Des prisonniers palestiniens entament une nouvelle grève de la faim
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Des prisonniers palestiniens entament une nouvelle grève de la faim

Les cinq détenus menacent de monter d'un cran si Israël ne renonce pas à sa politique de détention administrative d'ici mardi

Un autobus devant la prison de Ketziot, le 3 août 2009. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Un autobus devant la prison de Ketziot, le 3 août 2009. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Cinq prisonniers palestiniens ont entamé samedi une grève de la faim, et ont averti qu’ils allaient arrêter d’ingurgiter des liquides le 1er septembre si Israël ne mettait pas fin à sa politique de détention sans procès.

Selon l’Agence de presse palestinienne Maan, l’avocat Fadi Obeidat a déclaré ce week-end que les détenus menaçaient de refuser leurs « liquides », à compter de mardi prochain. Il n’est pas clair si cela concerne uniquement les liquides enrichis en aliments et en sodium, ou même à l’eau potable.

La nouvelle grève de la faim intervient quelques jours après qu’un détenu palestinien ait été libéré de la procédure de détention administrative par ordonnance du tribunal, après avoir failli mourir à la suite d’un jeûne de deux mois qui a accru les tensions entre Israël et les Palestiniens et a été accompagné de plusieurs affrontements violents.

Les cinq détenus, selon la radio israélienne, sont accusés d’appartenir au mouvement terroriste du Jihad islamique, tout comme l’ancien gréviste de la faim Mohammed Allaan.

Ils exigent qu’Israël mette fin à sa politique d’emprisonnement sans jugement de personnes suspectées de terrorisme pour des périodes de six mois renouvelables, et de libérer tous les détenus administratifs.

Les noms des prisonniers sont Nidal Abu Aker, Shadi Maali, Ghassan Zawahreh, Badra al-Ruzza, et Munir Abu Sharar. Ils sont détenus dans la prison de Ketziot dans le sud d’Israël.

Selon le Front Populaire pour la Libération de la Palestine-FPLP, un groupe de gauche, qualifié d’organisation terroriste par Israël, Abu Aker est un « membre éminent » du FPLP, qui a été placé en garde à vue par Israël depuis juin 2014.

Le terroriste palestinien présumé Mohammed Allaan s'adresse à ses partisans depuis son lit d'hôpital d'Ashkelon après avoir mis fin à sa grève de la faim de 65 jours, dans un message vidéo publié le 21 août 2015 (Capture d'écran: YouTube)
Le terroriste palestinien présumé Mohammed Allaan s’adresse à ses partisans depuis son lit d’hôpital d’Ashkelon après avoir mis fin à sa grève de la faim de 65 jours, dans un message vidéo publié le 21 août 2015 (Capture d’écran: YouTube)

Il y a quelques semaines, la Haute Cour de Justice avait mis fin à la détention administrative d’Allaan après une grève de la faim de deux mois dans laquelle il a presque trouvé la mort.

Allaan, un avocat de 31 ans, avait été plongé à deux reprises dans le coma artificiel et aurait juré de reprendre le jeûne si les tribunaux rétablissaient sa détention.

Le Jihad islamique aurait menacé de mener des attaques contre Israël si Allaan devait mourir en détention.

Selon un reportage diffusé le 18 août par la Dixième chaîne, plusieurs jours avant la décision de la Haute Cour, le Jihad islamique envisageait une grève de la faim de masse parmi ses prisonniers dans les prisons israéliennes en solidarité avec Allaan.

Dimanche, l’ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a déclaré que le pays aurait dû laisser Allaan mourir.

« Si vous détenez quelqu’un, allez jusqu’au bout. Ne cédez à aucune pression, et s’il veut faire la grève de la faim jusqu’à la mort, laissez-le mourir », a déclaré Liberman.

Des détenus palestiniens ont fait plusieurs grèves de la faim au cours des dernières années pour protester contre la politique détention administrative – dans laquelle les suspects de terrorisme peuvent être détenus pendant des mois sans inculpation – recouvrant ainsi parfois leur liberté.

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