Des caméras permettent d’observer de loin la vie privée des oiseaux prédateurs
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Des caméras permettent d’observer de loin la vie privée des oiseaux prédateurs

Pour la cinquième année, Raptor Nestcam permet de suivre la vie de plusieurs espèces de rapaces sans les déranger

Une buse féroce observée grâce à une webcam installée par l'Autorité de la nature et des parcs et la Société de protection de la nature. (Capture d'écran)
Une buse féroce observée grâce à une webcam installée par l'Autorité de la nature et des parcs et la Société de protection de la nature. (Capture d'écran)

Pas besoin de vous lever à l’aube ni de rester des heures dans le froid pour ressentir l’excitation d’observer un couple de buses ou de vautours qui s’occupent des œufs de leur nid.

Et tout cela grâce au projet Raptor Nestcam de la Société de protection de la Nature en Israël, qui est de nouveau en ligne cette semaine, pour sa cinquième année.

Raptor Nestcam vise à proposer une vue en temps réel des vies de quatre des plus grands rapaces d’Israël : la buse féroce, le Circaète Jean-le-Blanc, l’hibou grand-duc et le vautour fauve.

Deux caméras diffusent actuellement des images – une caméra suit le nid des buses, et l’autre une paire de vautours fauves.

Une campagne de financement participatif a été lancée pour inclure également dans le projet de cette année le Circaète Jean-le-Blanc.

Comme lors des précédentes années, l’organisation place des caméras dans plusieurs zones de reproduction de l’année précédente, dans l’espoir que les oiseaux reviennent au même endroit après leur migration.

Les buses filmées sont revenues en novembre et en décembre. En janvier, elles ont commencé à reconstruire leur nid.

Leurs premiers œufs ont été pondus jeudi dernier – trois semaines plus tôt que pour n’importe quel ponte observée ces dernières années. Deux autres œufs ont depuis été pondus.

Les buses, que l’on trouve principalement en Israël, sont très sensibles au moindre dérangement dans la préparation de leurs nids. La moindre interférence, même à des centaines de mètres, peut les conduire à partir. Les caméras constituent un moyen sans risque de suivre leur comportement.

Les vautours fauves se trouvent dans le nord d’Israël, sur le plateau du Golan et dans le désert du Néguev, dans le sud du pays.

Jusqu’à la fin des années 1950, des centaines de couples de vautours se reproduisaient à travers le pays, en partant du nord jusqu’au montagnes d’Eilat dans le sud. Au début des années 2000, seulement environ 120 couples se sont reproduits et aujourd’hui moins de 60 couples restent. Cet oiseau majestueux est une espèce gravement menacée en Israël et dans d’autres endroits à l’est de la Méditerranée.

Les vautours, qui peuvent avoir une envergure de 2,5 mètres, jouent un rôle crucial dans l’éco-système. Ils nettoient la nature, consomment les charognes et aident ainsi à éviter la propagation de maladies des carcasses en état de décomposition.

En mai de l’année dernière, huit vautours ont été découverts morts et deux blessés dans le plateau du Golan après avoir été empoisonnés. Ils auraient apparemment mangé la carcasse d’une vache qui avait été empoisonnée. Les agriculteurs locaux utilisent parfois du poison illégal pour tuer les prédateurs qui menacent leur troupeaux.

Un vautour qui était tombé malade après avoir été empoisonné a été remis dans la nature à Gamla, sur le plateau du Golan, le 16 mai 2019. (Crédit : Basel Awidat / Flash90)

Des officiels ont déclaré que les huit vautours tués représentaient la moitié de la population du Golan. La tragédie a fait reculer les tentatives de reproduction des oiseaux et leur réintroduction dans la nature.

Les caméras du SNPI filmeront quiconque essaie d’approcher ou de déranger les oiseaux filmés, ce qui permettra de lancer des poursuites judiciaires. Par le passé, les caméras ont enregistré une tentative de vol du oisillon aigle.

Le projet Raptor Nestcam est projet conjoint du SPNI, de l’Autorité de la nature et des parcs, la fondation Hoopoe, l’armée israélienne, le Fond Héritage et Porsim Kanaf.

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