'AIPAC 2018 (Capture d'écran AIPAC)
L'ambassadeur Ron Dermer prend la parole lors de la conférence de l'AIPAC 2018 (Capture d'écran AIPAC)

WASHINGTON – Il ne fait « aucun doute » que le président Donald Trump sera prêt à abandonner l’accord nucléaire iranien s’il ne pouvait être modifié afin de s’assurer que Téhéran ne puisse bénéficier de l’arme nucléaire, a déclaré dimanche l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis.

S’exprimant lors de la conférence de l’AIPAC, Ron Dermer a déclaré que l’accord de 2015, tel qu’il est, « nous menait droit dans le mur ». En effet, les « clauses d’extinction » de l’accord expireront dans 8 à 13 ans, a-t-il dit, ce qui signifie que l’Iran peut simplement laisser passer ces restrictions pour ensuite terminer son projet nucléaire, à moins que l’accord, négocié sous l’administration Obama, ne soit modifié.

En outre, selon Dermer, dans les termes actuels de l’accord, l’Iran avance déjà dans son programme nucléaire en faisant des travaux de recherche et de développement sur les centrifugeuses avancées pour l’enrichissement d’uranium. « Les gens pensent : ‘Au moins, nous avons gelé le programme nucléaire de l’Iran et nous devrons nous attaquer à ce problème dans une autre décennie.’ Ce n’est pas vrai », a déclaré l’ambassadeur.

L’accord donne en effet la possibilité à l’Iran de faire des travaux de recherche et de développement sur ses centrifugeuses avancées. L’accord stipule que l’Iran ne peut travailler que sur ses centrifugeuses IR-2, IR-4, IR-6 et IR-8. De façon ironique, Dermer a insinué que c’était comme si Apple pouvait faire de la recherche et du développement uniquement sur ses iPhone 11, 12, 13 et 14.

Afin que l’accord soit optimal, Dermer a déclaré que les clauses de temporisation devraient être supprimées. En outre, des « sanctions paralysantes » devraient être imposées aux secteurs pétrolier et financier iraniens afin de lutter contre le programme de développement de missiles balistiques pouvant être utilisé pour livrer des armes nucléaires. Les dispositions de l’accord sur les inspections, a-t-il ajouté, doivent être modifiées afin que les sites militaires iraniens soient soumis à inspection.

Le monde doit intérioriser que les Etats-Unis sont prêts à se retirer de l’accord si les changements souhaités par l’administration Trump ne sont pas institués, a déclaré Dermer. Si ces changements ne sont pas faits, « je n’ai aucun doute sur le fait que le président sera prêt à se retirer de l’accord », a déclaré l’ambassadeur.

Le président américain Donald Trump s’entretient avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une réunion bilatérale en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 25 janvier 2018 (Crédit photo : Amos Ben Gershom / GPO)

M. Dermer a également profité de l’occasion pour féliciter le président américain Donald Trump suite à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël le 6 décembre dernier – un acte, a-t-il dit, qui « ne serait jamais oublié par le peuple juif ».

Abordant ce qu’il qualifie être une délégitimisation du lien juif à Jérusalem, Dermer a déclaré que le transfert de l’ambassade américaine « fait voler en éclats ce grand mensonge que les Juifs sont des colonislistes dans la Terre d’Israël ».

M. Trump accueillera lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, et M. Netanyahu devrait prendre la parole mardi à l’AIPAC.

Evoquant le soi-disant compromis concernant une zone de prière mixte permanente au mur Occidental – un projet gelé par le gouvernement israélien au grand désarroi de nombreux membres de la diaspora –, Dermer a souligné que l’accord avait été gelé plutôt que supprimé.

Il a ajouté que le Premier ministre travaillait actuellement sur le projet et a ajouté, quoique vaguement, qu’il pensait qu’il y aurait « de bonnes nouvelles l’année prochaine ».

Un échec de l’accord nucléaire iranien représenterait une « grande perte » pour le multilatéralisme, a estimé lundi le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Si l’accord « devait échouer, ce serait une grande perte pour le régime de vérification et pour le multilatéralisme », a déclaré Yukiya Amano à l’ouverture d’une réunion de l’exécutif de l’agence onusienne à Vienne.

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