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Des survivants indien et juif témoignent de leur histoire parallèle

Quand l'histoire des pensionnats autochtones canadiens rencontre celle d'un survivant de la Shoah

C’est une rencontre poignante à laquelle ont assisté un millier de jeunes élèves canadiens à la cathédrale Holy Family de Saskatoon au Canada, rapporte le site d’information Ici Radio Canada.

Nate Leipciger, âgé de 90 ans, survivant des camps de concentration nazis a confronté son histoire à celle d’Eugène Arcand, un homme d’origine indienne, victime d’une politique concertée de l’Eglise et du gouvernement canadien mise en place dès 1820 : les pensionnats autochtones.

Eugène Arcand qui est issu du groupe indien appelé « Première Nation Crie de Muskeg Lake » en Saskatchewan, a passé 11 ans dans un de ces pensionnats autochtones, dont le dernier a fermé ses portes en 1996. Leur but était d’évangéliser et d’éduquer les Indiens vivant sur le sol canadien, de manière souvent très brutale.

Le site rapporte qu’Eugène Arcand « a été enlevé à sa famille et forcé d’aller dans des pensionnats autochtones. Son nom a été remplacé par un numéro : le 78 ». Toute mention de sa communauté d’origine a été proscrite, mais pas seulement.

Séparation avec la famille, solitude, faim, travail imposé, brutalité, parfois sévices sexuels, ont laissé de profonds traumatismes chez les enfants passés par ces pensionnats. En novembre 2017, Justin Trudeau, le premier ministre canadien présentait ses excuses aux « pensionnaires »:

« Aux pensionnaires humiliés par ces abus, cette négligence, ces épreuves, par la discrimination des gens, des institutions et du système à qui ils avaient été confiés, nous vous demandons pardon pour le mal qui vous a été fait, » a déclaré Trudeau durant une cérémonie à Happy Valley Goose-Bay, au Labrador.

En mars 2018, il s’est dit « très déçu » par le refus du Vatican de reconnaître le rôle de l’Eglise dans les pensionnats autochtones.

Lors de cette rencontre, les deux hommes « ont témoigné de leur sentiment commun d’avoir perdu leur identité, leur culture, leur langue et leurs liens familiaux, » affirme Ici Radio Canada. Raconter, expliquent-ils, « fait mal », mais permet de devenir de « meilleures personnes ».

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