Des responsables veulent annuler l’interdiction faite aux touristes indonésiens
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Des responsables veulent annuler l’interdiction faite aux touristes indonésiens

L'industrie du Tourisme a mis en garde contre des "conséquences financières insupportables" induites par les représailles décidées contre le moratoire émis par Jakarta

Yariv Levin, ministre du Tourisme, le 24 juillet 2012. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)
Yariv Levin, ministre du Tourisme, le 24 juillet 2012. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Les responsables du tourisme israélien ont fait part de leur désaccord face à une décision prise par le ministère des Affaires étrangères de ne plus permettre aux touristes indonésiens d’entrer dans le pays, une initiative adoptée en réponse à une interdiction faite aux voyageurs israéliens de pénétrer en Indonésie et initiée par Jakarta.

Le mois dernier, l’Indonésie avait fait savoir qu’elle n’octroierait plus de visas aux Israéliens dans le cadre des voyages de groupe pour protester contre la mort de 110 Palestiniens, tués par des soldats israéliens sur la frontière avec Gaza, au cours d’émeutes, de manifestations et d’affrontements organisés par le groupe terroriste du Hamas. La majorité des victimes avaient été identifiées comme appartenant à des groupes terroristes.

L’Indonésie, pays à majorité musulmane, n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël.

La décision israélienne de représailles, qui a été annoncée à la fin du mois de mai, mettrait en péril une industrie qui voit environ 30 000 pèlerins chrétiens indonésiens se rendre chaque année au sein de l’Etat juif et qui restent cinq jours en moyenne.

L’interdiction devait entrer en vigueur samedi mais elle a été repoussée au 26 juin, a dit jeudi le Marker. Cette initiative aura pour conséquence l’annulation des séjours de 2 200 Indonésiens qui devaient venir en Israël au cours des prochaines semaines, selon l’article.

Yuval Rotem (Crédit : MFA)

Mais Yossi Fatael, chef de l’Association des tour-operators entrants en Israël, a déclaré que la décision devait être abandonnée, tout en saluant ce premier report de date.

Fatael a envoyé cette semaine un courrier au directeur-général du ministère des Affaires étrangères Yuval Rotem ainsi qu’au ministre du Tourisme Yariv Levin, réclamant une réunion urgente sur les conséquences de cette initiative.

« Nous appelons le ministère des Affaires étrangères à reconsidérer son positionnement qui est perçu par nos collègues du monde entier comme disproportionné, exagéré et nuisible pour les institutions chrétiennes dans leur ensemble et non seulement par les touristes d’Indonésie », a écrit Fatael.

Il a souligné les « conséquences financières insupportables » pour les agences de voyages israéliennes, les hôtels, les compagnies de bus, les guides touristiques et autres.

Sana Srouji, qui gère l’agence Eternity Travel à Jérusalem, aurait dit, selon The Marker, que cette mesure condamnait son entreprise, ainsi que dix autres, à la faillite, 70 % de leurs revenus provenant des touristes indonésiens.

« Ce sont des amoureux d’Israël qui veulent visiter le pays et qui donnent également beaucoup d’argent », a-t-elle dit. « Ce sont des touristes qui ont d’ores et déjà acheté leurs billets d’avion et qui seront maintenant forcés de tout annuler, sans indemnisation ».

Elle a ajouté qu’ils se rendraient plutôt dans les pays arabes et musulmans voisins comme l’Egypte, la Jordanie et la Turquie, dans la mesure où ils entrent habituellement par les postes-frontières terrestres après avoir visité ces pays.

Srouji a également précisé que cette décision nuirait aux guides touristiques et aux autres professionnels du tourisme qui ont appris l’indonésien.

« Je guide des pèlerins chrétiens, certains protestants et certains catholiques, qui sont aussi intéressés par le judaïsme », a commenté Annabelle Herziger-Tenzer, l’une des 34 guides touristiques israéliennes parlant l’indonésien.

Herziger-Tenzer a dit que chaque mois, neuf mois par an, elle accueille trois groupes d’environ 35 personnes.

Elle a noté que la majorité de ces groupes achetait des drapeaux israéliens et prenait des photos avec les soldats, avec beaucoup de fierté.

« J’espère véritablement qu’Israël va reprendre ses esprits et laisser entrer les Indonésiens », a-t-elle continué. « A chaque fois qu’il y a du chaos à Gaza, on punit les amoureux chrétiens d’Israël en Indonésie, et on les harcèle dorénavant en empêchant leur entrée en Israël ».

Le ministre du Tourisme Yariv Levin a indiqué que la décision du ministère des Affaires étrangères était malheureuse et qu’il fallait revenir sur cette interdiction dans les meilleurs délais, selon l’article.

Mais le ministère des Affaires étrangères a justifié son initiative, disant que l’affaire « a commencé avec la décision indonésienne de ne pas accorder de visas aux Israéliens ».

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