Des ministres démentent les déclarations du Hamas arguant d’un cessez-le-feu
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Des ministres démentent les déclarations du Hamas arguant d’un cessez-le-feu

Malgré un répit des tirs depuis Gaza, les responsables démentent la négociation d'un accord après que des factions de la bande ont évoqué un "consensus" informel

Le ministre du Renseignement et des Transports, Yisraël Katz, assiste à une réunion du Comité des finances à la Knesset, le 26 février 2018. (Flash90)
Le ministre du Renseignement et des Transports, Yisraël Katz, assiste à une réunion du Comité des finances à la Knesset, le 26 février 2018. (Flash90)

Un haut ministre israélien a démenti mercredi qu’un cessez-le-feu aurait été décidé avec le Hamas et le Jihad islamique palestinien après la pire flambée de violences entre Israël et les groupes terroriste de Gaza depuis la guerre de 2014.

« Il n’y a pas de cessez-le-feu », a déclaré le ministre des Renseignements Israel Katz au micro de la radio israélienne dans la matinée de mercredi. « Israël maintient une politique claire qui consiste à ne pas permettre les tirs et les attentats terroristes contre Israël ».

Il s’est exprimé alors que les tirs à la roquette et au mortier depuis la bande de Gaza semblent connaître un moment de répit.

Les groupes terroristes palestiniens dans la bande de Gaza ont expliqué mercredi matin qu’ils s’étaient engagés dans une trêve avec Israël qui, selon eux, aurait été décidée suite à d’importants efforts de médiation de la part de l’Egypte après que 110 roquettes et obus de mortiers ont été lancés, ces dernières vingt-quatre heures, vers les communautés israéliennes par les groupes terroristes.

« Israël ne veut pas que la situation se détériore mais ceux qui ont commencé les violences doivent y mettre un terme », a dit Katz, membre du cabinet de sécurité de haut-niveau. « Israël fera payer au Hamas le prix de tous les tirs contre Israël ».

« Nous voyons l’empreinte iranienne sur le Hamas et sur le Hezbollah. C’est une escalade, et nous ne permettrons pas davantage que l’on nous tire dessus », a-t-il ajouté. « Tout dépend dorénavant du Hamas : s’il continue, je ne sais pas quel sort lui sera réservé ».

Le ministre de l’Education Naftali Bennett a également démenti les informations portant sur un cessez-le-feu.

« Nous n’avons conclu aucun accord de ce type, pas même informel », a-t-il dit à la radio militaire mercredi. « Peut-être que l’autre partie n’est tout simplement plus intéressée par une escalade ».

La fumée s’élève après le lancement d’un tir de mortier depuis la bande de Gaza qui s’est écrasé près d’un rail d’une ligne ferroviaire, à proximité de Sdérot, dans le sud d’Israël, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP / Jack GUEZ)

Bennett, qui est également membre du cabinet de sécurité, a indiqué qu’Israël ne voulait pas la guerre mais que contrairement au passé, « nous ne leur permettrons pas de gagner de la force au prix d’un répit apparent ».

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz a toutefois affirmé mercredi matin qu’il y avait un « arrangement » en place entre Israël et le Hamas.

« Je pense qu’il y a un arrangement indirect passé avec le Hamas pour mettre un terme à la série de violences », a estimé Steinitz, qui a ajouté qu’il y aurait toujours « un certain niveau de combat le long de la frontière avec Gaza ».

Un cessez-le-feu présumé aurait dû commencer mardi à minuit mais ce délai est passé sans signe d’une trêve, des douzaines de roquettes et de mortiers continuant à s’abattre sur Israël.

Le haut-responsable politique du Hamas Khalil al-Hayya dans la capitale égyptienne du Caire, le 22 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMED EL-SHAHED)

Les ministres israéliens répondaient aux propos tenus par le responsable adjoint du Hamas, Khalil al-Hayya, qui avait annoncé plus tôt qu’un « consensus » avait été trouvé « pour revenir aux arrangements de cessez-le-feu » pendant la nuit.

Dans une déclaration citée par les médias arabes, Hayya avait affirmé que « la résistance est parvenue à repousser l’agression et a empêché le changement des règles », ajoutant qu’il y avait eu d’importants efforts de médiation durant les heures qui avaient précédé. Il avait indiqué que le Hamas et les autres « factions de la résistance » s’étaient engagées en faveur d’un cessez-le-feu tant qu’Israël le respecterait lui-même.

Le Jihad islamique palestinien, qui a lancé mardi de nombreux mortiers vers Israël, avait également dit s’être engagé en faveur d’un cessez-le-feu selon les termes de celui qui avait été atteint suite à la guerre de Gaza de 2014, connue en Israël sous le nom de Bordure protectrice.

Un porte-parole du groupe soutenu par l’Iran avait déclaré que les groupes palestiniens se conformeraient au cessez-le-feu tant qu’Israël s’y tiendrait lui-même, ajoutant que l’arrangement avait été trouvé suite à une médiation de la part de l’Egypte.

De hauts-responsables israéliens ont été cités par la chaîne publique Kan disant que tandis qu’il n’y avait aucun cessez-le-feu formel avec les groupes terroristes avec Gaza, il y avait un pacte mutuel spécifiant que si les tirs de roquettes et de mortiers cessaient, Israël stopperait ses bombardements de cibles du Hamas et du Jihad islamique dans la bande.

Mardi, il y a eu au moins 70 projectiles tirés en Israël depuis Gaza, entraînant des douzaines de frappes en riposte de la part de l’armée israélienne contre des cibles dans la bande après des semaines de tensions accrues.

Un Israélien traverse la cour d’un jardin d’enfants endommagée par un tir de mortier depuis la bande de Gaza qui a explosé à proximité, dans le kibboutz Ein Hashlosha, le 29 mai 2018 (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ)

Lors d’un tir de mortier, au petit matin, lancé depuis Gaza vers le sud d’Israël, un obus a explosé dans la cour d’un jardin d’enfants peu de temps avant l’arrivée des petits pensionnaires.

Une photo prise depuis la ville de Gaza le 29 mai 2018 montre une fumée s’échappant en arrière-plan à la suite d’une frappe aérienne israélienne sur l’enclave palestinienne. (AFP PHOTO / THOMAS COEX)

Des milliers d’Israéliens ont passé la nuit dans des abris antiaériens alors que les terroristes de la bande de Gaza ont lancé environ 40 mortiers et roquettes de plus vers les communautés situées aux abords de l’enclave, aux premières heures de mercredi. Un certain nombre ont été interceptés par le Dôme de fer. Il n’y a pas eu de blessés mais un obus est tombé sur une habitation vide à ce moment-là.

L’armée a expliqué que les roquettes et les mortiers avaient été lancés en direction des régions d’Eshkol, de Shaar Hanegev et de Sdot Negev et que le Dôme de fer en avait intercepté plusieurs. La majorité est retombée dans des zones ouvertes.

Judah Ari Gross et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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