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Des manifestants ultra-orthodoxes entrent par effraction dans une base militaire

Pour protester contre l’incarcération d’une femme déserteur, des hommes ont lancé une émeute à Tzrifin pendant plusieurs minutes avant que la police ne les évacue

Des manifestants ultra-orthodoxes qui protestent contre l'incarcération d'une femme à la base militaire de Tzrifin, le 10 mai 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Des manifestants ultra-orthodoxes qui protestent contre l'incarcération d'une femme à la base militaire de Tzrifin, le 10 mai 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Des dizaines d’hommes religieux ont fait irruption dans une base militaire dans la nuit de mercredi à jeudi, pour protester contre l’incarcération des déserteurs ultra-orthodoxes, et ont créé une émeute pendant plusieurs minutes avant l’arrivée de la police.

Une centaine d’hommes de la frange extrémiste de la communauté ultra-orthodoxe sont arrivés en bus pour protester devant la base de Tzrifin où sont détenus plusieurs déserteurs.

Bien que ces manifestations devant les bases militaires soit habituelles, cette fois-ci, certains ont réussi à pénétrer dans l’enceinte.

L’armée a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l’incident.

Cette fois-ci, l’objet de la manifestation portait sur l’incarcération d’une jeune femme d’origine éthiopienne, qui est détenue dans une prison militaire depuis un mois et demi.

Dans la plupart des cas, les manifestants ultra-orthodoxes ne s’occupaient que de personnes provenant de leur cercle religieux.

Bien qu’elle ne pas originaire d’une famille pratiquante, les proches de la jeune femme, qui a été identifiée uniquement par le prénom Rivka, ont indiqué qu’elle avait entamé un parcours d’adhésion au mode de vie religieux, et était donc éligible à une exemption du service militaire.

L’armée a réagi en indiquant que Rivka avait fui le service militaire pendant 2 ans et demi, et ne s’était pas présentée au bureau de recrutement de l’armée.

Elle aurait également tardé à déposer sa demande d’exemption pour motifs religieux, qui a été rejetée mercredi. Dès lors que les procédures légales seront terminées, elle comparaîtra devant un autre comité, qui décidera si elle est en mesure d’effectuer ou non son service militaire.

Les juifs ultra-orthodoxes représentent environ 10 % de la population israélienne, et vivent selon une interprétation stricte de la loi juive.

Certains considèrent que le service militaire influence négativement les jeunes, et les rend susceptibles de s’éloigner du monde très cloisonné de la prière et de l’étude religieuse.

Les hommes ultra-orthodoxes sont dispensés d’armée s’ils étudient dans des yeshivot, et les femmes peuvent bénéficier d’une exemption pour motifs religieux. Cependant, cette problématique est très controversée chez les juifs laïcs, qui considèrent qu’ils ignorent leurs devoirs civiques tout en profitant des mêmes avantages, et certains ont tenté de supprimer ces exemptions systématiques.

Afin de bénéficier de ces exemptions, ils doivent se présenter au bureau de recrutement. Pourtant, inspirés par certains rabbins hostiles à toute coopération avec les autorités israéliennes, certains refusent de se présenter et sont donc arrêtés pour désertion.

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