Des symboles nazis tagués sur le local de la CGT à Antibes
Le mur du local du syndicat anti-Israël a été recouvert dimanche 19 octobre d’une croix gammée et des lettres « SS »

Le mur du local de la CGT, situé avenue Jules-Blanc à Antibes, a été recouvert dimanche de graffitis à la bombe. Une croix gammée et les lettres « SS », symboles du régime nazi, ont été tracées sur la façade.
« On est assez choqués. Des symboles nazis sur les locaux de la CGT, on ne comprend pas très bien. Mais c’est vrai que le climat social est assez tendu », a déclaré Ludovic Basly, secrétaire général de l’union locale de la CGT, à France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Selon plusieurs habitants interrogés par Nice-Matin, les tags auraient été réalisés dans la nuit de samedi à dimanche. Le local est prêté depuis plusieurs années par la mairie au syndicat.
Le syndicat a annoncé son intention de porter plainte. Pour ses membres, ces inscriptions rappellent des périodes sombres de l’histoire et traduisent un climat social de plus en plus lourd.
Communiqué de presse suite aux tags nazis sur le bâtiment de l’Union Locale #CGT d’Antibeshttps://t.co/1NdEWjzemF@lacgtcommunique@antibes_jlp@Nice_Matin@BFMCotedazur@F3cotedazur
— Union Locale CGT Antibes (@ULCGTAntibes) October 19, 2025
La CGT a adopté des positions très critiques vis-à-vis d’Israël, surtout depuis la guerre à Gaza déclenchée suite au pogrom mené par une horde de terroristes palestiniens le 7 octobre 2023.
Dans un communiqué au ton particulièrement virulent, le syndicat CGT du groupe France-Télévisions s’était insurgé contre un article publié sur le site de France 3 Ile-de-France le 13 octobre, rendant hommage aux victimes du pogrom commis dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, dénonçant ce qu’il a qualifié de « communautarisme juif ».
L’article était consacré à la visite du pavillon mémoriel installé sur la place des Vosges à Paris qui présentait 150 photographies des victimes et des personnes prises en otage, ainsi que des dessins de Joann Sfar.
Dans ce communiqué, la CGT, en plus de dire que les enfants Bibas, Ariel, 4 ans et Kfir, 9 mois, n’avaient pas été assassinés « à mains nues » par des terroristes palestiniens du Hamas, déplore que seuls ces derniers soient qualifiés de « monstres » « génocidaires ». Aussi, le mot « pogrom » pour qualifier l’attaque sans précédent serait, selon la CGT, « pas approprié » car « les Israéliens massacrés le 7 octobre ne sont pas membres d’une minorité mais citoyens d’un État qui occupe, oppresse et colonise un autre peuple ».
Le syndicat a par ailleurs estimé que le texte de l’article n’avait reflété qu’un seul point de vue, déclarant qu’il reprenait, selon elle, « pour une bonne part les thèses du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), qui prétend représenter l’ensemble des Juifs de France, ce qui est loin d’être le cas ».
Le CRIF est une cible privilégiée des anti-Israël, qui l’accusent de soutenir à outrance le gouvernement israélien – exploitant notamment le trope antisémite de double loyauté à l’égard des Juifs français, soupçonnés d’avoir prêté allégeance à l’État juif au détriment de la France.
La CGT fustige également « l’instrumentalisation du 7 octobre pour stigmatiser LFI et le taxer d’antisémitisme ». Pour le parti de Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise, largement accusé d’importer le conflit en France à des fins électorales, le pogrom du 7-Octobre était une « offensive armée de forces palestiniennes ». Fin avril, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, avait fait l’objet d’une convocation pour « apologie du terrorisme ».
Dans ce même contexte, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avait adressé un courrier au Premier ministre français le 8 octobre 2025 pour dénoncer les exportations d’armes vers Israël. Dans sa lettre, elle rappelle qu’un nouveau chargement de matériels militaires fabriqués en France devait être livré à l’entreprise israélienne Elbit System via la plate-forme de Roissy Charles-de-Gaulle. Elle précise qu’Elbit System fournit près de 85 % des drones et la majorité des équipements militaires terrestres utilisés par l’armée israélienne contre la population de Gaza et de Cisjordanie et dénonce l’opacité de ces opérations, soulignant que les personnels des douanes et de piste sont tenus dans l’ignorance du contenu des cargaisons.
En juin, Sophie Binet avait dans la même veine soutenu la grève des dockers de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) refusant de charger des composants militaires à destination d’Israël. « Évidemment, on est très fiers de cette action qui a été menée par nos camarades et qui s’inscrit dans la longue tradition internationaliste de la CGT pour la paix », avait-elle alors déclaré à Strasbourg. Elle avait ajouté : « Ce n’est pas possible que ce soient les dockers CGT qui soient obligés de faire respecter les principes fondamentaux du droit international et des valeurs françaises. Le gouvernement doit bloquer immédiatement toute livraison d’armes en direction de l’État d’Israël. »
En avril, Jean-Paul Delescaut, responsable de la CGT, a été condamné pour apologie du terrorisme à la suite d’un tract diffusé par le syndicat le 10 octobre 2023, trois jours après l’attaque du Hamas contre Israël. Le texte dénonçait ce qu’il appelait « les horreurs de l’occupation illégale » et affirmait que les violences du 7-Octobre étaient des réponses à ces conditions. Le tribunal a jugé que ces propos dédiabolisaient les auteurs des attaques, incitaient à « amoindrir la réprobation morale » et opéraient une inversion entre victimes et auteurs.
Quelque 3 800 terroristes placés sous la direction du Hamas avaient pris d’assaut les communautés du sud d’Israël. Ils avaient tué plus de 1 200 personnes, des civils en majorité, et enlevé 251 personnes, qui avaient été prises en otage dans la bande de Gaza. Les terroristes avaient commis des atrocités et ils avaient utilisé les violences sexuelles comme arme à grande échelle. Ils détiennent à l’heure de publication de cet article encore plus d’une dizaine de dépouilles d’otages.







