Des milliers d’Arabes israéliens marchent dans le nord pour marquer la Nakba
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Des milliers d’Arabes israéliens marchent dans le nord pour marquer la Nakba

Le député Ahmad Tibi du parti Hadash-Taal a participé à l'événement et il a critiqué la loi de l'Etat-nation adoptée l'année dernière

Des arabes israéliens agitent les drapeaux palestiniens alors qu'ils participent à l'événement annuel de la "Marche du retour" tenu le Jour d'Indépendance d'Israël, à proximité de la ville du nord d'Umm al-Fahm, le 9 mai 2019. (Ahmad Gharabli/AFP)
Des arabes israéliens agitent les drapeaux palestiniens alors qu'ils participent à l'événement annuel de la "Marche du retour" tenu le Jour d'Indépendance d'Israël, à proximité de la ville du nord d'Umm al-Fahm, le 9 mai 2019. (Ahmad Gharabli/AFP)

Des milliers d’Arabes israéliens ont pris part à l’événement annuel de la « Marche du Retour » pour marquer la Nakba (« catastrophe » en arabe) de la fondation d’Israël et la dépossession qui a accompagné la création de l’Etat juif dans une marche annuelle vers le village palestinien vide de Khubbayza au nord d’Israël.

La Nakba est observée le 15 mai, mais des marches commémorant les Palestiniens qui ont fui ou ont été expulsés de leurs foyers pendant la guerre d’indépendance en 1948-9 ont lieu chaque année à Yom HaAtsmaout, le jour de l’indépendance d’Israël.

Les participants à la marche organisée près de la ville d’Oum al-Fahm ont agité des drapeaux palestiniens et scandé des slogans demandant le « droit au retour » pour les dizaines de milliers de réfugiés et leurs descendants.

Khubbayza a été prise par les forces paramilitaires juives à la mi-1948. Selon l’association israélienne Zochrot, après l’intégration de la région du Wadi Ara en Israël, les ruines de Khubbayza ont été rasées par le Fonds national juif.

Un certain nombre de députés ont participé à la marche de jeudi, dont les députés Ahmad Tibi et Ofer Kassif de la faction majoritaire arabe Hadash-Taal.

Des arabes israéliens brandissent des drapeaux palestiniens à l’occasion de la « Marche du retour » annuelle qui se tient à Yom HaAtsmaout, le jour de l’indépendance d’Israël, près de la ville d’Oum al-Fahm, le 9 mai 2019. (Ahmad Gharabli/AFP)

« Nous soulignons notre droit à une patrie et sommes contre la loi de l’Etat-nation, qui traite les Arabes comme des visiteurs. Nous sommes les propriétaires de ce lieu et nous luttons pour être des citoyens égaux sur notre terre », a déclaré Tibi dans une vidéo enregistrée depuis l’événement.

Tibi faisait référence à la loi adoptée l’année dernière qui a donné à Israël le statut d’Etat-nation du peuple juif. Des critiques de la loi ont déclaré qu’elle discriminait les citoyens non Juifs du pays, alors que ses partisans estiment qu’elle est nécessaire pour garantir la dimension juive d’Israël et qu’elle ne diminue pas le statut des lois existantes qui garantissent l’égalité.

« Netanyahou nous dit que nous [les Arabes] avons 22 autres pays, mais nous n’en avons pas, nous avons une patrie, et elle est ici », a-t-il dit.

En 1948, plus de 760 000 Palestiniens ont fui ou ont été chassés de chez eux lors de la guerre entourant la déclaration d’indépendance d’Israël, lorsque les pays arabes voisins ont envahi la région, jurant d’effacer de la carte l’État juif naissant.

Pour les Palestiniens, le soi-disant « droit au retour » des réfugiés et de leurs millions de descendants dans les foyers qu’ils ont fui ou qu’ils ont dû quitter est une condition préalable à tout accord de paix avec Israël. Tous les gouvernements israéliens ont fermement rejeté cette demande comme représentant une tentative des Palestiniens de détruire Israël en tant qu’Etat juif par des moyens démographiques. Les réfugiés palestiniens devraient être absorbés dans un État palestinien dans le cadre d’un accord de paix, dit Israël, tout comme Israël a absorbé des centaines de milliers de Juifs des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, dont beaucoup ont été forcés de quitter leur pays d’origine.

Jeudi, le comité d’organisation de la Marche du retour dans la bande de Gaza a appelé à une grève générale le 15 mai, et à une participation massive aux manifestations frontalières pour marquer la Journée de la Nakba.

L’anniversaire de cette année tombe quelques jours après une escalade brutale de la violence à Gaza qui faillit entraîner une guerre totale entre Israël et le Hamas, le groupe terroriste qui est au pouvoir dans la bande de Gaza.

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