Des groupes juifs américains fustigent la loi sur l’État-nation
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Des groupes juifs américains fustigent la loi sur l’État-nation

L'American Jewish Committee s'est dit "profondément déçu" par la nouvelle loi ; le rabbin Rick Jabocs a déploré "un jour triste et inutile pour la démocratie israélienne"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le leader du mouvement réformé, le Rabbin Rick Jacobs (Crédit : Robert A. Cumins/JFNA via JTA)
Le leader du mouvement réformé, le Rabbin Rick Jacobs (Crédit : Robert A. Cumins/JFNA via JTA)

NEW YORK — Deux groupes juifs ont dénoncé la loi litigieuse sur l’État-nation juif adopté par la Knesset dans la nuit de mercredi à jeudi, affirmant que le texte va à l’encontre des fondements démocratiques d’Israël.

Peu après que les députés ont approuvé la loi, qui pour la première fois, consacre Israël comme « le foyer national du peuple juif » dans les Lois Fondamentales, qui ont une valeur quasi-constitutionnelle, l’American Jewish Committee et les dirigeants du mouvement réformé ont fustigé cette mesure, qu’ils ont décrite comme une façon de codifier un système discriminatoire contre les Arabes et les autres minorités.

« C’est un jour triste et inutile pour la démocratie israélienne », a déclaré Rick Jacobs, président de l’Union for Reform Judaism, qui représente le plus grand courant juif aux Etats-Unis.

« Cette loi sur l’État-nation va porter gravement atteinte à la légitimité de la vision sioniste et aux valeurs de l’Etat d’Israël comme une nation démocratie, et juive. »

La loi sur l’État-nation a provoqué de profondes divisons en Israël.

Selon ses partisans, la loi sur l’État-nation, place les valeurs juives et les valeurs démocratiques sur un pied d’égalité. Cependant, ses détracteurs estiment que la loi est discriminatoire contre les Arabes israéliens et les autres minorités.

L’American Jewish Committe a publié un communiqué indiquant qu’il était « très déçu » par cette loi et a cité la section du texte qui le conduisait à penser ainsi.

Le groupe de défense juif a déclaré que ce changement « affecte directement les 21 % des citoyens israéliens qui constituent la plus grande minorité d’Israël, mais joue également contre les efforts du gouvernement à encourager l’usage de la langue arabe, au regard de la situation géographique d’Israël au Moyen-Orient ».

Il a également déploré la clause qui stipule que l’Israël considère l’implantation juive comme une valeur nationale. Selon l’AJC, c’est un « euphémisme pour le soutien aux communautés exclusivement juives en Israël, préalablement proposé ».

Une photo prise depuis l’implantation israélienne de Kedar montre l’implantation israélienne de Maale Adumim en Cisjordanie, le 26 octobre 2017. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Même après l’adoption de la loi, les dirigeants juifs, qui ont été les détracteurs les plus virulents de cette loi, se sont engagés à continuer à s’opposer aux politiques qu’ils jugent déviantes de la trajectoire démocratique d’Israël.

Jacobs a déclaré qu’il « y a des millions de personnes qui sont unies dans leur opposition à cette nouvelle loi et qui renforcent notre détermination à continuer à lutter pour un Etat d’Israël qui sera fidèle à ses déclarations fondatrices sur l’égalité au sein de sa terre, avec la liberté de culture et celle de vivre avec un réel espoir pour l’avenir ».

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