Des mariages haredim de masse défient les règles contre l’épidémie
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Des mariages haredim de masse défient les règles contre l’épidémie

Des centaines de personnes ont assisté à des mariages à Beitar Illit, où le taux de positivité est de 26 % - soit le plus élevé du pays - et à Bnei Brak

Des centaines d'ultra-orthodoxes appartenant à la dynastie hassidique Toldos Aharon lors d'un mariage à Beitar Illit, violant les règles contre le coronavirus, le 5 janvier 2021. (Capture d'écran : Twitter)
Des centaines d'ultra-orthodoxes appartenant à la dynastie hassidique Toldos Aharon lors d'un mariage à Beitar Illit, violant les règles contre le coronavirus, le 5 janvier 2021. (Capture d'écran : Twitter)

Des mariages de masse en espace fermé ont été organisés au sein de la communauté ultra-orthodoxe à au moins deux endroits distincts, mardi soir, alors que le nombre de nouveaux cas de coronavirus redevient hors de contrôle au sein de cette catégorie de la population.

Dans un cas au moins, les forces de l’ordre auraient ordonné de laisser continuer l’événement comme c’était initialement prévu, ont laissé entendre certaines informations.

Des centaines de personnes ont ainsi assisté à un mariage dans l’implantation ultra-orthodoxe de Beitar Illit — la majorité des personnes présentes ne portaient pas le masque – contrevenant aux règles actuelles mises en œuvre dans le cadre du confinement, qui interdisent les rassemblements de plus de 20 personnes en plein air et de plus de dix personnes dans un espace fermé.

Beitar Illit est l’un des pires foyers du virus, avec 145,5 personnes atteintes par la COVID-19 sur 10 000 personnes et un taux de positivité de 26 % – le plus élevé en Israël, selon le ministère de la Santé.

L’assistance était constituée de membres de la dynastie hassidique extrémiste et antisioniste Toldos Aharon. Tous fêtaient le mariage du petit-fils de leur chef spirituel.

Les forces de police sont arrivées vers la fin de l’événement pour disperser ce rassemblement illégal qui se tenait dans une synagogue locale. Elles ont trouvé les portes fermées.

« On a refusé de nous ouvrir », a fait savoir la police israélienne dans un communiqué. « Ce n’est qu’après avoir discuté avec les organisateurs que les portes ont été ouvertes et que nous avons vu des centaines de personnes qui se trouvaient là, sans porter le masque et en violation des directives. »

Alors que la foule était dispersée, des dizaines d’invités au mariage se sont opposés aux policiers et leur ont jeté des pierres, endommageant un véhicule des forces de l’ordre, selon le communiqué.

Les organisateurs de l’événement et le propriétaire des lieux ont été convoqués en vue d’un interrogatoire. Le matériel de sonorisation utilisé a été saisi.

Lors d’un autre événement qui a eu lieu à Bnei Brak, dans le centre d’Israël, environ 700 membres de la dynastie hassidique Erlau ont pris part au mariage du petit-fils de leur chef spirituel – un mariage qui avait été organisé sur un site en construction.

La police est arrivée au début de la fête mais est partie après son intervention en compagnie de représentants de la municipalité, selon le journaliste ultra-orthodoxe Israel Frey.

L’événement a continué et c’est seulement alors qu’il s’achevait que les forces de l’ordre sont revenues et que les agents, demandant aux personnes présentes de partir, ont distribué des amendes de 5 000 shekels aux organisateurs. Le propriétaire des lieux, pour sa part, a été convoqué et doit être interrogé.

De plus, la radio militaire a indiqué que les leaders de la communauté haredi envisageaient la possibilité de garder leur système éducatif ouvert pendant le confinement dorénavant plus strict, de façon illégale.

Commentant cette information, le ministre de la Santé Yuli Edelstein a indiqué au micro de la station de radio que « nous sommes tous dans le même bateau et parfois, certains percent des trous dans la coque. Quand il y a des trous creusés dans le confinement, ce sont des violations à de multiples niveaux et tout un chacun en sera tenu pour responsable devant la justice ».

Ran Balicer, qui dirige une équipe nationale d’experts sur le virus, a indiqué que si les infections avaient un temps baissé de manière spectaculaire dans la communauté ultra-orthodoxe en raison de l’adhésion aux directives, la situation était redevenue extrêmement grave.

« Depuis plusieurs semaines, le nombre de nouvelles infections est multiplié par deux chaque semaine », a-t-il déclaré à la chaîne Kan. « J’espère et je suppose que les leaders communautaires vont comprendre cela et qu’ils prendront les initiatives appropriées. »

Le nombre de cas quotidiens a frôlé les 8 000 pour la deuxième journée d’affilée, selon les chiffres retransmis par le ministère de la Santé dans la matinée de mercredi. Le bilan des contaminations quotidiennes le plus important date du 30 septembre, lorsque plus de 9 000 nouvelles infections à la COVID-19 avaient été confirmées pendant le deuxième confinement.

Le nombre de cas actifs et de personnes atteintes par une forme grave de la maladie frôle également les records.

Le personnel soignant pratique des tests de dépistage du coronavirus dans un drive-in, à Jérusalem, le 4 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les ministres ont voté, mardi soir, un renforcement du confinement actuellement imposé au pays en fermant les établissements scolaires et les entreprises non-essentielles pendant deux semaines, avec pour objectif de faire baisser la courbe des infections quotidiennes.

Ces mesures entreront en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi, à minuit, ont fait savoir le bureau du Premier ministre et le ministère de la Santé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, évoquant ces mesures, a parlé de « dernier effort » pour permettre de contenir la COVID-19, alors même que le nombre de contaminations augmente et qu’Israël continue sa campagne de vaccination. Leader dans le monde en termes du nombre de vaccinations par tête, Israël avait injecté, mardi soir, la première dose du vaccin Pfizer – il en faut deux – à environ 1,5 million de personnes sur une population de 9,3 millions, et notamment à près de 55 % des Israéliens âgés de 60 ans et plus.

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