Des habitants de Sdérot racontent la ruée vers les abris anti-bombes
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Des habitants de Sdérot racontent la ruée vers les abris anti-bombes

"Vous devez choisir lequel de vos enfants vous sauvez", déclare une mère de 7 enfants de la ville du sud du pays, ciblée par 180 roquettes

Illustration:  Des enfants dans un abri anti-bombe d'un immeuble à Ashkelon, au sud d'Israël, le troisième jour de l'opération Bordure protectrice, le 10 juillet 2014. (Hadas Parush / Flash90)
Illustration: Des enfants dans un abri anti-bombe d'un immeuble à Ashkelon, au sud d'Israël, le troisième jour de l'opération Bordure protectrice, le 10 juillet 2014. (Hadas Parush / Flash90)

Les habitants de la ville de Sdérot, dans le sud du pays, ont décrit jeudi l’attaque de 180 roquettes tirées depuis la bande de Gaza sur le sud d’Israël, dont une salve ayant blessé plusieurs personnes.

Il n’y a pas plus de 15 secondes entre le moment où la sirène d’avertissement de la roquette retentit et le moment où un projectile frappe la ville, durant laquelle les résidents doivent se rendre – avec leurs familles – dans des abris anti-bombes ou des pièces sécurisées chez eux.

Mercredi soir, des tirs de roquettes et d’obus de mortier ont été tirés sur les communautés israéliennes au sud de la bande de Gaza, ce qui a incité l’armée de l’air israélienne à bombarder au moins 150 positions du Hamas dans l’enclave.

Etti Kramer, une habitante de Sderot, a raconté à Hadashot TV comment elle et son mari se sont précipités pour emmener leurs sept enfants dans leurs chambres sécurisées [miklat en hébreu] alors qu’ils entendaient des explosions tout autour.

Capture d’écran de la vidéo du résident de Sderot, Etti Kramer. (Nouvelles de Hadashot TV)

« J’ai couru et attrapé le bébé », a-t-elle dit.

« Les autres enfants ont couru [dans la pièce sécurisée] mais ne sont pas arrivés à temps. Nous avons commencé à entendre des explosions et nous avons continué à amener les enfants dans la pièce sécurisée. Vous devez choisir lequel de vos enfants vous sauvez. J’ai attrapé le bébé et un de mes enfants de deux ans et j’ai couru dans le refuge. »

Un autre habitant, Yossi Lok, a raconté comment son voisin avait été blessé par une roquette qui a frappé leur immeuble.

Lok a dit qu’il s’était précipité dans sa chambre sécurisée lorsqu’il a entendu la sirène.

« J’ai entendu une énorme explosion et j’ai vu un éclair de feu », a-t-il déclaré. « Le voisin a crié qu’il avait été touché. Je suis descendu et je l’ai vu gravement blessé, couvert de sang. Sa maison était en feu parce que sa bonbonne de gaz avait été touchée. »

« Nous avions peur qu’il y ait encore plus d’explosions », a-t-il déclaré. « Nous sommes tous partis de là. »

Lok a annoncé que sa maison avait également été touchée, une roquette ayant atterri sur son toit.

« On a eu de la chance, il n’y avait personne », a-t-il dit.

« Nous étions avec les enfants », a dit Asher Pizam, un résident, à Hadashot. « C’était l’hystérie. Nous avons entendu les alertes puis les explosions. Il y a eu beaucoup de stress et de panique, surtout avec les enfants … Nous espérons que le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour que nous restions en sécurité ici. »

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on voyait des dizaines de parents et d’enfants sur une aire de jeux de Sderot se réfugier dans des abris anti-bombes alors qu’une roquette explosait dans la ville, laissant des traces de fumée dans le ciel.

On voit une mère en train de chercher désespérément son fils, tout en essayant de calmer une jeune fille en lui assurant qu’il n’y aurait plus de roquettes. Les enfants et les parents se sont entassés dans des abris surpeuplés, certains se positionnant à l’extérieur, essayant de trouver refuge.

Une roquette tirée de la bande de Gaza qui a heurté une usine dans la région de Shaar Hanegev, dans le sud d’Israël, le 8 août 2018. (Police israélienne)

Hanita Kohanik, une résidente de la ville qui avait été blessée par des tirs de roquettes en 2001, s’est entretenue avec le site Internet israélien Ynet sur la vie quotidienne traumatisante dans le sud du pays.

« C’est terrible », a déclaré Kohanik. « Je ne peux rien dire de plus. Ce n’est pas facile. Nous sommes une famille constituée de quatre personnes et un chien, qui panique davantage que nous. »

« En ce qui nous concerne, chaque fois que la situation en matière de sécurité se détériore, les inquiétudes refont surface », a-t-elle poursuivi.

Son fils, dit-elle, souffre de stress post-traumatique et ne quitte pas la maison.

« Les tirs intermittents et sporadiques sont une guerre quotidienne », a déclaré Kohanik.

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