Des experts de l’ONU dénoncent la « pandémie d’impunité » au Yémen
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Des experts de l’ONU dénoncent la « pandémie d’impunité » au Yémen

Dans un nouveau rapport, un groupe d'experts demande l'élargissement de la liste des personnes visées par des sanctions du Conseil de sécurité et la saisie de la CPI

Des partisans loyaux aux rebelles houthis scandent des slogans en brandissant des armes lors d'un rassemblement visant à mobiliser plus de combattants pour le mouvement Houthi à Sanaa, au Yemen, le mardi 25 février 2020. (AP Photo/Hani Mohammed)
Des partisans loyaux aux rebelles houthis scandent des slogans en brandissant des armes lors d'un rassemblement visant à mobiliser plus de combattants pour le mouvement Houthi à Sanaa, au Yemen, le mardi 25 février 2020. (AP Photo/Hani Mohammed)

Des experts de l’ONU sur le Yémen ont appelé mercredi la communauté internationale à mettre fin à la « pandémie d’impunité » dont souffre le pays en guerre, en demandant notamment au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale (CPI).

Dans un nouveau rapport présenté aux médias, le groupe d’experts, créé par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies en 2017, demande également l’élargissement de la liste des personnes visées par des sanctions du Conseil de sécurité.

« Nous devons mettre fin à la pandémie d’impunité », a affirmé l’un des trois experts, Melissa Parke, présentant le rapport.

« Si le groupe a constaté certains progrès en termes d’enquêtes menées par les parties, à ce jour, personne n’a été tenu pour responsable des violations que le groupe a identifiées », a renchéri Ardi Imseis, autre expert de l’ONU.

Outre la saisine de la CPI, le groupe d’experts demande la création d’un mécanisme onusien d’enquête, comme il en existe pour la Syrie, chargé de mener des « enquêtes plus approfondies et de préparer des dossiers » qui pourraient être utilisés par des tribunaux.

« Comme le groupe l’a noté dans ses précédents rapports, un grand nombre des violations identifiées peuvent être assimilées à des crimes de guerre », a pointé Mme Parke.

« L’année dernière, nous avons indiqué que la situation au Yémen avait atteint une dimension surréaliste et absurde. La situation ne s’est pas améliorée. La poursuite des violations cette année souligne le manque total de respect du droit international dont font preuve les parties », a-t-elle ajouté.

Le Yémen est déchiré par une guerre qui oppose le gouvernement, appuyé depuis 2015 par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, et provoqué la pire crise humanitaire dans le monde, d’après l’ONU.

« Il est désormais impossible de dire que nous ne savions pas », a prévenu Ardi Imseis, en appelant la communauté internationale à cesser d’envoyer des armes au Yémen.

« Cette situation devrait choquer la conscience humaine. Cependant, trop souvent, le Yémen reste le conflit oublié », a-t-il poursuivi.

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