Des étudiants américains pro-palestiniens fustigent une aumônière musulmane
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Des étudiants américains pro-palestiniens fustigent une aumônière musulmane

Sanaa Nadim, de l'université de Stony Brook de New York, accusée de "trahison à un niveau odieux" après avoir défendu un groupe juif contre une demande d'expulsion de l'université

L'allée principale du SUNY Stony Brook Campus à New York. (CC BY-SA 3.0 GK tramrunner229/Wikipedia)
L'allée principale du SUNY Stony Brook Campus à New York. (CC BY-SA 3.0 GK tramrunner229/Wikipedia)

L’aumônière musulmane de l’université de Stony Brook de New York est critiquée pour avoir défendu le Campus Hillel suite à une agression verbale perpétrée par un membre d’une branche universitaire des Étudiants pour la justice en Palestine (SJP).

Le SJP a accusé l’aumônière Sanaa Nadim de « trahison à un niveau odieux envers le peuple palestinien » pour avoir soutenu une déclaration appelant à la tolérance après qu’un membre du SJP a demandé que Hillel soit expulsé du campus.

Le différend a été évoqué par les commentaires de Rakia Syed, membre de SJP et ancien élève de l’université d’État, au journal du campus The Statesman.

« Nous voulons que le sionisme soit retiré de ce campus, nous voulons donc que Hillel quitte ce campus », a déclaré Syed. « Ce que nous voulons, c’est une véritable organisation juive qui permette aux juifs d’exprimer leur foi, de respecter le Shabbat – ce genre de choses, qui ne soient pas sionistes, qui ne soutiennent pas Israël ».

Les commentaires ont figuré dans un article sur les tensions entre SJP et Seawolves for Israel, un club d’étudiants soutenu par Stony Brook Hillel, apparus suite à un tableau d’information adressé au Centre d’Activités pour les Etudiants pour le 70e Yom HaAtsmaout (Jour de l’Indépendance israélienne) le mois dernier. Pendant l’événement, les étudiants de Hillel ont distribué des collations et des t-shirts commémoratifs gratuits, tandis que les membres du SJP ont scandé et brandi des pancartes disant que «le sionisme est du terrorisme», selon The Statesman.

En réponse aux commentaires de Syed et à d’autres commentaires d’étudiants pro-palestiniens, le Centre interconfessionnel de l’Université de Stony Brook, représentant plusieurs groupes religieux sur le campus, a publié une déclaration appelant les groupes religieux du campus à respecter leurs opinions respectives.

April 25, 2018The Interfaith Center at Stony Brook University, representing several religious groups that work closely…

Posted by Stony Brook Hillel on Friday, 27 April 2018

« Bien que nous ne nous attendions pas à ce que les étudiants ou les organisations étudiantes soient d’accord avec tout ce que les autres groupes défendent ou croient, nous nous attendons à ce qu’ils respectent le droit de ces étudiants d’observer leur foi et de célébrer leur culture et identité sur notre campus », a déclaré le communiqué.

La société islamique du campus et l’association des étudiants musulmans ont signé la déclaration du Centre interconfessionnel.

Les étudiants pour la justice en Palestine ont répondu dans un communiqué disant que le groupe « est et sera toujours contre le sionisme. Nous n’attaquons ni la religion du judaïsme ni sa pratique, mais l’idéologie politique du sionisme.» Elle a défini le sionisme comme « la création d’un État juif par-dessus l’État palestinien préexistant, et le soutien d’un tel Etat ».

SJP a également pris pour cible Nadim, l’aumônière musulmane, qui dirige l’Association des étudiants musulmans. « Vous avez atteint un niveau de trahison odieux à l’égard du peuple palestinien en travaillant avec les sionistes et en les aidant. Depuis trois ans que nous sommes sur ce campus, vous avez non seulement aidé Hillel à normaliser son programme sioniste, mais vous avez également empêché vos propres étudiants musulmans de s’élever contre l’État qui a tué nos frères et sœurs palestiniens. Vous avez continuellement harcelé nos membres et calomnié notre organisation par des allégations de terrorisme », indique le communiqué.

Nadim a nié les accusations. « Il y a tellement de choses que j’ai faites pour soutenir le peuple palestinien et faire connaître son histoire », a-t-elle déclaré à The Statesman, mentionnant le travail de collecte de fonds qu’elle a effectué par l’intermédiaire des Nations Unies. « Mais toute ma vie, j’ai appris que la haine n’est jamais une composante de la paix et ne crée jamais une plate-forme pour une solution productive. »

Elle a également déclaré : « En tant que personne, nous ne pouvons pas créer un programme de haine ou d’aliénation, dictant à nos collègues sur le campus ce en quoi ils doivent croire et comment ils doivent observer leurs convictions religieuses ».

Le communiqué du SJP a également comparé les sionistes aux nazis. « S’il y avait des nazis, des nationalistes blancs et des membres du KKK sur le campus, est-ce que leur identité devrait-être acceptée et respectée ? Absolument pas », a écrit le SJP. « Alors pourquoi respecterions-nous les vues des sionistes ? »

À la suite de l’événement de la fête de l’indépendance d’Israël le mois dernier, le rabbin Joseph Topek, directeur de Hillel, a rejeté de telles comparaisons.

« Je suis juif et je suis sioniste », a déclaré Topek à The Statesman. « Le sionisme signifie simplement la libération du peuple juif de notre exil et la réunification du peuple juif dans notre patrie ancestrale. Cela ne signifie pas le déni des droits des autres. »

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