Des soldats en prison pour avoir refusé de se rendre sur la tombe de Rabin
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Des soldats en prison pour avoir refusé de se rendre sur la tombe de Rabin

Quatre militaires ont été condamnés à 14 jours de prison après avoir refusé de se rendre sur le lieu de sépulture du Premier ministre israélien assassiné

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des fleurs ont été déposées sur la tombe du Premier ministre Yitzhak Rabin lors d'une cérémonie commémorative marquant les 21 ans de son assassinat, tenue au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem le 4 novembre 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des fleurs ont été déposées sur la tombe du Premier ministre Yitzhak Rabin lors d'une cérémonie commémorative marquant les 21 ans de son assassinat, tenue au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem le 4 novembre 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)

Quatre soldats de Tsahal ont été condamnés à quatorze jours de prison après avoir refusé de se recueillir sur la tombe du Premier ministre assassiné et ancien chef d’état-major de Tsahal Yitzhak Rabin et ont ensuite quitté leur base sans permission au début du mois, a déclaré l’armée jeudi.

La visite de la sépulture de Rabin au cimetière du mont Herzl à Jérusalem a eu lieu le 6 juin dans le cadre de l’entraînement préparatoire du Corps d’artillerie, dans lequel les quatre soldats ont servi.

« Quatre des soldats ont décidé de refuser l’ordre et de ne pas se rendre sur la tombe, et après être rentrés à la base et avoir eu une conversation avec leurs commandants, ils ont décidé de quitter la base », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Mercredi, les soldats ont regagné la base et ont été traduits devant une cour martiale, a déclaré l’armée.

Ils ont été condamnés à quatorze jours de prison, avec la possibilité de prolonger la peine de six jours supplémentaires, en fonction du comportement des soldats.

Dans un communiqué, l’armée a déclaré que le commandant des soldats considérait l’incident comme « grave » et que leur attitude « ne correspondait pas aux valeurs de Tsahal ».

Les quatre soldats en question faisaient partie d’un programme géré par l’armée, connu en hébreu sous le nom de « hesder », dans lequel ils partagent leur temps entre l’étude religieuse et le service militaire.

Rabin est un personnage qui divise une grande partie de la communauté des sionistes religieux d’Israël.

La poignée de main entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, accompagnés de Bill Clinton, après la signature des Accords d’Oslo, le 13 septembre 1993. (Crédit : Vince Musi/The White House/Wikimedia commons)

L’ancien Premier ministre a été assassiné en 1995 par l’extrémiste de droite Yigal Amir, toujours en prison aujourd’hui.

Dans les mois qui ont précédé l’assassinat, Rabin a été régulièrement critiqué par les dirigeants sionistes religieux pour son rôle dans les accords d’Oslo entre Israël et les Palestiniens en 1993.

En Israël, l’incitation contre Rabin – dans les discours des chefs religieux et politiques et dans les affiches où il était représenté en officier nazi – est considérée comme ayant contribué à la décision d’Amir de commettre l’assassinat.

Les accords d’Oslo ont créé l’Autorité palestinienne et devaient jeter les bases d’une éventuelle résolution du conflit israélo-palestinien, avec la création d’un état palestinien indépendant.

Une grande partie de la communauté des sionistes religieux s’y est opposée, car cela exigerait qu’Israël abandonne le contrôle de la Judée-Samarie [Cisjordanie], la patrie biblique du peuple juif.

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