Des portraits de survivants de la Shoah devant le siège de l’UNESCO à Paris
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Des portraits de survivants de la Shoah devant le siège de l’UNESCO à Paris

À l'occasion de la Journée à la mémoire des victimes de la Shoah, l’exposition "N’oublions pas" du photographe Luigi Toscano est à découvrir jusqu'au 12 février, en accès libre

Ce 27 janvier est célébrée la Journée internationale de commémoration à la mémoire des victimes de la Shoah, qui marque le 76e anniversaire de la libération du camp d’extermination et de concentration d’Auschwitz-Birkenau par l’Armée rouge.

À cette occasion, du 18 janvier au 12 février, le siège de l’UNESCO, à Paris, accueille dans le Hall Ségur et sur ses grilles, en accès libre et public, l’exposition « Lest We Forget » [« N’oublions pas »] du photographe germano-italien Luigi Toscano. 200 portraits documentant les histoires de survivants de la Shoah et d’autres crimes nazis sont ainsi exposées.

L’exposition a été inaugurée virtuellement ce lundi 25 janvier avec les prises de parole de la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, de la ministre fédérale autrichienne de l’Union européenne et de la Constitution, Karoline Edtstadler, du ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, Heiko Mass, et du président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder, aux côtés de l’artiste, Luigi Toscano.

Le projet, qui représente le plus vaste accrochage au monde du genre, a été créé avec le soutien de l’UNESCO.

Dans ce cadre, Luigi Toscano a parcouru les États-Unis, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Bélarus, l’Ukraine, Israël et la Russie pour rencontrer et photographier plus de 400 survivants.

« J’ai démarré ce projet en 2014 », explique le photographe. « J’étais inquiet de ce qui se passait dans le monde et j’ai décidé de me servir de ce que je sais le mieux faire, la photographie, pour sensibiliser à l’histoire de l’Holocauste et prendre position contre l’antisémitisme, le racisme et toute forme de haine. Au contraire, je veux promouvoir les droits de l’homme et le respect mutuel. »

« L’une des premières survivantes que j’ai photographiée a été Susan Cernyak-Spatz, qui a survécu à Auschwitz. Je me souviens encore aujourd’hui de ce qu’elle m’a dit : ‘Si nous oublions le passé, nous sommes condamnés à le revivre.’ Aujourd’hui, la montée de l’antisémitisme, les discours de haine, l’extrémisme de droite montrent très bien que c’est vrai. Ses paroles m’inspirent à poursuivre ce projet. De plus, je continuerai à promouvoir notre démocratie, car je suis profondément convaincu qu’elle gagnera. »

L’exposition « Lest We Forget » du photographe germano-italien Luigi Toscano, au siège de l’UNESCO, à Paris. (Crédit : UNESCO / CRIF / WJC)

Après sa visite de l’exposition, Ginette Kolinka, survivante française de la Shoah dont le portrait figure dans l’exposition, a déclaré : « La mémoire de l’Holocauste est entre les mains des jeunes générations. Ce sont elles qui m’encouragent à parler de mon expérience. Moi-même et beaucoup d’autres survivants, nous n’avons pas parlé à nos propres enfants, mais aujourd’hui je visite les écoles pour parler de l’Holocauste aux élèves et aux enseignants. Les enseignants en particulier ont une grande responsabilité : éduquer à propos de cette histoire, afin qu’elle ne soit pas oubliée. »

Plus d’un million de visiteurs ont déjà vu l’exposition, notamment au siège des Nations unies à New York, aux Nations unies à Genève, à Washington, à Berlin, à Vienne, à Bruxelles et à Kiev.

À Paris, elle est organisée en partenariat avec le Congrès juif mondial, l’Union européenne, les délégations permanentes de l’Allemagne, de l’Autriche et de la France auprès de l’UNESCO, et le Forum culturel autrichien à Paris.

Le projet est également à découvrir sur le site de l’artiste.

Toutes les initiatives et évènements organisés en France à l’occasion de la Journée pour les victimes de la Shoah sont à retrouver ici.

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