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Des obligations israéliennes « vertes » pour financer un monde meilleur ?

Yehuda Kahane propose des obligations gouvernementales durables, comme celles que l’État juif avait émises dans les années 50 pour aider à créer des infrastructures et des emplois

Des enfants d' Afrique bénéficient d’une eau potable salubre grâce à la technologie israélienne apportée par l’intermédiaire d’Innovation Africa. (Crédit : Autorisation)
Des enfants d' Afrique bénéficient d’une eau potable salubre grâce à la technologie israélienne apportée par l’intermédiaire d’Innovation Africa. (Crédit : Autorisation)

Un expert israélien de l’assurance risque de renommée mondiale propose que les gouvernements émettent une obligation spéciale, afin de lever les liquidités de long terme nécessaires pour atteindre les objectifs de de développement durable agréés par les pays membres des Nations Unies, en 2015.

L’idée, développée par le professeur émérite Yehuda Kahane et exposée lors de la conférence des Nations Unies sur le climat au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le mois dernier, trouve son origine dans les obligations israéliennes qui ont aidé l’État juif à financer les infrastructures et créer des emplois lors des quatre premières décennies de son existence.

Le professeur Kahane, qui a occupé des postes de direction, d’enseignement et de recherche dans des universités en Israël et le monde entier, fait partie d’un courant de leaders d’opinion persuadés que l’économie actuelle, basée uniquement sur la maximisation du profit monétaire, ne convient plus à un monde dans lequel les coûts et avantages sociaux et environnementaux doivent être pris en compte.

Dans le but de favoriser l’alignement des visions et pratiques de gestion des entreprises et d’autres organisations avec les exigences sociales et environnementales de l’avenir, il a cofondé le YKCenter avec Tal Ronen et Yoram Lavi.

Âgé de 77 ans, Kahane, en rééducation suite à un important accident vasculaire cérébral survenu en août 2019, n’a pas pris part à l’événement MENA. Le concept a donc été présenté par Tal Ronen.

Les priorités de l’ONU, déclinées en 17 objectifs de développement durable (ODD), reflètent un consensus mondial sur le caractère économique, social et environnemental du monde que l’humanité devrait s’efforcer de faire advenir.

Tal Ronen (à gauche), associé directeur et cofondateur du YKCenter, en compagnie de l’envoyé spécial pour le climat du ministère israélien des Affaires étrangères, l’ambassadeur Gideon Behar, à la conférence des Nations Unies sur le climat au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 29 mars 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Les ODD vont de la réduction de la pauvreté et de la faim à l’égalité d’accès à la santé et à l’éducation, en passant par la construction de villes durables et la garantie d’une consommation responsable.

Le problème, comme le décrit Kahane, est que les 30 à 40 000 milliards de dollars dépensés chaque année par les gouvernements du monde entier ne suffisent pas à couvrir les investissements nécessaires.

Les investisseurs privés ne sont pas attirés par les investissements susceptibles de bénéficier à la société et à la planète lorsqu’ils n’apportent pas les rendements élevés que les investisseurs recherchent.

Des semis de mangroves plantés dans des monticules de boue sont maintenus par des mailles, créant de petites îles, dans le cadre d’un projet de restauration près de Progreso, dans la péninsule du Yucatan, au Mexique, le 6 octobre 2021 (Crédit : AP Photo/Eduardo Verdugo)

Selon Kahane, ce sont les entités de retraite de par le monde (sécurité sociale, fonds de pension et assurance-vie) qui disposent de l’argent nécessaire, plus de 100 000 milliards de dollars.

Les gouvernements utiliseraient les revenus tirés de la vente des obligations pour financer des investissements de long terme à impact positif, permettant la transition vers une économie socialement plus juste, protectrice de l’environnement et créatrice d’emplois verts.

Le Professeur émérite, Yehuda Kahane. (Crédit : Autorisation du Centre YK)

En fournissant un flux de revenus stable et des rendements élevés (intérêts), l’obligation aiderait également le secteur des retraites, de l’assurance-vie et de la sécurité sociale à réaliser le type de rendement dont il a besoin pour fournir pensions et paiements pendant ce qui a été une longue période de faibles taux d’intérêt.

L’achat de ces obligations à long terme augmenterait non seulement l’épargne à long terme du public, dit Kahane. Cela donnerait également aux acheteurs de régimes de retraite et d’autres régimes d’épargne le sentiment de contribuer concrètement à un monde meilleur.

Pour que les obligations fonctionnent, les gouvernements devraient offrir des incitations fiscales, des subventions ou d’autres incitations susceptibles de rendre les rendements – et le profil risque-rendement des investissements d’impact – attrayants pour les institutions financières, estime Kahane.

Les obligations seraient complétées par un budget de viabilité, établi séparément du budget national d’un gouvernement et composé d’ »amendes » payées par les entreprises aux pratiques non durables.

Ceux qui font progresser la durabilité pourraient recevoir des obligations en récompense.

Un nouveau système de comptabilité nationale serait nécessaire pour mesurer avec précision les effets positifs et négatifs d’un investissement de la même manière que les comptables considèrent actifs et passifs, revenus et dépenses.

Déchets d’origine humaine. (Crédit : mbaysan, iStock chez Getty Images)

Les impacts négatifs peuvent inclure l’utilisation d’énergie fossile ou la création de pollution. Les aspects positifs peuvent aller du recyclage et de la réhabilitation des sols à la conservation.

Kahane est membre de la World Academy of Art and Science et lauréat du prix le plus prestigieux au monde en matière d’assurance, le Insurance Founders Award (John S. Bickley Award).

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