Des candidats démocrates veulent réintégrer l’accord du nucléaire iranien
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Des candidats démocrates veulent réintégrer l’accord du nucléaire iranien

L'envoyé israélien aux USA a dit à l'AIPAC que réintégrer le JCPOA signifie donner "des centaines de milliards de dollars à ceux qui sont déterminés à faire disparaître Israël"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Ron Dermer, prend la parole à la conférence politique de l'AIPAC, le 24 mars 2019. (Capture d'écran AIPAC)
L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Ron Dermer, prend la parole à la conférence politique de l'AIPAC, le 24 mars 2019. (Capture d'écran AIPAC)

WASHINGTON – L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer, a fustigé dimanche ceux qui demandent aux États-Unis de revenir dans l’accord nucléaire iranien après que plusieurs candidats démocrates de 2020 ont promis de le faire si élus. Un tel geste, a-t-il dit, signifierait donner « des centaines de milliards de dollars aux personnes qui sont déterminées à faire disparaître Israël ».

« Il y a des dirigeants qui appellent à revenir à cet accord », a déclaré M. Dermer devant une foule de 18 000 personnes lors de la conférence annuelle de l’AIPAC. « C’est quelque chose qui doit être considéré comme totalement inacceptable », a-t-il ajouté, sans mentionner spécifiquement les démocrates.

Ses remarques surviennent une semaine après que plusieurs candidats démocrates de premier plan à la présidence ont clairement indiqué qu’ils annuleraient la décision du président Donald Trump de se retirer de cet accord historique.

La conférence politique de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) 2019 a débuté dimanche. La devise de cette année – « Connected for Good » – est un reproche à la controverse qui a embrasé l’organisation au cours du dernier mois, après que la députée controversée Ilhan Omar a accusé le lobby de payer les politiciens pour soutenir Israël.

La conférence vise à souligner que les deux courants politiques continuent de soutenir Israël, peut-être en atténuant la perception qu’Israël est devenu une cause républicaine. « La conférence se concentrera sur le renforcement du soutien bipartite en faveur des relations américano-israéliennes », a déclaré un responsable de l’AIPAC au Times of Israel.

Lors de la séance plénière de dimanche soir, Michelle Makori d’i24 News a demandé à l’envoyé israélien si le retrait des Etats-Unis de l’accord et le rétablissement des sanctions par l’administration Trump étaient « suffisants » pour que Téhéran n’acquière pas d’arme nucléaire.

« Non, ce n’est pas assez », a dit Dermer. « Mais je vais vous dire ce qui était une erreur : l’erreur a été de signer cet accord sur le nucléaire ».

Sous le gouvernement Obama, Dermer était l’un des opposants les plus véhéments de l’accord. Il a orchestré l’invitation détournée du Premier ministre Benjamin Netanyahu à s’adresser au Congrès pour dénoncer l’accord, un moment qui est largement considéré comme ayant exacerbé une division partisane sur Israël, à Washington.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d’une réunion conjointe du Congrès des États-Unis à la Chambre des représentants au Capitole, à Washington, le 3 mars 2015. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

Dimanche, Dermer, un ancien agent Républicain, a qualifié le discours du Premier ministre israélien de « jour dont je suis le plus fier en tant qu’ambassadeur d’Israël aux États-Unis ». Il a également déclaré qu’exhorter l’Amérique à revenir à l’accord avec l’Iran équivaut à vouloir aider un pays qui cherche à détruire Israël.

« Quiconque dit qu’il va revenir à l’accord dit en substance qu’il va donner des centaines de milliards de dollars à ceux qui sont déterminés à détruire Israël et nos voisins arabes, et leur ouvrir la voie aux armes nucléaires », a-t-il dit à Michelle Makori.

Trump a retiré les États-Unis du Plan d’action global conjoint, ou JCPOA (Joint Comprehensive Comprehensive Plan of Action), comme on l’appelle communément, et a renouvelé les sanctions contre la République islamique.

La semaine dernière, le site Al-Monitor a interrogé des candidats démocrates pour savoir s’ils réintégreraient l’accord que Trump a rompu. Cinq ont dit qu’ils le feraient, dont le sénateur Bernie Sanders du Vermont, la sénatrice Elizabeth Warren du Massachusetts et la sénatrice Kamala Harris de Californie.

Le Comité national démocrate [Democratic National Committee] a également adopté une résolution en février appelant les États-Unis à réintégrer cet accord.

Au début de la séance de questions-réponses de dimanche, Dermer a applaudi Trump pour avoir reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, qu’il devrait officialiser en signant une déclaration lundi à la Maison blanche, en présence de Netanyahu.

« Je pense que cela mérite une standing ovation« , a-t-il dit au public.

On a également demandé à Dermer s’il pensait qu’il y avait toujours un soutien bipartisan pour Israël. « Oui, je pense que nous avons un soutien bipartite », a-t-il déclaré, puis il a commencé à expliquer pourquoi il était juste de soutenir Israël.

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