Israël en guerre - Jour 233

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Des survivants racontent l’assaut terroriste du Hamas et leur évasion de Gaza

Les habitants des localités frontalières de Gaza reviennent sur ce qu'ils ont vécu, chez eux et dans leurs quartiers, au cours des terrifiantes heures de l'attaque du Hamas

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Avital Aladjem racontant à la Douzième chaîne l'histoire terrifiante de sa capture temporaire par des terroristes armés du Hamas, qui lui ont remis les enfants de ses voisins et l'ont accompagnée jusqu'à la Bande de Gaza. (Crédit : Capture d'écran ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Avital Aladjem racontant à la Douzième chaîne l'histoire terrifiante de sa capture temporaire par des terroristes armés du Hamas, qui lui ont remis les enfants de ses voisins et l'ont accompagnée jusqu'à la Bande de Gaza. (Crédit : Capture d'écran ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Une résidente du kibboutz Holit, situé à seulement deux kilomètres de la bande de Gaza, a raconté l’histoire terrible de son enlèvement et de son incroyable évasion après que des terroristes l’ont arrachée aux siens, prenant également avec eux deux jeunes enfants, et ont tenté d’emmener les trois otages à Gaza.

Ce n’est là qu’un seul des nombreux et douloureux témoignages rapportant atrocités, meurtres et enlèvements qui ont eu lieu samedi dans les localités frontalières de la bande de Gaza, et qui sont maintenant partagés au lendemain des attaques, alors même que les tentatives d’infiltration se poursuivent et que les combats font toujours rage à proximité de Gaza.

Avital Aladjem a déclaré à la Douzième chaîne qu’elle se cachait dans le mamad – l’abri sécurisé – de sa maison avec une voisine et qu’elle communiquait avec une autre, Adi Vital-Kaploun, via WhatsApp, quand des terroristes du Hamas ont fait exploser sa porte d’entrée, pénétrant chez elle samedi à 13h30.

Les deux Israéliennes ont fui pour se cacher des terroristes. La voisine qui se cachait avec elle s’est faite repérer, a été prise en joue et tuée. Aladjem a également été découverte et a été sortie de force du placard où elle se cachait. Les hommes armés ont ensuite ramené les enfants de Vital-Kaploun depuis la maison voisine, âgés de 4 mois et de 4 ans. Aladjem et les deux enfants ont ensuite été emmenés par les terroristes. Vital-Kaploun a elle disparu.

« Tout était saccagé, plein de sang ; ils nous ont emmenés de maison en maison, en tirant tout autour, et en mettant le feu aux habitations et aux voitures », a déclaré Aladjem.

Alors que l’un des terroristes portait sur ses épaules l’enfant de 4 ans, qui hurlait, et qu’Aladjem tenait le nourrisson, ils ont été conduits jusqu’à la clôture entourant le kibboutz, puis vers la bande de Gaza.

Avital Aladjem s’exprime à la Douzième chaîne, le 9 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

« Moi, les enfants et les terroristes », a dit Aladjem, en pleurant. « Ils n’arrêtaient pas de dire : ‘Vite, vite !' »

Après avoir amené Aladjem et les enfants à Gaza, les terroristes les ont laissés seuls. Après une courte réflexion, Aladjem a fait demi-tour, avec les enfants. Ils ont, ensemble, commencé à marcher, en direction du kibboutz. Elle a croisé d’autres hommes armés, et s’est cachée avec les enfants dans les dunes de sable, partant à revenir sur ses pas.

« Nous avons continué, continué, et j’ai eu foi que nous rentrerions à la maison », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle n’avait aucune idée du temps qui s’était écoulé.

Lorsqu’ils sont finalement rentrés dans leur communauté, Aladjem a vu d’autres kibboutznikim partir en voiture. À ce moment-là, elle a dit à l’enfant de 4 ans qu’il reverrait bientôt son père.

Les enfants ont été emmenés dans la localité voisine de Gvulot, où ils ont finalement retrouvé leur père.

« Je suis vivante, mais leur mère a disparu », a dit Avital Aladjem à propos de Vital-Kaploun, 33 ans, une citoyenne canadienne dont le sort est toujours inconnu.

Personne n’est venu à l’aide

D’autres survivants ou leurs proches ont également raconté ce qui s’était passé pendant les heures éprouvantes lors desquelles ils se sont réfugiés dans les mamadim de leurs foyers, dans les kibboutzim Reim, Ofakim, Holit, Beeri, et Netiv HaAsara, entre autres communautés.

Reut Karp raconte qu’elle était au téléphone avec sa petite fille, après que son ex-mari, Dvir Karp, dont elle était divorcée, a essayé de protéger leurs deux jeunes enfants et sa concubine, tous les quatre retenus en otage dans le mamad de sa maison dans le kibboutz Reim.

Dvir et sa compagne, Stav, ont été tués par un terroriste palestinien du Hamas devant les enfants. Le terroriste a écrit sur le mur avec du rouge à lèvres : « Les gens des [Brigades Ezzedine] al-Qassam n’assassinent pas les petits enfants. »

Reut, qui se trouvait dans son appartement à des kilomètres de là, a gardé sa petite fille au téléphone des heures durant, jusqu’à ce qu’un voisin puisse venir chercher les enfants dans la maison.

Dans une autre affaire, un enlèvement, ce sont les dreadlocks et les tatouages distinctifs qui ont aidé Ricarda Louk à identifier sa fille, Shani Louk, influenceuse sur les réseaux sociaux et tatoueuse qui avait quitté l’Allemagne pour s’installer en Israël avec sa mère il y a quelques années.

Shani Louk, une citoyenne germano-israélienne, identifiée grâce à ses dreadlocks et ses tatouages distinctifs alors qu’elle se trouvait dans le coffre d’un pick-up conduit par des terroristes du Hamas. (Crédit : Shani Louk / Instagram)

Louk était au festival Supernova à proximité du kibboutz Reim, envahi par des terroristes du Hamas. Elle a été kidnappée par les terroristes, et était vraisemblablement inconsciente lorsqu’ils ont exposé son corps nu à l’arrière d’un pick-up à Gaza, où des individus lui ont craché sur sa tête ensanglantée.

Bar Heffetz, du kibboutz Nirim, a elle partagé des posts Instagram de la récolte d’avocats et de litchis cultivés dans les champs du kibboutz pas plus tard que la semaine dernière. Elle partage maintenant des extraits de ce qui lui est arrivé – à elle et à sa famille.

Heffetz, son compagnon, et sa sœur, se trouvaient dans un mamad, tandis que d’autres membres de leur famille élargie se trouvaient dans deux autres pièces sécurisées dans des maisons voisines.

« Mon père, qui est âgé de 70 ans et après 35 ans [sans la sortir], a récupéré son arme dans le placard et a envisagé de s’en servir », a écrit Heffetz. « Entendre des tirs fous à l’extérieur et des cris en arabe. Voir des gens hurler avec hystérie sur WhatsApp alors que des terroristes ont pénétré dans leur maison et qu’ils s’accrochent à la poignée de la porte du mamad. Un couple avec un bébé d’un mois, dont la maison a été brûlée par les terroristes, étouffent à cause de la fumée dans la pièce blindée – et personne qui ne vient les aider. Pendant ce temps, d’autres amis sur WhatsApp ont commencé à raconter les horreurs qu’ils ont vécues. »

« Enfin, l’armée arrive, frappe aux portes et 400 personnes : des bébés, des chats, des travailleurs thaïlandais, des travailleurs saoudiens, des femmes enceintes et des personnes qui ont tout vécu en 1948, sont libérés. On ne sait pas comment on va s’en remettre, mais les nouvelles concernant les captifs et les morts tombent, les noms commencent à arriver. Le professeur de mon fils, un ami du travail, un ami dont la fille a été capturée, un autre dont les deux enfants ont été kidnappés, et d’autres encore… », écrit Heffetz.

« Et puis, d’autres histoires : celle de celui qui s’est allongé sur sa partenaire, qui a essuyé les tirs et qui est mort ; des amis bédouins qui sont venus au festival en plein air armés pour tout simplement essayer de sauver des gens ; ma grand-mère de 95 ans qui était dans le mamad avec son aide-soignante étrangère, les terroristes font irruption, et Savta [mamie] s’est moquée d’eux ; l’aide-soignante leur a donné un billet de 200 shekels et ils sont ressortis. »

Capture d’écran de la vidéo de Rachel décrivant comment elle a subrepticement indiqué à la police le nombre de terroristes qui la retenaient prisonnière dans sa maison d’Ofakim, le 8 octobre 2023. (Crédit : Treizième chaîne ; utilisé conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

À Ofakim, une femme identifiée sous le nom de Savta Rachel a déclaré à la Douzième chaîne que, lorsque les terroristes du Hamas ont fait irruption chez elle avec des kalachnikovs et des grenades, elle les a fait asseoir autour d’un café et de biscuits, leur recommandant de manger quelque chose « pour qu’ils ne soient pas enragés de faim », a-t-elle raconté. « Vous êtes pâles. Mangez quelque chose de sucré, ça vous fera du bien. »

Savta Rachel a distrait les terroristes suffisamment longtemps pour que la police puisse arriver et les tuer, la sauvant ainsi que son mari, David. (Pour en savoir plus sur cette incroyable histoire, cliquez ici).

Mor Bayder et sa grand-mère, qui a été abattue dans sa maison de Nir Oz. (Crédit : Facebook)

« La meilleure personne que je connaisse »

Adi Bayder parle de sa grand-mère, « la meilleure personne que je connaisse, qui a été tuée par un terroriste dans sa maison de Nir Or, le kibboutz qu’elle avait aidé à bâtir et où elle avait vécu toute sa vie, enfourchant son vélo tous les jours pour laver et plier les vêtements de ses compagnons du kibboutz ».

Le terroriste a tué la grand-mère de Bayder, puis a pris son téléphone et des photos de son cadavre, avant de les publier sur la page Facebook de la grand-mère de Bayder.

« C’est ainsi que nous l’avons découvert », a écrit Bayder.

Bilha et Yaakovi Yinon, les parents de l’entrepreneur social Maoz Yinon qui a fondé l’auberge Abraham entre autres projets de coexistence, ont été tués dans leur maison à Netiv HaAsara.

Mayyan Zin, divorcée et mère de deux enfants, a déclaré avoir appris que ses deux filles avaient été enlevées lorsqu’un proche lui a envoyé des photos d’un groupe Telegram les montrant assises sur des matelas, retenues en captivité.

Elle a ensuite trouvé des vidéos en ligne montrant une scène effrayante dans la maison de son ex-mari : des hommes armés qui étaient entrés par effraction lui parlaient, avec les deux filles en pleurs à côté : Dafna, 15 ans, et Ella, 8 ans. Une autre vidéo montre le père être emmené à Gaza.

« Ramenez mes filles à la maison et à leur famille. Tout le monde », a déclaré Zin.

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