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Des journalistes palestiniens protestent contre la fermeture de sites Internet

L'avocat du syndicat des journalistes palestiniens, Alaa Freijat, a fait appel de la décision, qui concerne 59 sites et pages d'information sur les réseaux sociaux

Une photo prise le 23 octobre 2019 montre un Palestinien tenant un téléphone portable et affichant le message "ce site n'est pas accessible" dans un bureau de la ville d'Hébron en Cisjordanie, suite à la décision d'un tribunal de Ramallah de bloquer l'accès à des dizaines de sites. (HAZEM BADER / AFP)
Une photo prise le 23 octobre 2019 montre un Palestinien tenant un téléphone portable et affichant le message "ce site n'est pas accessible" dans un bureau de la ville d'Hébron en Cisjordanie, suite à la décision d'un tribunal de Ramallah de bloquer l'accès à des dizaines de sites. (HAZEM BADER / AFP)

Des dizaines de journalistes ont manifesté mercredi devant un tribunal près de Ramallah, en Cisjordanie, afin de protester contre la fermeture ordonnée par la justice d’une cinquantaine de sites Internet d’information, a rapporté un responsable du syndicat des journalistes.

Sur demande du procureur général, le tribunal de première instance de Ramallah a interdit l’accès lundi à des sites Internet au motif qu’ils constituaient des menaces pour « la sécurité nationale et la paix ».

L’avocat du syndicat des journalistes palestiniens, Alaa Freijat, a indiqué à l’AFP avoir fait appel de la décision, qui concerne 59 sites et pages d’information sur les réseaux sociaux.

En 2017, l’Autorité palestinienne, qui dirige la Cisjordanie a promulgué une loi controversée sur la cybercriminalité, qu’elle a amendée en 2018.

Amnesty International avait dénoncé ce texte qui « impose un contrôle étroit de la liberté des médias et permet la détention arbitraire et la condamnation jusqu’à 15 ans d’emprisonnement de toute personne critiquant les autorités sur internet, y compris les journalistes et les lanceurs d’alerte ».

Alaa Freijat a également déposé « un recours pour inconstitutionnalité contre l’article 39 de la loi sur la cybercriminalité », qui permet à la justice de fermer un site qui menace selon elle l’“ordre public”, l’“unité nationale” ou la “paix sociale”.

« Nous nous opposons au blocage et à la fermeture des sites Internet, ce n’est pas une méthode pour résoudre les controverses », a dit à l’AFP Mohammed al-Laham, président du comité des libertés au sein du syndicat.

Il a déclaré regretter que la décision ait été prise sans que le ministère de l’Information ni le syndicat n’aient été consultés.

« Retirez vos mains de la liberté de la presse, lâchez les journalistes », ont réclamé les manifestants réunis mercredi devant le tribunal, d’après des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Le porte-parole du gouvernement palestinien, Ibrahim Melhem, a appelé « les autorités compétentes et le procureur général à annuler la décision ».

Les sites bloqués l’ont été via les fournisseurs d’accès à Internet, a expliqué à l’AFP Ahmed Youssef, journaliste pour l’un des sites qui a été suspendu, « Ultra Palestine ».

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