Des Démocrates veulent s’assurer que l’aide entrera bien dans « Gaza occupée »
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Des Démocrates veulent s’assurer que l’aide entrera bien dans « Gaza occupée »

Les membres du Congrès veulent la réouverture totale des postes-frontières contrôlés par les pays ; lsraël vient d'assouplir les restrictions sur les importations dans la bande

Un camion chargé d'aide humanitaire entre à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, par le terminal de Kerem Shalom, le principal point de passage des marchandises entrantes à Gaza en provenance d'Israël, le 21 mai 2021, après un cessez-le-feu négocié par l'Égypte entre Israël et le groupe terroriste du Hamas. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)
Un camion chargé d'aide humanitaire entre à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, par le terminal de Kerem Shalom, le principal point de passage des marchandises entrantes à Gaza en provenance d'Israël, le 21 mai 2021, après un cessez-le-feu négocié par l'Égypte entre Israël et le groupe terroriste du Hamas. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

53 membres démocrates de la chambre des Représentants, aux États-Unis, ont écrit un courrier au secrétaire d’État américain, Antony Blinken, recommandant vivement à l’administration Biden de garantir qu’Israël et l’Égypte laisseront entrer l’aide humanitaire « dans la bande de Gaza occupée ».

« La crise humanitaire en cours à Gaza est intenable. Nous assurer que les Palestiniens qui résident à Gaza reçoivent de l’aide humanitaire est vital pour garantir le bien-être des 2,1 millions d’habitants de Gaza », dit la missive qui a été initiée par les représentants Mark Pocan et Debbie Dingell.

« Nous assurer de ces changements est également vital pour nous attaquer à la crise à Gaza qui a été exacerbée par les hostilités récentes entre le Hamas et Israël qui ont laissé dans le besoin et dans l’attente d’une aide humanitaire 1,3 million de Palestiniens, selon les estimations », ajoute le courrier.

Israël a quitté unilatéralement Gaza en 2005 mais les Nations unies considèrent encore l’enclave côtière comme occupée, Jérusalem contrôlant la plus grande partie de ses frontières et de ses espaces aérien et maritime.

Israël et l’Égypte ont, depuis de nombreuses années, imposé un blocus sur la bande suite au coup d’État qui a permis au Hamas de prendre la tête du territoire en 2007. L’État juif affirme que ces restrictions sont nécessaires pour empêcher d’importants approvisionnements en armes de la part du groupe terroriste qui gouverne l’enclave côtière et qui a promis de détruire Israël.

Pour ses critiques, le blocus est excessif et a asphyxié l’économie à Gaza. Environ 57 % des résidents de la bande vivent en-dessous du seuil de pauvreté, a fait savoir l’ONU en 2017.

Les législateurs américains recommandent avec force « la totale réouverture » des postes-frontières de Kerem Shalom et d’Erez, qui sont contrôlés par l’État juif, et de celui de Rafah qui est placé sous l’autorité de l’Égypte.

Le groupe pacifiste J-Street, qui consacre ses activités au Moyen-Orient et qui a aidé à écrire la lettre, a salué cette initiative, notant que « les habitants de Gaza ont actuellement un accès limité à l’eau potable, aux produits alimentaires, aux médicaments et à l’électricité. L’aide humanitaire y est déterminante et urgente et l’administration doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour garantir qu’elle sera livrée dans les meilleurs délais à ceux qui en ont besoin. »

Cette semaine, Israël a commencé à autoriser l’entrée des commerçants et des hommes d’affaires depuis Gaza via le poste d’Erez, pour la toute première fois depuis environ 18 mois. Les entrées avaient cessé pour cause de pandémie. De plus, l’État juif a fait savoir qu’il permettrait à un plus grand nombre d’importations et d’exportations de pénétrer à Gaza ou d’en sortir via le poste-frontière de Kerem Shalom.

Suite au conflit d’onze jours qui a opposé le Hamas et Israël, le pays avait initialement averti qu’il n’autoriserait que l’aide humanitaire de base à entrer dans l’enclave à moins que le groupe terroriste ne libère deux civils qui sont détenus dans la bande depuis quatre ans et qu’il ne restitue les dépouilles de deux soldats de l’armée israélienne tués au combat.

Israël a ensuite assoupli son positionnement, allégeant graduellement le blocus et permettant l’entrée et la sortie de plus en plus de produits et de personnes à la demande des Nations unies et de gouvernements étrangers.

Un agent du Hamas contrôle un camion entrant dans la bande de Gaza à la porte du passage de marchandises de Kerem Shalom avec Israël, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 juin 2021. (Crédit : Adel Hana/AP)

Il a été annoncé jeudi qu’Israël, le Qatar et les Nations unies avaient signé un accord permettant l’entrée d’une partie des fonds offerts par le Qatar dans la bande de Gaza, ce qui marque un progrès significatif dans les pourparlers en cours pour soutenir le cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste du Hamas. Le Qatar et l’ONU achemineront chaque mois, par l’intermédiaire de l’ONU et du Programme alimentaire mondial de l’ONU, 100 dollars de subventions pour 100 000 familles gazaouies appauvries, soit 10 millions de dollars au total, a déclaré l’envoyé qatari à Gaza, Mohammad al-Emadi, dans un communiqué.

Par le passé, les fonds qataris avaient permis de financer le carburant de la seule centrale électrique de Gaza et les hôpitaux, afin de consolider le système de santé défaillant de l’enclave.

Depuis le conflit du mois de mai, Israël bloquait l’entrée de l’argent, insistant sur la nécessité de garantir que les fonds ne se retrouveraient pas entre les mains du Hamas. Avant la guerre, approximativement 30 millions de dollars en espèces étaient livrés dans des valises à Gaza chaque mois via un poste-frontière contrôlé par Israël.

Par ailleurs, pas un cent des 235 millions de dollars qui seront versés aux Palestiniens par l’administration Biden, ces derniers mois, ne devrait arriver jusqu’au Hamas – les fonds devraient transiter via différents programmes mis en œuvre par l’USAID et par l’UNRWA, l’agence de l’ONU chargée de la question des réfugiés palestiniens.

Judah Ari Gross, Aaron Boxerman et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.

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