Des Israéliens potentiellement résistants au virus déployés dans les hôpitaux
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Des Israéliens potentiellement résistants au virus déployés dans les hôpitaux

Armés de leurs anticorps, des patients guéris viennent soulager la solitude des malades dans les unités pour offrir leur compagnie à ceux qui en ont besoin

Un visiteur bénévole guéri de la COVID-19 tient la main d'un malade dans une unité de prise en charge du coronavirus à l'hôpital universitaire Hadassah Ein Kerem (Crédit : Eli Atias)
Un visiteur bénévole guéri de la COVID-19 tient la main d'un malade dans une unité de prise en charge du coronavirus à l'hôpital universitaire Hadassah Ein Kerem (Crédit : Eli Atias)

Un hôpital de Jérusalem explique être devenu le premier dans le monde à envoyer des malades guéris de la COVID-19 dans des unités prenant en charge des personnes atteintes par le coronavirus – des zones interdites pour la grande partie de la population en raison du risque d’infection – afin de soulager la solitude des patients.

Même s’il est encore difficile de dire si les malades ayant guéri du coronavirus peuvent être réinfectés et, en cas d’immunité, combien de temps dure cette protection, l’hôpital de l’université Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, a décidé de faire appel à ces derniers pour leur demander d’envisager de devenir des visiteurs bénévoles – en prenant en compte les risques.

« Les yeux des malades s’éclairent lorsqu’ils aperçoivent un visiteur », dit Moshe Tauber.

« Les gens étaient tellement excités la première fois que je suis entré dans la salle », raconte Tauber, 22 ans, qui a été contaminé il y a trois mois et qui s’est dorénavant engagé à venir plusieurs heures au sein de l’unité, quelques jours par semaine. « Ils étaient excités parce qu’ils ne voient personne, en dehors du personnel, pendant parfois des semaines entières ».

Les sapeurs-pompiers en vêtements de protection désinfectent l’entrée de la salle des urgences à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, le 22 mars 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Tauber est un ultra-orthodoxe qui étudie dans une yeshiva, motivé en partie par l’emphase que la tradition juive place sur bikur holim – la visite effectuée auprès d’un malade, une mitzvah que la majorité des gens est incapable de réaliser en personne auprès des malades de la COVID-19. Sur les 25 visiteurs bénévoles qui viennent au sein des unités, 20 sont des Haredim, et plusieurs ont été recrutés par l’organisation ultra-orthodoxe Yad Avraham qui fait la promotion du bikur holim.

Rely Alon, infirmière en chef à Hadassah, dit que « les gens se sentent si seuls dans le département du coronavirus et c’est d’une grande aide pour les malades et également pour le personnel de voir des visiteurs venir, prendre la main des patients, discuter avec eux et leur tenir compagnie ».

Elle précise que le programme a été lancé il y a trois semaines, ajoutant que « nous pensons que c’est le tout premier hôpital où des visites semblables sont organisées et nous recevons de plus en plus de coups de téléphone de personnes qui souhaitent participer ».

Alon explique que cet appel est lancé aux patients guéris parce qu’ils possèdent des anticorps qui les protègent – dont la présence est confirmée par dépistage – même si les bénévoles sont conscients qu’il y a encore des incertitudes concernant l’efficacité des anticorps. Au vu de cette incertitude, les volontaires portent des vêtements de protection.

En Israël, une étude récente a semblé confirmer ces espoirs d’immunité, mais il y a également eu des informations laissant entendre qu’un médecin de l’hôpital Sheba à Ramat Gan avait été testé positif au virus ce mois-ci après avoir guéri une première fois de la maladie.

Moshe Tauber (deuxième à droite) et d’autres bénévoles rendent visite aux patients dans les unités COVID-19 de l’université Hadassah Ein Kerem (Autorisation : Hôpital universitaire Hadassah Ein Kerem)

Tauber explique être optimiste concernant les anticorps et il indique qu’il est prêt à prendre ce qu’il considère comme un petit risque afin de participer à ces visites auprès de malades qui en ont besoin.

Il déclare que ce sont les interactions simples qui font la différence pour les patients.

« Je leur prépare une tasse de thé, je leur demande comment ils se sentent et ils me disent que cela les aide beaucoup », continue-t-il. Les bénévoles ont des téléphones mobiles et ils créent la liaison entre les patients âgés, qui ont parfois des difficultés à utiliser ce type de dispositif, et les familles.

Tauber note qu’en plus du bikur holim, il trouve sa motivation par un « dévouement général aux autres, le plaisir que je ressens à les aider » – ce qui l’a également amené à donner son plasma, après sa guérison, pour contribuer au rétablissement d’autres malades.

Le professeur Zeev Rothstein, directeur du centre médical Hadassah, raconte que son personnel a mis en place le programme après avoir réfléchi aux aspects les plus durs de l’hospitalisation pour les malades, pendant la première vague.

« Nos leçons tirées de la vague précédente soulignent une difficulté qui émane de l’isolement des patients qui se sentent abandonnés », ajoute-t-il.

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