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Des Tunisiens réclament une loi pénalisant les liens avec Israël

"Palestine libre, et le sionisme dehors", ont notamment scandé les manifestants; Le secrétaire général de l'UGTT a appelé à "boycotter les produits américains et européens"

Des Tunisiens manifestent contre la proposition de plan de paix du Moyen-Orient du président américain Donald Trump, le 5 février 2020 à Tunis. (Crédit : FETHI BELAID / AFP)
Des Tunisiens manifestent contre la proposition de plan de paix du Moyen-Orient du président américain Donald Trump, le 5 février 2020 à Tunis. (Crédit : FETHI BELAID / AFP)

Plus d’un millier de Tunisiens ont manifesté mercredi, à l’appel du syndicat UGTT, rejoint par des partis de gauche et le mouvement islamiste Ennadha, pour réclamer une loi punissant les liens avec Israël.

Une proposition de loi qui prévoyait des peines de prison pour les Tunisiens entretenant des liens directs avec Israël, notamment sur le plan commercial, culturel ou sportif, avait été rejetée en 2012 par les députés.

Les manifestants ont appelé le Parlement, où Ennadha est le principal parti, à voter un texte qui pénaliserait la « normalisation » avec Israël, sans donner de détails sur sa nature.

« La normalisation (…) est un crime parce qu’elle représente un soutien en faveur de l’occupant contre le peuple palestinien », a souligné Abdellatif Mekki, ancien ministre de la Santé, également membre d’Ennahdha.

« Palestine libre, et le sionisme dehors », ont notamment scandé les manifestants arborant des drapeaux palestiniens et tunisiens, escortés par un important dispositif policier, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le secrétaire général de l’UGTT Noureddine Taboubi a de son côté appelé à « boycotter les produits américains et européens » en raison de l’appui apporté, selon lui, par ces pays à « l’ennemi sioniste ».

La Tunisie, qui siège actuellement au Conseil de sécurité de l’ONU, a multiplié les efforts diplomatiques pour faire cesser les frappes de ripostes israéliennes menées en représailles sur des positions terroristes à Gaza, mais ses efforts sont bridés par son poids restreint sur la scène internationale, et ses alliances.

Seul pays arabe à disposer d’un tel siège, la Tunisie fait partie d’un comité ministériel mis en place par la Ligue arabe pour oeuvrer auprès des grandes puissances à une désescalade. Et Tunis et Le Caire ont échangé en amont de la réunion du conseil de sécurité dimanche à New York.

Dans un pays fracturé politiquement, ce sujet est un rare point d’accord et rassemble la société civile.

Sur le terrain diplomatique, le président Kais Saied s’est entretenu avec des dirigeants du Fatah et du groupe terroriste palestinien du Hamas. La Maison Blanche, dont Tunis est un allié régional, a indiqué avoir sollicité la Tunisie ainsi que Le Caire et Doha pour une médiation avec le Hamas.

Une première tentative de résolution critiquant le plan Trump début 2020 s’était soldée par le limogeage controversé de l’ambassadeur de la Tunisie aux Nations unies. La présidence de la République s’était défendue de l’avoir écarté sur pressions américaines.

S’agissant des liens historiques avec les dirigeants palestiniens, ceux-ci ont périclité après le départ de l’OLP de la Tunisie.

Et « l’exercice du pouvoir » a rendu le président Saied « moins virulent, » estime un analyste.

Interrogé au sujet des pays arabes qui ont établi des liens diplomatiques officiels avec Israël, comme récemment le Maroc qui a restauré ses relations, le président tunisien Kais Saied a estimé mercredi que chaque pays était « libre de ses choix ».

Mais « celui qui dénie le droit palestinien commet une grande trahison, » a-t-il mis en garde sur la chaîne France 24.

La Tunisie, qui a abrité l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) jusqu’au début des années 1990, est l’un des pays de la région les plus ouvertement anti-Israël.

Tunis reste sensible à la pression de partenaires comme Washington, sollicité pour garantir de nouveaux emprunts afin de renflouer ses caisses.

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