Des extrémistes juifs avaient prévu une attaque majeure contre des Palestiniens
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Des extrémistes juifs avaient prévu une attaque majeure contre des Palestiniens

Un groupe a rassemblé des cocktails Molotov et s'est organisé pour viser un arrêt de bus utilisé par des travailleurs de Cisjordanie près d'Afula ce mois-ci

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Bouteilles apparemment préparées pour être utilisées comme cocktails Molotov par des extrémistes de droite juifs pour une attaque contre des travailleurs palestiniens près d'Afula, mai 2021. (Crédit : Capture d'écran : Channel 12 news)
Bouteilles apparemment préparées pour être utilisées comme cocktails Molotov par des extrémistes de droite juifs pour une attaque contre des travailleurs palestiniens près d'Afula, mai 2021. (Crédit : Capture d'écran : Channel 12 news)

Un groupe d’extrémistes juifs de droite avait prévu de perpétrer une attaque contre des travailleurs palestiniens au début du mois, au cours de laquelle ils auraient lancé des cocktails Molotov sur leurs victimes et les auraient attaqués avec diverses armes de poing, a rapporté la douzième chaîne dimanche.

L’attaque, qui visait un arrêt de bus utilisé par des travailleurs de Cisjordanie, n’aurait pas eu lieu car les militants n’ont pas retrouvé les cocktails Molotov qui avaient été cachés dans un champ situé derrière l’arrêt.

La Douzième chaîne, qui a fouillé le champ, a découvert un grand seau en plastique, rempli de bouteilles, dont certaines avaient également des chiffons sur leurs bouchons.

Selon la chaîne, une odeur d’essence se dégageait des bouteilles.

Le projet d’attentat a été planifié il y a un peu plus de deux semaines, à un moment où les Juifs et les Arabes du pays connaissaient les pires affrontements depuis des années.

Le 12 mai, à la suite d’attaques contre des juifs dans la ville mixte de Lod, des juifs ont déclenché des émeutes dans plusieurs villes, notamment dans la ville côtière de Bat Yam, où des biens arabes ont été vandalisés et où un Arabe a été gravement blessé lorsqu’une foule l’a tiré de sa voiture et l’a agressé. L’attaque avait été filmée en direct à la télévision.

Avant les incidents de la journée, des juifs des environs de la ville d’Afula, dans le nord du pays, ont commencé à communiquer entre eux à l’aide de l’application Telegram, apparemment dans l’idée que ses paramètres de confidentialité rendraient plus difficile, pour les services de sécurité, la localisation des personnes à l’origine des messages.

Un groupe de l’application, intitulé « Mort aux Arabes, branche d’Afula », s’est agrandi au fur et à mesure que les participants échangeaient des messages et des documents haineux contre les arabes israéliens et palestiniens.

A un moment donné, la discussion s’est orientée vers des mesures pratiques. Un utilisateur a écrit : « Nous devons massacrer ces arabes aujourd’hui », tandis qu’un autre a déclaré : « Nous allons assassiner des arabes. Point final. »

Les activistes ont planifié un rassemblement à Afula, qui s’est transformé en un projet d’attaque d’un arrêt de bus dans la zone où les Palestiniens de Cisjordanie arrivent chaque jour pour se rendre ensuite à leurs différents emplois.

En plus d’appeler les participants à apporter tout ce qui pourrait être utilisé comme une arme, un activiste portant le nom d’utilisateur « Who Said Not To » a demandé des bouteilles en verre afin qu’elles puissent être utilisées comme cocktails Molotov.

L’utilisateur a écrit qu’il fournirait l’essence pour les bombes incendiaires et s’est plaint de n’en avoir que 30, exhortant les autres à en apporter beaucoup plus.

« Nous devons secouer le pays », a-t-il écrit. Il a également envoyé une photo d’un grand seau en plastique rempli de bouteilles.

« Je sens une attaque », a-t-il écrit, expliquant que les cocktails Molotov seraient cachés dans un champ derrière l’arrêt de bus pour être utilisés par la suite.

D’autres utilisateurs ont conseillé à ceux qui prévoyaient de venir de s’assurer qu’ils portaient des masques faciaux pour se protéger de la propagation du coronavirus, ainsi que des chapeaux pour éviter d’être identifiés.

Cependant, bien que de nombreuses personnes aient apparemment déclaré qu’elles se joindraient au projet, et que certaines soient arrivées à l’arrêt de bus, rien ne s’est finalement passé.

Les messages postés plus tard sur le groupe comprenaient des expressions de regret concernant l’attaque qui n’a pas eu lieu comme prévu.

Selon la Douzième chaîne, des militants sont arrivés sur les lieux mais n’ont pas réussi à trouver les bouteilles cachées.

Le journaliste Ohad Hemo, s’est rendu plus tard sur le terrain et a découvert ce qui semblait être le même seau, rempli de bouteilles, dont certaines avaient des chiffons dans leurs ouvertures. Les bouteilles sentaient l’essence, a-t-il rapporté.

Le groupe Telegram était également lié à l’organisation d’extrême droite Lehava, un utilisateur ayant écrit : « Nous sommes Lehava. »

Le député travailliste Omer Barlev assiste à un événement de campagne électorale à Tel Aviv, le 23 janvier 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Le député du parti travailliste Omer Barlev a fait remarquer dimanche que puisque Lehava, dirigée par Bentzi Gopstein, est la branche opérationnelle d’une organisation à but non lucratif appelée
The Foundation to save the People of Israel, cette dernière devrait être démantelée.

Barlev a déclaré à la Douzième chaîne qu’il avait demandé au procureur général de « démanteler cette organisation, qui agit contre la démocratie du pays. »

Gopstein, cependant, a déclaré que le militant d’Afula qui a mentionné Lehava n’a aucun lien avec le groupe et qu’il ne le connaît pas.

« L’organisation (Lehava) n’agit que conformément à la loi et c’est ainsi qu’elle demande à ses militants d’agir », a-t-il déclaré.

M. Gopstein a également fait remarquer que Lehava est une organisation publique et « n’est pas clandestine. »

Le président de Lehava, Benzi Gopstein, arrive au tribunal d’instance de Jérusalem pour une audience, le 8 juin 2020.
(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon le reportage de la Douzième chaîne, des informations sur le projet d’attaque ont été fournies à la police il y a deux semaines, mais les bouteilles n’ont néanmoins pas été récupérées ou retirées par la police.

La police a déclaré à la chaîne qu’elle avait enquêté sur cette affaire et sur un autre incident similaire et que neuf personnes avaient été arrêtées.

Quatre des personnes arrêtées avaient des armes en leur possession.

Cependant, toutes les personnes détenues ont depuis été libérées, selon le rapport, sans qu’aucune information ne soit disponible quant à leur éventuelle inculpation.

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