Des lettres d’Einstein renonçant à la nationalité allemande vendues aux enchères
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Des lettres d’Einstein renonçant à la nationalité allemande vendues aux enchères

Les lettres du physicien et sa femme Elsa, vendues plus de 30 000 dollars, parlent également de son aide aux réfugiés juifs

Une lettre écrite par Albert et Elsa Einstein à sa soeur Maja Winteler-Einstein le 28 mars 1933. (Crédit : Nate D. Sanders Auctions)
Une lettre écrite par Albert et Elsa Einstein à sa soeur Maja Winteler-Einstein le 28 mars 1933. (Crédit : Nate D. Sanders Auctions)

Une lettre écrite par Albert Einstein le jour où il décidé de renoncer à la nationalité allemande, après avoir réalisé qu’il ne reviendrait pas dans son pays d’origine à cause de la montée du nazisme, a été vendue aux enchères.

La lettre écrite à bord du S.S. Belgenland et datée du 28 mars 1933, a été vendu pour 30 250 dollars à la maison d’enchères Nate D. Sanders Auction House de Los Angeles. Les enchères, qui ont eu lieu jeudi soir, ont commencé à 25 000 dollars.

Une seconde lettre, écrite de la main d’Einstein en 1938, dans laquelle il évoque l’aide qu’il fournit aux réfugiés juifs qui fuyaient l’Allemagne nazie, a été vendue pour 32 250 dollars.

Dans la lettre, écrite sur du papier à en-tête du bateau, Elsa a fait part de sa préocuppation concernant Tetel, le fils qu’Einstein avait d’un premier mariage, et de ses craintes concernant la situation politique en Allemagne.

La montée d’Hitler au pouvoir en tant que chancelier d’Allemagne le 30 janvier 1933 est survenue pendant une visite de la famille Einstein aux Etats-Unis. Ils ont décidé de revenir en Allemagne, malgré les deux perquisitions menées par les nazis dans leur appartement berlinois et les mises en garde de leurs amis, et avaient l’intention de séjourner dans leur villa à Caputh.

Une lettre écrite par Albert et Elsa Einstein à sa soeur Maja Winteler-Einstein le 28 mars 1933. (Crédit : Nate D. Sanders Auctions)

Dans la lettre, écrite sur du papier à en-tête du bateau, Elsa a fait part de sa préocuppation concernant Tetel, le fils qu’Einstein avait d’un premier mariage, et de ses craintes concernant la situation politique en Allemagne.

« Mon dieu, tous nos amis ont fui ou sont en prison », avait-elle écrit.

Albert Einstein a conclu la lettre, couchant sur papiers ses inquiétudes vis-à-vis de Tetel et terminant sur une note d’optimisme : « meilleurs vœux ! Nous allons nous mettre à la recherche d’un endroit où nous cacher cet été. »

Plus tard ce jour-là, Einstein a remis son passeport au consulat allemand d’Anvers.

Le 14 décembre 1938, une autre lettre était adressée à sa sœur Winteler-Einstein, qui était en Suisse à cette époque.

Dans ce courrier, Einstein l’implore d’immigrer aux Etats-Unis et parle aussi de ses efforts pour aider les Juifs d’Allemagne.

« Mis à part cela, je travaille maintenant comme une sorte de commission de soutien itinérante et des tas de lettres arrivent, des tas de victimes désespérées et persécutées dans la situation actuelle. J’ai envoyé de l’argent à Marie DR., et j’aide les gens de [la ville allemande] Ulm à émigrer. C’est facile pour les jeunes, mais difficile pour les plus âgés », a-t-il écrit.

« Ce n’est que lorsque l’on est mort que l’on est en sécurité. La chose la plus difficile est de trouver un pays qui accepte les personnes âgées, même si quelqu’un subvient à leurs besoins. C’est comme ça que sont les choses désormais », a écrit Einstein.

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