Des groupes s’élèvent contre un journal étudiant qui interdit « les points de vue sionistes »
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Des groupes s’élèvent contre un journal étudiant qui interdit « les points de vue sionistes »

Le McGill Daily est accusé de racisme, de xénophobie pour avoir écarté tout contenu en faveur d’Israël ou toute autre "idéologie oppressante"

The Arts Building de l'université McGill à Montréal, au Canada. Illustration. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)
The Arts Building de l'université McGill à Montréal, au Canada. Illustration. (Crédit : Wikimedia Commons via JTA)

Des groupes juifs et pro-israéliens ont fustigé le journal indépendant des étudiants de McGill University, qui a annoncé qu’il ne publiera pas d’articles qui « défendent des points de vue sionistes ».

Le quotidien McGill Daily a publié un communiqué la semaine dernière au sujet de sa décision, en réponse à la plainte pour antisémitisme déposée par des membres de la communauté juive de l’université de Montréal.

« Après avoir étudié la plainte, nous avons estimé qu’elle reposait sur l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, et nous y voyons une distinction claire », peut-on lire sur le communiqué du McGill Daily.

« Le quotidien opte pour une ligne éditoriale qui ne défendra pas de points de vue sioniste, ou toute autre idéologie que nous estimons oppressante. »

Le communiqué a admis que le conseil ne compte aucun membre juif, mais que « l’équipe élargie du Daily compte des voix juives ».

Le groupe pro-israélien Honest Reporting a condamné la déclaration du McGill Daily.

« Le refus du McGill Daily, de donner un espace de parole aux propos pro-sionistes, reflète un certain racisme et des sous-tons de xénophobie, étant donné que les positions des étudiants juifs, nombreux dans la communauté juive de Montréal, et les partisans d’Israël (sionistes avérés) sont considérés persona non grata », a affirmé Mike Fegelman, directeur exécutif, dans un communiqué la semaine dernière.

Le centre McGill Hillel a également critiqué la position adoptée par le journal, décrivant dans une publication sur Facebook : « une violation monstrueuse des fondamentaux de l’éthique journalistique de la vérité et de la précision, de l’indépendance, de la justice et de l’impartialité, de l’humanisme et de la fiabilité ».

Le communiqué du McGilly Daily n’a pas évoqué l’identité des plaignants. Le Canadian Jewish News a indiqué que Molly Harris, étudiante à McGill a accusé les rédacteurs du journal d’avoir partagé « une série de tweets virulents à teneur antisémite », et que les opinions pro-Israël n’étaient pas entendues au sein du journal, qui « cultive son antisémitisme ».

En août, Harris a publié un article dans le Washington Post intitulé : « Juif et futur étudiant ? Préparez-vous à l’anti-sionisme ». Dans son article, Harris recense des incidents antisémites et anti-sionistes qui se sont produits sur le campus, notamment celui d’une « publication étudiante ».

« Lorsque j’ai demandé si une publication étudiante devrait écrire au sujet des exemples antisémites sur le campus dans le numéro de fin de l’année scolaire, on m’a dit que ces incidents étaient déjà relayés par les « médias sionistes courants », écrit-elle.

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