Des parents endeuillés chahutent Netanyahu au mémorial de la guerre à Gaza
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Des parents endeuillés chahutent Netanyahu au mémorial de la guerre à Gaza

Un homme dont le fils a été tué pendant la campagne de 2014 a interrompu le discours du Premier ministre, l’accusant de ‘parodier la démocratie’

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Yoram Tal, dont le fils de 22 ans, Omri, a été tué au combat pendant la guerre de Gaza en 2014, interrompt le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une cérémonie marquant les deux ans du conflit au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Yoram Tal, dont le fils de 22 ans, Omri, a été tué au combat pendant la guerre de Gaza en 2014, interrompt le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une cérémonie marquant les deux ans du conflit au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été chahuté mardi par des parents de soldats décédés pendant un service de commémoration du deuxième anniversaire de la guerre de 2014 contre le Hamas dans la bande de Gaza.

Pendant son discours au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, Netanyahu a été interrompu à plusieurs reprises par des cris du public l’accusant de « parodier la démocratie », et demandant une enquête sur le conflit de 50 jours, connu en Israël sous le nom d’opération Bordure protectrice. Pendant cette guerre, 66 soldats et six civils israéliens ont été tués.

« Mon fils est mort pour la démocratie, pas pour ce régime », a crié Yoram Tal, dont le fils de 22 ans, Omri, est mort au combat. « Prenez une photo de l’homme qui parodie la démocratie », a-t-il crié aux photographes quand ils ont tourné leurs appareils vers lui.

Netanyahu a attendu que Tal s’assoie avant de lui répondre.

« En tant que frère endeuillé, je comprends votre peine », a-t-il déclaré sous les quolibets audibles du public. Le frère du Premier ministre, Yoni Netanyahu, est mort pendant l’opération Entebbe en 1976. « Je sais ce que sont le deuil et la perte. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour ne pas exposer nos soldats à un danger inutile. »

« Nous ne vous croyons pas », a crié Tal en réponse, avant de quitter la cérémonie.

Des familles de soldats israéliens tués au combat pendant la guerre de Gaza en 2014, chahutent le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une cérémonie marquant les deux ans du conflit au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des familles de soldats israéliens tués au combat pendant la guerre de Gaza en 2014, chahutent le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une cérémonie marquant les deux ans du conflit au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Quelques minutes après, un autre père endeuillé a interrompu en criant pour demander que le gouvernement enquête sur la manière dont l’opération a été menée.

« Les familles demandent au Premier ministre […] de mettre en place une commission d’enquête sur les évènements de l’opération Bordure protectrice », a déclaré Moti Matt, qui a perdu Lee, son fils de 19 ans, pendant le conflit.

Parlant à la presse après le discours, la mère de Lee Matt, Smadar, a également demandé une enquête, sous la forme d’une « commission d’état extérieure, présidée par un juge, qui examinera tous les évènements de Bordure protectrice. »

« C’est toute la demande, mais le Premier ministre intervient et peint tout en rose et tout ira bien, a-t-elle déclaré. Alors que lui importe qu’il y ait une commission ? »

Ce n’est pas la première fois que Netanyahu est chahuté par des familles endeuillées pendant un service mémoriel.

Pendant la cérémonie de Yom HaZikaron cette année, en mai, il a été interrompu par le frère d’un garde de sécurité tué dans une attaque terroriste, qui a accusé le Premier ministre d’être trop doux avec les terroristes.

Il a également été raillé au mémorial en 2014, quand les victimes de terrorisme protestaient contre la libération de terroristes palestiniens condamnés dans le cadre des accords de négociations de paix.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une cérémonie marquant les deux ans de l'opération Bordure protectrice au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une cérémonie marquant les deux ans de l’opération Bordure protectrice au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mardi, le ministre de l’Education Naftali Bennett avait accusé le Premier ministre de refuser d’apprendre des erreurs ayant précédé la guerre de 2014. La veille, Netanyahu avait affirmé avoir bien appris la leçon sur les menaces des tunnels transfrontaliers.

« Chaque chef de section tire des conclusions à la fin d’un exercice afin d’empêcher de futures erreurs et de s’améliorer », a écrit Bennett sur Twitter, qui préside le parti HaBayit HaYehudi. « Ce qui est vrai pour une division d’infanterie est doublement vrai pour le leadership diplomatique et sécuritaire de l’Etat d’Israël. »

Un responsable anonyme du Likud a déclaré que les accusations de Bennett étaient un « mensonge total ».

Lundi, Netanyahu avait déclaré à des journalistes militaires que les accusations selon lesquelles il avait été pris par surprise par les attaques du Hamas en territoire israélien par un système de tunnels creusés sous la barrière frontalière étaient fausses.

Pendant son discours au service mémoriel mardi, Netanyahu a affirmé que l’opération avait été un succès.

« Le Hamas a souffert des pires frappes de son histoire, a-t-il déclaré. Environ 1 000 agents terroristes ont été tués pendant l’opération, des commandants importants ont été retirés, et la plupart de leurs roquettes ont été détruites. »

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