Des Iraniennes dansent pour soutenir l’ado arrêtée pour des vidéos sur Instagram
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Des Iraniennes dansent pour soutenir l’ado arrêtée pour des vidéos sur Instagram

Les usagères des réseaux sociaux ont défié les lois strictes sur la pudeur après la diffusion, par un média d'Etat, des excuses potentiellement forcées de Maedeh Hojabr, 18 ans

Maedeh Hojabri, une ado iranienne placée en détention au mois de mai 2018 pour avoir publié des vidéos de danse sur son compte Instagram (Capture c'écran : Twitter)
Maedeh Hojabri, une ado iranienne placée en détention au mois de mai 2018 pour avoir publié des vidéos de danse sur son compte Instagram (Capture c'écran : Twitter)

Des femmes iraniennes ont posté des vidéos d’elles-mêmes en train de danser sur Instagram pour protester contre les lois islamiques strictes sur la pudeur après qu’une adolescente a été arrêtée pour avoir publié des vidéos de danse sur cette plate-forme de partage.

La semaine dernière, la chaîne de télévision d’Etat a diffusé des images de Maedeh Hojabri, une gymnaste âgée de 18 ans. La jeune femme reconnaissait, en larmes, avoir enfreint la morale tout en insistant sur le fait qu’elle n’avait pas voulu inciter d’autres à contrevenir aux lois iraniennes sur la pudeur.

« Je n’avais pas de mauvaises intentions… Je ne voulais pas encourager les gens à faire la même chose… Je ne travaille pas pour un réseau », disait Hojabri, en pleurs.

Il est impossible de vérifier si cette déclaration a été faite sous la contrainte.

Shabooneh, un site d’information local, a expliqué que Hojabri et trois autres femmes avaient été placées en détention pour des accusations similaires avant d’être mises en liberté provisoire.

La loi islamique en Iran exige que les femmes portent des vêtements « pudiques » et un voile, et elle leur interdit de danser en public.

Avant que ses comptes sur les réseaux sociaux ne soient supprimés, Hojabri avait publié environ 300 vidéos d’elle sur Instagram, dont de nombreuses la montraient dansant à l’iranienne et à l’occidentale.

Elle était également apparue sur des images sans porter le voile islamique obligatoire. Elle était suivie par des milliers d’abonnés, de 12 000 à 66 000 selon le réseau social concerné, sous ses différents comptes ouverts sous son propre nom.

La police iranienne a fait savoir qu’elle prévoyait de faire fermer des comptes semblables sur Instagram et le système judiciaire réfléchit actuellement à faire bloquer l’accès au site.

En réponse à l’arrestation de Hojabri, des Iraniennes ont commencé à poster des vidéos d’elles-mêmes en ligne, dansant en public, accompagnées des hashtags #danser_nest_pas_un_crime et #danse_vers_la_liberté.

« Je danse de manière à ce que les autorités constatent et qu’elles sachent qu’elles ne peuvent nous faire renoncer au bonheur et à l’espoir en arrêtant des adolescentes et des filles comme Maedeh », a écrit une utilisatrice des réseaux sociaux, selon la BBC.

« L’art est la langue de l’âme, le plus grand des espoirs, ce n’est pas un crime », a posté une autre usagère aux côtés de la séquence où elle dansait.

Le nombre de femmes ayant pris part à ce mouvement de protestation reste indéterminé mais les informations parues dans les médias internationaux ont estimé à des douzaines le nombre de personnes risquant d’être arrêtées après avoir publié leurs vidéos en ligne.

L’Iran a d’ores et déjà bloqué l’accès à de nombreux réseaux sociaux, notamment Facebook, Twitter, YouTube et l’application de messagerie Telegram. Des millions d’Iraniens continuent à utiliser ces sites par proxy et VPN.

Le système judiciaire et les forces de sécurité sont dominés par des partisans de la ligne dure qui lancent des mouvements périodiques de répression contre les comportements considérés comme anti-islamiques.

Ces dernières arrestations sont survenues plusieurs mois après la mise en détention de 29 femmes qui avaient enlevé leurs voiles dans le cadre d’une campagne anti-hijab connue sous le nom de « White Wednesdays.”

La police a indiqué que cette campagne était promue par des réseaux satellitaires basés à l’étranger. Il encourage les femmes à retirer leurs voiles blancs pour protester contre les lois strictes sur la pudeur mises en oeuvre dans le pays.

Mardi, une cour iranienne a condamné une éminente militante des droits de l’Homme à 20 ans de prison pour avoir participé à ce mouvement de protestation.

Shapark Shajarizadeh, 42 ans, avait été placée en liberté provisoire au mois d’avril, mais nul ne sait où elle se trouve actuellement.

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