Deux députés haredim demandent à Netanyahu de laisser temporairement sa place
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Deux députés haredim demandent à Netanyahu de laisser temporairement sa place

Pour éviter un gouvernement Bennett-Lapid, Porush et Eichler de Yahadout HaTorah suggèrent au chef du Likud de laisser un député de droite diriger temporairement une coalition

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu,  à droite, serre la main aux législateurs  Yisrael Eichler, au centre, et Meir Porush à la Knesset, le 25 janvier 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, serre la main aux législateurs Yisrael Eichler, au centre, et Meir Porush à la Knesset, le 25 janvier 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le vice-ministre de l’Éducation Meir Porush et le député Yisrael Eichler de Yahadout HaTorah ont demandé, dimanche, au Premier ministre Benjamin Netanyahu se se mettre à l’écart et de laisser un autre député de droite diriger un nouveau gouvernement.

Cette requête soumise par deux éminents alliés de Netanyahu et de sa formation du Likud a lieu alors que le législateur de Yesh Atid, Yair Lapid, et le chef de Yamina, Naftali Bennett, sont actuellement en pourparlers pour mettre en place une coalition suite à quatre élections non-concluantes – des négociations qui feraient des progrès significatifs.

Dans un courrier adressé à Netanyahu, les deux députés de Yahadout HaTorah ont noté que quatre scrutins successifs avaient échoué à mettre en place un gouvernement de droite au pouvoir, comme ils l’avaient espéré, et que si l’impasse politique actuelle devait entraîner un cinquième vote, ce dernier s’achèverait par la défaite de la droite et des formations religieuses au sein de la Knesset.

Ils ont vivement recommandé à Netanyahu de laisser sa place au poste de Premier ministre pendant les premiers dix-huit mois d’une éventuelle coalition, puis de revenir à sa fonction de chef du gouvernement à l’issue de cette période.

Le chef du parti Yesh Atid Yair Lapid lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 6 mai 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

« Au cours des deux dernières années et durant quatre élections, les partis ultra-orthodoxes et religieux ont apporté leur soutien au bloc dirigé par le Likud avec l’intention d’établir un gouvernement fort de droite basé sur les valeurs et les traditions. Sans succès, et c’est regrettable », ont écrit les parlementaires.

Notant qu’ils comprenaient la détermination de Netanyahu à maintenir son bloc dans le but d’empêcher le bloc de l’opposition, qui réunit une partie de la droite, le centre et la gauche, de rassembler une coalition, ils ont ajouté dans leur missive que « nous ne voulons pas d’un cinquième scrutin qui se solderait probablement par une défaite des partis de droite et ultra-orthodoxes ».

« La seule manière d’empêcher la formation d’un gouvernement de gauche, et d’empêcher aussi de nouvelles élections, c’est une déclaration claire de votre part – avant qu’un gouvernement de gauche ne soit établi – disant que vous accorderez le poste de Premier ministre pendant dix-huit mois, dans le cadre d’un accord de rotation, à celui qui, dans le bloc de droite, saura réunir 65 députés », ont-ils poursuivi, faisant référence au nombre de parlementaires appartenant à la droite de l’échiquier politique israélien au Parlement – exception faite du parti laïc de droite Yisrael Beytenu.

Porush et Eichler ont ajouté que pendant cette période, Netanyahu pourrait être Premier ministre d’alternance et consacrer ses efforts au travail diplomatique auprès de l’administration Biden aux États-Unis, ainsi qu’aux négociations portant sur la remise en vigueur de l’accord sur le nucléaire conclu entre l’Iran et les grandes puissances.

Au mois d’avril, des informations parues dans les médias israéliens avaient indiqué que les législateurs ultra-orthodoxes avaient averti Netanyahu qu’ils ne le suivraient pas en cas de cinquième scrutin. Il est impossible de dire si cette mise en garde avait été émise par des membres de Yahadout HaTorah ou du Shas.

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