Des preuves « concluantes » du génocide des Rohingyas, dit le musée de la Shoah US
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Des preuves « concluantes » du génocide des Rohingyas, dit le musée de la Shoah US

La campagne menée à Myanmar contre la minorité musulmane a été "délibérée, systématique et large", incluant "un nettoyage ethnique, des crimes contre l'humanité et un génocide"

Des réfugiés Rohingyas demandent une aide alimentaire dans le camp de réfugiés de Kutupalong à Ukhiy, à proximité de la frontière entre le Myanmar et le Bangladesh, le 30 août 2017 (Crédit : Stringer/AFP)
Des réfugiés Rohingyas demandent une aide alimentaire dans le camp de réfugiés de Kutupalong à Ukhiy, à proximité de la frontière entre le Myanmar et le Bangladesh, le 30 août 2017 (Crédit : Stringer/AFP)

WASHINGTON — Une importante commission du musée de commémoration de la Shoah américain a trouvé des « preuves concluantes » de génocide de la part des militaires birmans à l’encontre de la minorité musulmane des Rohingya.

« La campagne de l’armée du Myanmar contre les Rohingyas et en particulier les attaques du mois d’août 2017 ont été délibérées, systématiques et larges », a déclaré Lee Feinstein, président de la Commission sur la conscience du musée, dans des propos tenus lors d’une conférence par téléphone organisée lundi avec les médias.

« Au nom de la communauté Rohingya qui se trouve encore en Birmanie et de ceux qui sont menacés d’y retourner, nous espérons que cette annonce entraînera un passage à l’action ».

La commission, qui conseille le travail de prévention des génocides au sein du musée, a affirmé que les militaires s’étaient rendus coupables de « nettoyage ethnique, de crimes contre l’humanité et de génocides » contre les Rohingyas.

Feinstein a expliqué que sa conclusion s’appuyait sur des informations collectées lors de recherches de terrain menées par le musée et d’autres, en particulier sur les actions, au mois d’août 2017, qui ont inclus « des meurtres de masse, des viols, des tortures, des incendies, des arrestations et des détentions arbitraires et le déplacement forcé de plus de 700 000 personnes ».

Le chef militaire birman Min Aung Hlaing inspecte un grand pont à proximité de la capitale Naypyidaw damaged endommagé par des inondations, le 29 août 2018 (Crédit : AFP Photo/Thet Aung)

Naomi Kikoler, directrice-adjointe du centre Simon-Skjodt de prévention des génocides au sein du musée, a déclaré que la conclusion était conforme à la mission du musée qui est ancrée dans l’échec des responsables, avant la Shoah, à anticiper et à empêcher le génocide qui devait survenir.

« Nous voulons aider à établir un précédent historique pour l’avenir et parce que les Rohingyas continuent à courir le risque d’un génocide aujourd’hui », a-t-elle dit lors de l’appel téléphonique.

La Birmanie a affirmé que ses actions entreprises contre les Rohingyas étaient le résultat d’opérations de contre-insurrection justifiables contre des militants.

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