Des interviews avec les soldats des escadrons de la mort SS à la TV allemande
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Des interviews avec les soldats des escadrons de la mort SS à la TV allemande

Un chasseur de nazis israélien a indiqué s'être tourné vers une chaîne de télévision nationale après la réponse trop lente apportée à ses découvertes par Berlin

Une femme tente de protéger un enfant avec son propre corps juste avant leur exécution par un escadron de la mort nazi  (Einsatzgruppen) à proximité d'Ivangorod, en Ukraine, en 1942. (Crédit : Wikimedia commons)
Une femme tente de protéger un enfant avec son propre corps juste avant leur exécution par un escadron de la mort nazi (Einsatzgruppen) à proximité d'Ivangorod, en Ukraine, en 1942. (Crédit : Wikimedia commons)

BERLIN (JTA) — Une chaîne de télévision allemande diffuse actuellement des entretiens avec deux hommes qui étaient des membres présumés des escadrons de la mort SS pendant la Deuxième guerre mondiale et dont la trace a été retrouvée avec l’aide d’un chasseur de nazis israélien.

Efraim Zuroff, chasseur de nazis israélien pour le Centre Simon Wiesenthal qui vit à Jérusalem, a donné publiquement les noms des deux hommes après que les enquêteurs de l’état allemand ont semblé peu intéressé par cette découverte, a-t-il expliqué dans une interview.

Le programme diffusé par la chaîne ARB, présentant les interventions de Kurt Gosdek et de Herbert Wahler, devrait être diffusé jeudi dans le magazine Kontakt. Ils étaient des membres des Einsatzgruppen, ou escadrons de la mort mobiles qui, selon les historiens, ont été responsables d’environ deux millions de meurtres dans les territoires soviétiques sous occupation allemande.

Zuroff qui, en 2014, avait donné une liste de 80 noms de membres des Einsatzgruppen nés en 1920 et plus tard aux enquêteurs allemands, a expliqué avoir été frustré par le manque de réponse apporté par le bureau central d’investigation sur les crimes commis par les nationaux-socialistes du Ludwigsburg. Il a donc décidé de travailler avec une chaîne allemande réputée en même temps.

Le chasseur nazis Efraim Zuroff, directeur du centre Simon Wiesenthal, durant une interview accordée au Times of Israel, le 17 août 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
Le chasseur nazis Efraim Zuroff, directeur du centre Simon Wiesenthal, durant une interview accordée au Times of Israël, le 17 août 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

Les poursuites judiciaires à l’encontre de tels criminels sont devenues plus faciles après la condamnation, en 2011, de John Demjanjuk à Münich, qui a établi un précédent permettant aux complices du génocide nazi d’être jugés pour meurtre.

Zuroff a expliqué avoir cherché lui-même les noms des anciens membres des Einsatzgruppen et avoir trouvé ceux qui étaient nés en 1920 et plus. Il y avait 76 hommes et quatre femmes répondant à ces critères, a-t-il précisé auprès de JTA. Il a remis lui même la liste au Ludwigsburg à la demande du bureau, a-t-il ajouté.

Lorsqu’il s’est avéré que le Ludwigsburg ne passait pas à l’action, Zuroff a fait des recherches lui-même pour découvrir ceux qui étaient encore en vie. La chaîne ARD a attrapé la balle au bond et est parvenue à s’entretenir avec deux d’entre eux.

Zuroff a indiqué que « cela a été l’un des plus grands moments de ma vie » d’apprendre que la chaîne était parvenue à réaliser ces interviews. Selon une retranscription qu’il a pu voir, l’un des hommes a indiqué avoir travaillé pour l’Einsatzgruppe en tant que mécanicien sur les véhicules des escadrons.

Mais cette occupation n’était pas insignifiante, selon Zuroff. « Ces voitures ont emmené des gens vers les fosses où pouvaient être assassinées des dizaines de milliers de Juifs », a-t-il noté. Selon un communiqué émis jeudi, le Centre Wiesenthal a appelé les autorités judiciaires allemandes à juger rapidement ces membres des Einsatzgruppen.

« Je détesterais voir une situation où, à cause de problèmes bureaucratiques ou d’un manque de personnel au Ludwigsburg, ces gens ne soient pas amenés devant les juges », a confié Zuroff à JTA.

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