Des Ultra-orthodoxes pendent des effigies de soldats à Jérusalem
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Des Ultra-orthodoxes pendent des effigies de soldats à Jérusalem

Les policiers, avec l'aide des pompiers, ont mis plusieurs heures à décrocher les mannequins suspendus à plusieurs mètres de hauteur

Des juifs ultra-orthodoxes ont symboliquement pendu des mannequins de soldats dans les rues d’un quartier religieux de Jérusalem pour protester contre le service militaire obligatoire en Israël, lors de la fête de Pourim, selon les journalistes de l’AFP.

Plusieurs effigies de juifs ultra-orthodoxes revêtus de l’uniforme militaire ont été accrochés par le cou à une corde dans les rues du quartier de Mea Sharim, tout entier à la liesse de Pourim malgré la pluie.

« A bas les hardak », proclamait une pancarte accrochée à l’un des pantins en employant un terme péjoratif pour désigner les juifs ultra-orthodoxes endossant l’uniforme.

Les policiers, avec l’aide des pompiers, ont mis plusieurs heures à décrocher les mannequins suspendus à plusieurs mètres de hauteur le long de façades ou à des fils en travers des rues. La police a dit dans un communiqué prendre « avec un sérieux extrême » les entreprises « de la part d’ultra-orthodoxes visant à attiser la haine contre les soldats ».

Des centaines d’ultra-orthodoxes, c’est-à-dire des juifs observant strictement les règles du judaïsme, ont assisté aux efforts des policiers, acclamant chaque échec.

Obligatoire sauf exception, le service militaire, de deux ans et huit mois pour les hommes et deux ans pour les femmes, est un motif constant de crispation parmi les ultra-orthodoxes israéliens, qui représentent environ 10 % de la population. Il est régulièrement à l’origine de heurts avec les policiers.

Une partie des ultra-orthodoxes considèrent la conscription comme une source de tentations pour les jeunes, sortis du monde fermé de la prière et de l’étude religieuse.

Les étudiants religieux à temps plein dans les écoles ultra-orthodoxes peuvent demander un report ou une exemption, mais ils doivent s’enregistrer au bureau de recrutement. Certains refusent de s’enregistrer et sont considérés comme déserteurs et arrêtés.

Jack, un ultra-orthodoxe a dit désapprouver ces pendaisons factices, tout en affirmant comprendre ceux qui s’y livrent. De nombreux coreligionnaires croient que l’Etat d’Israël n’est pas légitime tant que le Messie n’est pas revenu, explique-t-il. « Il n’y a donc aucune raison de se battre pour » l’Etat actuel et de revêtir l’uniforme, dit-il.

Pourim, qui commémore la délivrance miraculeuse des juifs menacés de massacre sous l’empire perse selon la Bible, était célébré dimanche et lundi à travers Israël. Parmi les ultra-orthodoxes, Pourim donne lieu à une rare exubérance et à des scènes de beuverie et de danse.

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