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Pratiquement tous les pèlerins juifs ont quitté la frontière ukraino-biélorusse

La plupart des pèlerins sont repartis par autobus et en taxi vers les villes de Pinsk et Gomel, au sud de Biélorussie

Capture d'écran d'une vidéo de Hassidim de Breslev à la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine, septembre 2020. (Haderim10)
Capture d'écran d'une vidéo de Hassidim de Breslev à la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine, septembre 2020. (Haderim10)

Quasiment tous les pèlerins juifs, coincés depuis des jours du côté biélorusse de la frontière avec l’Ukraine à cause de restrictions dues au nouveau coronavirus, ont rebroussé chemin vendredi, renonçant à un important pèlerinage.

« Nous n’observons que quelques pèlerins restés » aux abords du poste ukrainien de Novi Yarylovychi, a dit à l’AFP Andriï Demtchenko, porte-parole ukrainien du service des gardes-frontières.

Sur leur messagerie Telegram, leurs homologues biélorusses évoquaient « environ 10 personnes » à 15h.

Les autres sont repartis par autobus et en taxi vers les villes de Pinsk et Gomel, au sud de Biélorussie, selon le porte-parole des gardes-frontières biélorusse Anton Bytchkovski, interrogé par l’AFP.

Tout au long de la journée, les autorités ukrainiennes avaient fait état d’une diminution progressive de leur nombre sur les lieux.

Selon Minsk, 1 216 d’entre-eux s’étaient retrouvés naufragés près du poste de Novi Yarylovychi avant vendredi dans le « no man’s land » entre les deux pays, dont 253 mineurs.

Chaque année à l’époque du Nouvel an juif – cette année du 18 au 20 septembre –, des dizaines de milliers de pèlerins se rendent à Ouman, dans le centre de l’Ukraine, pour se recueillir sur la tombe de Rabbi Nahman de Breslev (1772-1810), fondateur du hassidisme, branche du judaïsme ultra-orthodoxe.

Les départs des derniers pèlerins de la zone frontalière interviennent alors que les célébrations de la nouvelle année doivent débuter au crépuscule vendredi.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a souhaité dans l’après-midi ses « vœux sincères » de bonne année aux communautés juives, dans un communiqué publié sur le site de la présidence ukrainienne.

« Nous vous remercions tous pour votre compréhension et votre coopération concernant les questions importantes de sécurité », a-t-il affirmé, espérant un « retour à un rythme de vie normal » l’année prochaine.

Ces Juifs hassidiques pensaient pouvoir contourner, en passant par la Biélorussie, les restrictions mises en place par Kiev face à la recrudescence des cas de nouveau coronavirus sur le territoire ukrainien dont les frontières sont fermées depuis la fin août aux étrangers.

Environ 2 000 d’entre eux, venus pour la plupart d’Israël mais aussi des Etats-Unis, du Royaume Uni ou de France, sont actuellement en Biélorussie, dont la moitié environ s’était retrouvée bloquée depuis le début de la semaine dans la zone neutre de Novi Yarylovychi.

Arrestations en série

Ils y avaient dénoncé des conditions de vie précaires, mais ont été approvisionnés en eau, nourriture et en tentes. Aucun heurt n’a eu lieu.

Les gardes-frontières ukrainiens ont par ailleurs annoncé vendredi les arrestations de plusieurs autres pèlerins aux frontières avec la Hongrie, la Pologne et la Roumanie, alors qu’ils tentaient de passer illégalement en Ukraine.

Sept ressortissants israéliens ou américains ont été interpellés en Ukraine, alors qu’ils venaient de Hongrie. Un Autrichien a tenté de passer depuis la Pologne avec un passeport ukrainien ne lui appartenant pas et a été interdit de territoire pour trois ans.

Enfin, 10 ressortissants israéliens ont été arrêtés par les gardes-frontière roumains, alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Ukraine.

La crise à la frontière s’était doublée mercredi d’une brouille diplomatique entre l’Ukraine et la Biélorussie, Kiev accusant Minsk de vouloir instrumentaliser la situation, sur fond de tensions entre les deux capitales après la présidentielle biélorusse contestée du 9 août.

La présidence ukrainienne a appelé les autorités biélorusses à « cesser d’exacerber » cette crise et « à ne pas colporter des déclarations mensongères porteuses d’espoir pour les pèlerins ».

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko avait demandé « l’ouverture d’un couloir » humanitaire jusqu’à Ouman. Et son gouvernement avait accusé l’Ukraine de ne pas respecter leurs droits, en particulier leur liberté de culte.

Le gouvernement israélien, qui comme Kiev avait estimé dès le mois d’août, que du fait de la pandémie, les Juifs hassidiques devaient renoncer à ce pèlerinage, les a appelés jeudi à rentrer au pays.

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