Des députés appellent à reconnaître les yeshivot ultra-orthodoxes « Hesder »
Ces séminaires religieux appliquent un programme qui permet aux jeunes haredim de combiner étude de la Torah et service militaire raccourci

Un groupe de députés issus de la coalition, avec à leur tête Amit Halevi (Likud), a demandé que le projet de loi qui règlemente la conscription des ultra-orthodoxes soit amendé, avec l’ajout d’une clause qui élargirait la reconnaissance aux yeshivot ultra-orthodoxes hesder, des séminaires religieux qui combinent l’étude de la Torah avec un service militaire raccourci.
Une proposition qui appelle à reconnaître les yeshivot hesder — qui sont déjà relativement courantes au sein de la communauté sioniste religieuse — dans le secteur haredi, et qui invite l’État à œuvrer à la création d’autres institutions de ce genre. Les députés demandent, de plus, que les hommes ultra-orthodoxes qui sont inscrits à ces programmes puissent combiner leurs études de la Torah avec des études universitaires.
Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Boaz Bismuth, les députés « insistent » sur l’inclusion de leur amendement à la législation, qualifiant les yeshivot hesder haredim et les académies prémilitaires de « facteur le plus important dans le recrutement des ultra-orthodoxes aujourd’hui ».
« En pratique, ces structures constituent actuellement le cœur de l’intégration du public haredi dans le service militaire et elles constituent les infrastructures centrales qui permettront d’atteindre les objectifs de recrutement de l’État d’Israël, tant en termes de quantité que de qualité. Aujourd’hui, ces organisations sont confrontées à de nombreux défis, à un manque de ressources et, de manière absurde, à un manque de soutien clair de la part de l’État d’Israël », affirment-ils dans leur missive.
« L’absence de reconnaissance législative explicite des yeshivot hesder et des académies préparatoires, chez les Haredim, porte un préjudice direct aux initiatives prises au niveau national, à l’armée israélienne et aux capacités de l’État d’Israël à élargir et à approfondir le partenariat avec le public haredi dans le cadre de la prise en charge de la sécurité ».
Le courrier a été signé par Halevi, par Michal Woldiger (HaTzionout HaDatit), par les députés Zvika Fogel et Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit), et par Moshe Passal et Moshe Saada (Likud).
Alors qu’il était demandé à une porte-parole de Halevi si le député voterait contre le projet de loi en cas de non-inclusion de son amendement, elle a confié au Times of Israel qu’il « mettait actuellement tout en œuvre pour qu’il soit inclus. Il estime que ce sera effectivement le cas ».
Les représentants des yeshivot hesder, chez les ultra-orthodoxes, ont d’ores et déjà déploré le manque de reconnaissance à leur égard dans les documents de synthèse qui ont été soumis à la commission de Bismuth et qui traceront les contours de la législation.
Dans sa « forme actuelle », le projet de loi du gouvernement réglementant la conscription des ultra-orthodoxes n’est « pas bon », a déclaré mardi Woldiger, dont le parti n’a pas encore officiellement annoncé s’il voterait ou non en faveur de cette législation controversée.
« Dans sa dernière version, il n’est pas bon. Nous avons certaines lignes rouges », a déclaré la députée lors d’une conférence, affirmant que la conscription des Haredim devait être mise en place progressivement.
« Nous avons une occasion unique d’entamer un processus de recrutement des ultra-orthodoxes, [mais] une loi qui stipule que tout le monde est obligé de s’enrôler est une loi qui, selon moi, détruira cette opportunité », a-t-elle ajouté.
Woldiger fait partie des nombreux députés de la coalition qui se sont prononcés contre ce projet de loi, qui prévoit d’exempter les ultra-orthodoxes étudiant en yeshiva du service militaire.
Le chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, a refusé à plusieurs reprises de préciser comment son parti voterait sur ce projet de loi, alors que plusieurs de ses députés s’y opposent fermement.
Lundi, la chaîne N12 a rapporté que des réservistes militants affirmaient que le ministre menait une opération d’influence en faveur du projet de loi.







