Des ultra-orthodoxes prévoient de nouvelles manifestations contre l’armée à Jérusalem
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Des ultra-orthodoxes prévoient de nouvelles manifestations contre l’armée à Jérusalem

La manifestation prévue près de la gare centrale pourrait ralentir la circulation des autobus et du tramway

Manifestation ultra-orthodoxe à Bnei Brak, le 20 novembre 2017 (Crédit : Police israélienne)
Manifestation ultra-orthodoxe à Bnei Brak, le 20 novembre 2017 (Crédit : Police israélienne)

La « faction de Jérusalem » dirigée par le rabbin Shmuel Auerbach a annoncé dimanche matin qu’elle reviendrait dans la rue pour défendre la « dignité de la Torah ».

La manifestation est prévue à 15h30 à Jérusalem, au niveau de l’intersection très fréquentée des rues Jaffa et Sarei Yisrael.

L’emplacement, adjacent à la gare centrale de la ville, pourrait stopper la plupart des lignes de bus et de tramway, et ainsi créer de nombreux embouteillages dans le centre-ville.

La déclaration du « Comité pour Sauver le Monde de la Torah », responsable de l’organisation des récentes manifestations contre l’armée, indiquait qu’Auerbach avait ordonné la manifestation « pour protester contre la dignité de la Torah, qui a été réduite à néant à cause de l’incarcération de 12 prisonniers orthodoxes pendant une longue période. La semaine dernière, beaucoup de haredim sont descendus dans la rue pour protester, et des centaines ont été arrêtées et quatre autres prisonniers ont été remis aux autorités militaires. »

Samedi soir, les membres du comité ont rendu visite au rabbin Auerbach et l’ont entendu réitérer « l’exigence de continuer à protester et à descendre dans la rue. Le projet de décret sape tous les principes centraux du judaïsme, et c’est donc l’obligation de chaque individu du public haredi de sortir et de protester de toutes ses forces contre le décret. »

La manifestation est dans la continuité de celles qui ont eu lieu la semaine dernière, au cours desquelles des manifestants ont tenté de mettre le feu au bureau de recrutement de l’armée à Jérusalem, selon une vidéo mise en ligne mardi.

Les images, publiées sur le site internet de Behadrei Haredim, ont été filmées lundi alors que les manifestants empêchaient l’entrée ou la sortie du bâtiment. Dans la vidéo, on peut les voir en train d’essayer de mettre le feu dans ce qui semble être la salle de garde à l’entrée.

L’armée a déclaré que les manifestants avaient mis le feu à certains panneaux et à tout ce qu’ils pouvaient trouver près de la clôture.

« Ils ont essayé de détruire la clôture. Il n’y a pas eu de blessés. Il y a eu, bien sûr, des dommages matériels, mais rien de trop grave », a déclaré un porte-parole de l’armée, ajoutant que « les suspects ont été emmenés par la police israélienne pour une enquête plus approfondie. »

La semaine dernière, au moins 33 manifestants ultra-orthodoxes ont été arrêtés à la suite de manifestations à Jérusalem, Bnei Brak, Beit Shemesh et Modiin Illit.

Les manifestations ont été déclenchées après que le tribunal militaire de Jaffa a condamné dimanche 11 ultra-orthodoxes à des peines d’emprisonnement allant de 40 à 90 jours. On ne sait pas pourquoi la déclaration des organisateurs du comité faisait référence à 12 détenus de ce type.

Il s’agit d’un débat vieux de plusieurs décennies sur la question de savoir si les jeunes hommes ultra-orthodoxes qui étudient dans les yeshivot (séminaires d’étude de la Torah), devraient être appelés au service militaire obligatoire, comme le reste de la population juive d’Israël. Après avoir atteint l’âge de 18 ans, les hommes doivent servir pendant 32 mois et les femmes pendant 24 mois.

Plus tôt cette année, la Haute Cour de justice a annulé une loi exemptant les hommes ultra-orthodoxes qui effectuaient des études religieuses du service militaire, affirmant qu’elle portait atteinte au principe d’égalité devant la loi.

La décision soulève la possibilité qu’ils pourraient être mis en service, une proposition très controversée avec des implications politiques et sociales dramatiques. Cependant, le tribunal a suspendu sa décision pendant un an pour permettre la mise en place d’un nouvel arrangement, donnant au gouvernement la possibilité d’adopter une nouvelle loi.

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